13 mai 2012

Terre de Vins, Meilleur Magazine de Vin au Monde

Qu'est-ce qu'on dit à des confrères qui viennent de recevoir le prix du "Meilleur Magazine de Vin au Monde", à savoir Terre de Vins, cette année?

Couv_TDV_17.jpeg

"Meilleur Magazine de Vin au Monde"

Si on a l'esprit pinailleur, on dit, "Tiens, l'an dernier, c'était un magazine chinois. Il faut croire que la pratique du français augmente".

Si on a l'esprit investigateur, on se demande comment était composé le jury, à qui il fallait envoyer les dossiers, s'il fallait en envoyer? Pourquoi on n'en savait rien, qui a concouru et qu'est-ce qui a fait la différence, quels étaient les "plus-points" de Terre de Vins? Les organisateurs de la compétition, les Gourmand Awards doivent bien le savoir.

Si on a l'esprit querelleur, on dit "Et pourquoi pas nous?"

Si on a l'esprit équitable, on dit "il n'y a pas de meilleur magazine de vin au monde, on ne compare pas des pommes et des poires, Le Rouge et le Blanc et le Wine Spectator, la RVF et In Vino Veritas, Decanter et la Revista de Vinhos".

Si on a l'esprit de compétition, on ne dit rien. Pas question de parler d'un concurrent.

Mais si on a vraiment l'esprit confraternel, on dit "bravo, continuez, ce qui est bon pour Terre de Vin est bon pour la presse du vin en général. Dieu sait qu'elle souffre, en ce moment. Alors plus on en parle, et mieux c'est".

Vous l'avez compris, je me range plutôt dans cette dernière catégorie.

Même si, c'est sûr, les meilleurs magazines de vin, ce sont quand même ceux dans lesquels j'écris! ;-))

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

11 mai 2012

Où l'on reparle des Crémants d'Alsace

Post Scriptum à mon papier d'hier, au sujet des Crémants d'Alsace d'Arthur Metz.

Hier après-midi, j'ai participé à une dégustation de Crémants d'Alsace, mettant surtout en scène des vins "de vignerons".

Hélas, bon nombre de ces Crémants "de vignerons", même ceux produits par des gens à la réputation bien assise, (au moins pour leurs vins tranquilles), étaient bien en dessous du niveau de ceux que j'ai dégustés chez Arthur Metz.

La réputation, le "small is beautiful", c'est une chose. La dégustation, c'en est une autre.

Plusieurs pistes possibles pour expliquer cet étonnant écart:

Primo, le processus de la champagnisation est complexe, tous les vignerons ne la maîtrisent pas - ce ne sont pas des Champenois, qui ne font que ça - d'ailleurs, pas mal de petits producteurs alsaciens font faire leurs Crémants à façon par de grands opérateurs spécialisés. Le succès des bulles alsaciennes est indéniable, mais cela reste une activité "en plus", pour la plupart des caves particulières.

Secundo, l'assemblage n'est pas la tasse de thé de la plupart des vignerons d'Alsace, qui raisonnent le plus souvent en terme de monocépage.

Tertio, les grands faiseurs comme Athur Metz ont accès à une diversité d'approvisionnements sans comparaison avec celles des "récoltants manipulants" (si c'est comme cela qu'on peut les appeler en Alsace)...

Quarto... je n'ai pas d'explication, et on ne peut pas généraliser à partir d'une seule dégustation.

En définitive, la structure juridique d'un opérateur, sa taille, son chiffre d'affaires ne devraient pas influencer le dégustateur dans son approche d'un vin. C'est un voeu pieux, bien sûr, car nous avons toujours une tendresse particulière pour les belles aventures humaines, pour les caves pittoresques, pour les vignerons truculents.

Mais la vérité est dans le verre.

Bien sûr, les grosses sociétés ont des moyens de promotion sans commune mesure avec les caves particulières, ce qui garantit leur présence dans les grands canaux de distribution. Alors le journaliste vineux, lui, a plutôt tendance à parler des autres, pour rétablir un improbable équilibre qui n'existe que dans ses rêves. Et puis, il se dit qu'un vigneron qui exploite 5 ha les soigne aux petits oignons, qu'il chouchoute son vin comme une mère son nouveau-né. C'est souvent vrai, d'ailleurs.

Oui, mais quand le vin de la grosse entreprise est meilleur que celui du petit vigneron, qu'est-ce qu'on fait?

Eh bien, on le dit.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |