21 mai 2012

Questions aux gens bien informés à propos de ceux qui mènent la politique viticole de la France

Je profite de cette période d'alternance présidentielle, et de l'arrivée d'un nouveau Ministre de l'Agriculture, représentant une nouvelle sensibilité, pour poser à qui veut y répondre quelques questions sur le fonctionnement de ce Ministère, plus particulièrement en ce qui concerne la viticulture.

Primo, comment se prennent les décisions au niveau viticole?  Quel cheminement suivent les projets de lois, les décrets, qui en est à l'initiative et combien de temps cela peut-il prendre? Qui décide en dernier ressort?

Il y a-t-il un Monsieur ou Madame Vin, une personne de référence? Quel est le rôle du cabinet par rapport aux fonctionnaires permanents du Ministère? Impulser, initier, contrôler?

Secondo, quels rapports entretient le cabinet et ou le ministère avec des "Offices" comme l'Onivin de France, l'INAO? Peut-il leur donner des injonctions? Les supervise-t-il? Arrive-t-il fréquemment que le Ministre ne contresigne pas des décrets/cahiers des charges d'AOC, par exemple?

Tertio, quel rôle jouent les syndicats de producteurs, de négociants, les associations de consommateurs, comment se font-ils entendre au Ministère? Le Ministère est-il celui de l'Agriculture, activité au service de tous les Français, ou d'abord celui des Agriculteurs?

Quarto, quelle est la véritable marge de manoeuvre de la viticulture française, et du Ministère, dans le cadre européen?

Quinto, comment s'expliquent les revirements du genre de ceux auxquels on a pu assister dans les affaires du rosé de coupage ou des droits de plantation, quand la position officielle de la France semble avoir changé en quelques semaines?

J'arrête là, il y a trop de questions qui me viennent à l'esprit, mais quelques réponses à celles posées ci-dessus m'aideraient déjà à y voir plus clair.

Si changement d'orientation il y a avec le nouveau locataire de la rue de Varenne, M. Le Foll, je voudrais pouvoir mieux juger de sa véritable latitude d'action, et les moyens qui sont à sa disposition. Merci d'avance!

07:30 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : politique viticole | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

La leçon du Mont Tauch: et si on dégraissait le mammouth des AOC?

Je l’apprends au détour d’un article de l’Indépendant de Perpignan consacré au sauvetage de la Cave du Mont Tauch, à Fitou.

Pour apurer les stocks, la cave a déclassé 20.000hl de Fitou en Vin de France.

Rien à redire, le Mont Tauch a juste dû brader son vin pour se refaire un peu de trésorerie, c'est la vie des affaires. A ce que dit son nouveau patron, la coopérative avait vu "un peu grand" dans ses projets d’expansion. Les optimistes diront que ce sont ses clients qui ont vu "un peu petit"

Quoi qu’il en soit, quand on sait à quel point les AOC de base se vendent peu cher, peuchère, on se dit que ce genre d’opérations devraient être généralisées.

Mammoth-ZOO.Dvur.Kralove.jpg

Le Mammouth (Photo Mistvan)

Je plaide depuis longtemps pour que les AOC soient réduites en surface, limitées aux zones vraiment qualitatives, à la quintessence du terroir. Et que le reste passe en IGP ou Vin de France.

Pour dégraisser le Mammouth des AOC, en quelque sorte.

Mais il y a peut-être une manière plus  expéditive d’arriver au même résultat, en attendant que cette improbable réforme ne se fasse: à chaque millésime, les ODG décideraient de ne faire agréer que 30% de la production totale déclarable en AOC dans les aires d’appellation.

Les AOC ne représenteraient donc plus, comme aujourd'hui, environ la moitié de la production nationale, mais entre 15 et 20%, ce qui me semble un chiffre plus raisonnable: car l'AOC, au départ, était conçue pour des produits d'exception.

Qu’est-ce que vous en dites ?

Ce ne serait pas mieux de faire la sélection en amont?  Chaque type de vin se vendrait à un prix correct, on ferait une vraie différence de prix entre AOC, IGP et vin de France, parce qu’on segmenterait mieux la production.

Ca éviterait que la mévente n‘oblige les producteurs, quelques mois après, à vendre à vil prix, et sans appellation, ce qui était censé être leur meilleur vin, produit avec des contraintes de rendement et d’encépagement plus fortes.

Vous me direz, "Hervé, mais vous n'arrêtez pas de nous le dire sur tous les tons, ça devient lassant".

Et je ne vous donne pas tort. Mais si même moi, petit scribouillard de province,  j'ai pu conceptualiiser un tel schéma, je m'étonne que d'autres plus malins et mieux placés ne l'aient pas déjà réalisé.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi, Pour rire | Tags : aoc, mammouth, réforme, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (26) | | | |