01 mai 2012

Premier mai: divorce entre PS et syndicats

J'ai pesté, il y a quelques jours, contre l'obsession de la presse belge pour les élections françaises.

Dans la presse française, par contre, l'actualité belge fait rarement recette. Aussi, pour l'édification de mes lecteurs français qui ne lisent pas la presse belge, je crois utile de leur faire lire le petit article suivant:

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/735121/un-1er...

A l'heure où en France, le secrétaire général du principal syndicat ouvrier appelle à voter pour le candidat du Parti Socialiste, en Belgique, les syndicats reprochent au PS sa politique d'austérité.

"Vérité de ce côté-ci de Quiévrain, erreur au-delà", comme aurait dit Montesquieu si la Belgique avait existé à son époque? Ou bien les mesures prises par M. Di Rupo préfigurent-elles celles que prendra M. Hollande en France s'il est élu? A vous de voir.

En tout cas, j'ai jugé le constraste intéressant. On gagne toujours à regarder ce qui pousse dans le jardin du voisin - même si en définitive, c'est du sien qu'on doit s'occupper.

Vous me pardonnerez, j'espère, cette escapade en dehors de la sphère vineuse, uniquement motivée par l'actualité, et qui n'a d'autre but que de vous titiller.

10:45 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Au Mondial du Rosé, à l'école de la diversité

Petit debriefing à l'attention des copains qui étaient avec moi, et tous les autres qui n'y étaient pas.

Le Mondial du Rosé est un concours organisé par l'Union des Oenologues de France - ceux-là même qui organisent les Vinalies, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques semaines.

C'était la 6ème édition et ma première participation.

Sous les rosés, la plage

Cela se passe à Cannes, tout près du Palais des Festivals. On n'a pas monté les marches, mais on a descendu pas mal de bouteilles. 994 échantillons nous ont été servis. Et quand je dit "on", ce n'est pas moi tout seul, je vous rassure. Nous étions une bonne cinquantaine de jurés.

La croissance de ce concours, dont le nombre d'échantillons mis en compétition a presque doublé en 6 ans, témoigne de la croissance du marché du rosé dans son emble - ou plutôt des marchés, car le phénomène est mondial. Les échantillons provenaient d'ailleusr de pas moins de 28 pays différents.

Le concours reste cependant à taille humaine, dans une ambiance presque familiale - on est en plus petit comité. L'organisation est sans faille. A mon jury, j'ai retrouvé deux vieux complices; Eli Maamari, du Liban, et Belgacem d'Khili, de Tunisie; ainsi que mon président des dernières Vinalies, André Serret, le Roussillonnais. Trois oenologues. A côté d'eux, j'ai bien sûr l'air d'un aimable farceur, mais en définitive, chacun apporte sa pierre à l'édifice de la connaissance (ah que c'est beau!). En plus, chaque jour, on nous confiait une jolie oenologue locale. Aucune n'a eu l'air de se plaindre de l'expérience, ce qui prouve non seulement que nous sommes de bons garçons, mais aussi que notre petite "tour de Babel" de la dégustation fonctionne.

IMG_1057.jpgLa vie (et la baie de Cannes) vue au travers d'un verre de rosé... (Photo H. Lalau)

 

Toute la palette du nuancier

Côté vins, nous avons pu explorer une large palette, et de couleurs, et de types de produits.

Le nuancier  de teintes mis à notre disposition par le Centre du Rosé nous a été bien utile; du litchi au grenat en passant par l'abricot, le saumon, la cerise et la pêche... nous nous en sommes donnés à coeur joie.

La première série, le vendredi matin, était composée de Crémants - très divers, du plus bonbon au plus vineux; à l'arrivée, deux médailles d'or et 6 médailles d'argent au moins (celles-ci ne sont pas forcément toutes attribuées, on ne peut pas en donner à plus qu'un tiers des vins présentés dans leur ensemble à tous les jurys).

La deuxième série nous a permis de découvrir l'Oeil de Perdrix, ue spécialité suisse. Aucun des jurés n'a identifié cette provenance. La série était assez homogène, nous avons décerné assez peu de médailles, une d'or, 3 ou 4 d'argent; les bouches nous ont souvent semblé un peu fluettes.

Le samedi, la troisième série - 17 vins - nous a ramenés vers des contrées plus familières, en l'occurence, la Provence, et plus particulièrement, les Coteaux d'Aix. La région est sèche: nous lui avons donc donné une pluie de médailles (6 or et je n'ai pas compté les argents). 

Après la pause, la série suivante nous a mis en contact avec des rosés des Corbières, puis du Roussillon; nous avons préféré les seconds aux premiers - nous leur avons donné deux médailles d'or. Pour faire bonne mesure, on nous avait confié une petite série de rosés doux, dont deux Rivesaltes rosés de toute beauté - une médailles d'or, une d'argent. Un Beaume de Venise, déconcertant - médaille d'or aussi. Et un Pineau des Charentes rosé pour terminer, médaille d'or également.

Le troisième et dernier jour, nous avons eu droit à des Languedoc et des Côtes du Rhône, d'assez belle facture. Couleurs assez soutenues dans l'ensemble. Je n'ai plus en tête le nombre exact de médailles. Trois Or, je crois. Mes coéquipiers me corrigeront

Pour finir, la sixième série nous a a nouveau dépaysés, avec des rosés hongrois. Nous ne savions pas trop où nous étions. Nous avons un peu flotté. Dans l'ensemble, les points étaient assez bas. Pas mal d'amertume, des acidités souvent dissociées, nous n'avons pas trop accroché. Un seul or, si ma mémoire est bonne.

Jugement global: ce Mondial du Rosé 2012 a été une occasion unique pour confronter nos expériences diverses et multiculturelles  sur le rosé. Et pour nous rendre à l'évidence: il n'y a pas plus de raison de vouloir définir un seul profil  de rosé (en matière de couleur, d'aromatique, de structure) que pour les rouges ou pour les blancs. Laissons donc à chacun sa vérité. Une chose est sûre: ces vins ont toute leur place sur le tables d'honnêtes buveurs.

Tordons donc définitivement le cou à la vieille idée selon laquelle "le rosé, ce n'est pas du vin".

IMG_1082.JPG

Notre jury du dernier jour: debout, de gauche à droite, André Serret et Eli Maamari; assis, notre oenologue du jour, dont j'ai perdu le nom, Belgacem D'Khili et moi

 

Un dernier détail: la grande majorité des vins étaient des 2011 (les seules exceptions étant les crémants, soit non millésimés, soit issus de 2010 ou de 2009). J'aurais aimé, à titre personnel, pouvoir déguster quelques millésimes plus anciens, notamment pour les vins les plus structurés.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Provence, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |