14 avril 2012

Elections présidentielles: médias belges, lâchez-nous la grappe!

Pas de rapport avec le vin, cette fois. Juste l'envie de pousser un petit coup de gueule à connotation politique - très vague, la connotation, rassurez-vous.

Je ne fais pas de politique. Mais je ne peux pas faire comme si les élections présidentielles françaises n'existaient pas.

D'autant que les médias de Belgique francophone, où je vis, relaient abondamment les informations de la campagne.

Trop abondamment à mon goût, d'ailleurs.

Je veux bien admettre que la politique française soit un peu plus animée que son homologue belge, mais s'intéresser à ce point aux déclarations de nos candidats, y compris MM. Chaminade ou Poutou, dont les chances paraissent tout de même assez minces, cela me dépasse.

Je n'invente rien: lisez ICI, ICI et ICI

Et ce n'est qu'un petit échantillon, car cela dure depuis des semaines.

Même lu par le petit bout de la lorgnette, et avec tout le surréalisme belge, ce déferlement devient grotesque.

D'une part, les Belges ne votent pas aux élections françaises. De l'autre, les retombées du choix des Français seront assez limitées en Belgique, petit pays divisé mais valeureux, et qui a ses propres usages démocratiques. En tout cas, ces retombées ne seront pas plus importantes que celles des élections allemandes ou anglaises; et pourtant, les campagnes qui se déroulent dans ces deux autres grands pays voisins sont loin de susciter la même passion médiatique. Est-ce parce que les journaux belges sont abonnés aux dépêches AFP? Est-ce juste une question de langue ou de facilité?

L'intérêt que les Belges, dans leur ensemble, sont censés avoir pour la politique française me semble encore à démontrer; d'autant que ceux qui sont réellement passionnés peuvent abondamment se rassasier sur les chaînes télé et radio françaises, ils n'ont pas besoin des resucées de RTL TVI ou de la RTBF.

Toutes proportions gardées, c'est un peu comme si tous les soirs, sur toutes les chaînes, Freddie Mercury avait dû se taper une spéciale Election Miss Universe.

Une chose m'escagasse au plus haut point: c'est d'apprendre que les médias belges vont diffuser, dès 18h, au soir des deux tours, les résultats des sondages de sorties des urnes, alors que la loi française l'interdit aux médias français avant que tous les bureaux votes soient fermés.

Il paraît que légalement, rien n'oblige les Belges (ou les Suisses) à respecter la loi française. D'accord, mais c'est quand même limite. Pas fair-play du tout. Et puis, ceux qui leur fournissent ces sondages, eux, ne se mettent-ils pas hors la loi?

Quoi qu'il en soit, pour autant que les Belges aient vraiment envie de continuer d'exister ensemble comme nation, fédérale ou confédérale, il ne me semble pas que c'est en France qu'ils trouveront la réponse à leurs problèmes. Juste un dérivatif, peut-être? Panem & circenses?

Ce n'est ni M. Mélanchon ni Mme Joly qui décideront de sauvegarder ou non le système belge d'indexation des salaires. Et ce n'est ni M. Sarkozy ni M. Hollande qui décideront de l'avenir des Francophones de la Périphérie bruxelloise.

Enfin, c'est juste mon avis, je ne suis qu'un immigré ici, et je n'y vote pas.

12:48 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Tags : belgique, france, elections | Lien permanent | Commentaires (20) | | | |

De la moutonnerie comme vertu rédactionnelle

Je reviens un instant sur l'affaire de la fraude aux AOC dévoilée à Beaune, et déjà évoquée ici avant-hier.

Je m'étonne (encore une fois) que la plupart des journaux se bornent à reproduire la même dépêche - y compris certains journaux de la région.

Voyez un peu la liste de ces copier-colleurs, ici sur une recherche Google. Même titre, même texte, il n'y a que les noms des medias et les dates de publication qui changent. A noter que certains publient avec plus d'une semaine de retard, mais sans changer une virgule au texte. Non seulement l'info en devient quelque peu faisandée, mais en plus, ils n'ont pas cru devoir utiliser ce temps supplémentaire pour fouiller.

FraudeBeaune.jpg

 

N'y avait-il pas moyen d'enquêter plus à fond, sur place? Cela couterait-il trop cher? Les journaux n'ont-ils plus de rédactions locales?

Et pourquoi le nom du mis en examen n'est-il pas cité, alors que le Procureur a donné assez d'indices pour qu'un journaliste un peu informé de la vie viticole  bourguignonne puisse trouver rapidement de qui il s'agit.

Ce n'est qu'un fait divers, certes. Mais cela ne me dit rien qui vaille sur la capacité de la presse à maintenir le pluralisme de l'information... et à lui donner un contenu.

Je m'en voudrais de jouer les Zorros, d'autant qu'il peut m'arriver, à moi aussi, de tomber dans une certaine facilité... mais à ce point, non!

 

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |