04 février 2012

Le label AB disparaît du vin

 

La Commission européenne vient d'abroger le décret permettant aux vignerons d’utiliser le logo AB (ou tout autre label bio) sur les étiquettes de vins, par dérogation au système général.

 

Logique, puisque le vin bio n'existe pas, faute de normes officielles quant à la vinification. Seule existe l'agriculture bio.

La commission européenne espère ainsi inciter les vignerons européens à trouver un accord sur le cahier des charges d'un vrai vin bio.

 

Cela devient urgent, face aux autres grands bassins de production qui, eux, se sont dotés de cet outil, à l'image des Etats-Unis (ce qui leur permet maintenant de refuser les vins bio européens!).

Reste  notamment à régler, en Europe, l'épineux problème des plafonds de SO2, celui là même qui a fait achopper les négocations il y a deux ans.

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

03 février 2012

Rêvons un peu... la France s'ouvre aux vins étrangers

Imaginons un peu que la France soit un marché ouvert, en matière de vin.

Je veux dire, que ses distributeurs, ses cavistes, ses restaurateurs, pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, ne pratiquenet pas la préférence nationale - ou fait-il parler d'intolérance nationale?

Comme on ne m'a pas prouvé que les Français font une allergie aux vins étrangers, et comme à l'inverse, leur consommation de vins per capita diminue, je me dis que l'ouverture pourrait peut-être provoquer un nouvel engouement. Après tout, du côté des alcools, personne ne s'offusque qu'il se vende aujourd'hui en France beaucoup plus de Scotch que de Cognac ou d'Armagnac.

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Rêvons un peu... Super Dupont découvre le monde

A quoi ressembleraient donc les rayons vins d'une distribution française convertie aux mérites de l'ouverture sur le monde?

Sans doute assez à ceux qu'on trouve chez nos amis Québécois. On ne peut pas les taxer de francophobie, nos cousins de la Belle Province. D'ailleurs, nos productions y sont toujours en tête des ventes de la SAQ.

Mais le plus instructif, dans le palmarès des ventes publié par le monopole provincial, c'est de constater que toutes les origines progressent, ou presque.

Comme si le fait d'élargir l'offre, de susciter de nouvelles concurrences, loin de faire plonger les ventes de chaque pays, les confortait, parce que c'est le "gâteau" dans son ensemble qui progreesse, avec l'attractivité du rayon.

Quand on donne plus de choix au Québécois, il ne se sent pas perdu, il achète plus et plus varié. Des nouvelles origines (l'Argentine, par exemple, a fait une percée remarquée) mais aussi de plus classiques, comme les bonnes vieilles AOC françaises ou italiennes.

Evidement, la différence avec le marché français ou belge, c'est qu'un seul acteur achète pour l'ensemble de la population. Mais on voit mal les acheteurs de la SAQ ne pas tenir compte des attentes des clients, attentes qu'ils connaissent d'autant mieux que les magasins sont présents partout et que leurs chiffres de ventes représentent la totalité du marché. Pas besoin de sondages ou de panel: ils ont tous les actes d'achat en temps réel.

Alors, en définitive, faut-il vraiment prôner l'achat français en France pour sauver la viticulture nationale?

Ca se discute. 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |