14 avril 2012

De la moutonnerie comme vertu rédactionnelle

Je reviens un instant sur l'affaire de la fraude aux AOC dévoilée à Beaune, et déjà évoquée ici avant-hier.

Je m'étonne (encore une fois) que la plupart des journaux se bornent à reproduire la même dépêche - y compris certains journaux de la région.

Voyez un peu la liste de ces copier-colleurs, ici sur une recherche Google. Même titre, même texte, il n'y a que les noms des medias et les dates de publication qui changent. A noter que certains publient avec plus d'une semaine de retard, mais sans changer une virgule au texte. Non seulement l'info en devient quelque peu faisandée, mais en plus, ils n'ont pas cru devoir utiliser ce temps supplémentaire pour fouiller.

FraudeBeaune.jpg

 

N'y avait-il pas moyen d'enquêter plus à fond, sur place? Cela couterait-il trop cher? Les journaux n'ont-ils plus de rédactions locales?

Et pourquoi le nom du mis en examen n'est-il pas cité, alors que le Procureur a donné assez d'indices pour qu'un journaliste un peu informé de la vie viticole  bourguignonne puisse trouver rapidement de qui il s'agit.

Ce n'est qu'un fait divers, certes. Mais cela ne me dit rien qui vaille sur la capacité de la presse à maintenir le pluralisme de l'information... et à lui donner un contenu.

Je m'en voudrais de jouer les Zorros, d'autant qu'il peut m'arriver, à moi aussi, de tomber dans une certaine facilité... mais à ce point, non!

 

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 avril 2012

Ecole de sommellerie internationale de Bordeaux: en français, s'il vous plaît!

Mon excellent confrère César Compadre nous révèle que Bordeaux, qui ambitionne de devenir "the" capitale mondiale du vin, aura bientôt son école internationale de sommellerie, alias Worldsom. Ceci, sous la houlette de la Chambre de Commerce et d'industrie locale (déjà principal actionnaire de Vinexpo).

On ne connaît pas encore précisément le contenu du cursus, mais on sait déjà que les cours seront donnés en anglais.

Comme français et francophone, cela me choque. D'autant que le français imprègne depuis longtemps le vocabulaire du vin, de l'élaboration à la dégustation en passant par le service.

Surtout, enseigner en anglais, c'est prendre le risque de couper les étudiants de la réalité locale. Et pourquoi viendraient-ils à Bordeaux?  A ce compte-là, ils seraient plus en phase à Modesto, Cal.

M. Juppé, vous qui avez enseigné au Québec, s'il vous plaît, expliquez à la CCI que le français a encore un avenir... au moins dans le vin.

 

11:26 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |