08 mai 2012

Présidentielles françaises: la Belgique en état de siège

Suite aux élections présidentielles françaises, vous vous attendiez certainement à un commentaire politique de ma part. Je ne vous décevrai pas, ô, lecteurs innombrables et désorientés! Vous y avez droit. Et puis, pas question de laisser le champ libre à Charlier ou Berthomeau sur ce sujet aussi brûlant qu'un chardonnay chilien réacidifié.

Au sur-lendemain du scrutin, le peuple de gauche se réveille avec la mine radieuse des jours d'espoir, la France de droite avec la gueule de bois.

Et la Belgique? La Belgique  elle, aimerait bien renouer avec sa propre actualité, occultée par les spéciales présidentielles, les discours de candidats, les annonces anticipées des résultats, les analyses politiques, le micros-trottoirs, les micros-caniveaux, les interviews exclusives des experts parisiens, voire corréziens.

Et même, hier, on a pu voir sur nos antennes  publiques un beau portrait du vainqueur. A croire que la télévision belge lit dans le marc de café. Car pour réunir si vite tant d'archives et les monter si habilement, comme si tout ce cheminement menait inéluctablement à la victoire, il faut avoir commencé tôt...

Mais voila que le petit Royaume se réveille en état de siège.

Depuis lundi en effet, ici, c'est Pays-Bas au Nord et Hollande au Sud.

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08:50 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (16) | | | |

06 mai 2012

Où l'on reparle des Grands Crus

Trop laxistes, les Grands Crus, en France?

Comparons donc un peu avec ce qui se fait en Suisse, et plus spécifiquement en Vaud.

Dans ce charmant canton romand, la mention Grand Cru "est réservée aux vins bénéficiant d’une mention de lieu de production ou de commune et issus au moins à 90% de raisins récoltés sur le lieu de production ou de la commune et 10% au plus de raisins provenant d’un autre lieu de production de la même région.

La teneur naturelle en sucre doit être au minimum supérieure de 5°Oe. La mention du millésime est obligatoire".

Pas vraiment rassurés? Il faut vous dire que pour les AOC simples, en Vaud, on peut déclarer sous un nom de commune avec seulement 60% de raisins issus de la commune. En comparaison, les 90% du Grand Cru paraissent presque rigoureux...

Mais il y a encore une catégorie au-dessus: le Premier Grand Cru.

Là, on ne rigole pas, cette appellation est délivrée par une commission ad hoc, la commission des Premiers Grands Crus.

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Lavaux, en Vaud

La sélection se fait sur des critères  pédoclimatiques et de pratiques viticoles (min 6.000 pieds/ha, vendanges manuelles). Les cépages acceptés sont le Chasselas, le Pinot noir et le Gamay.
Le rendement ne doit pas dépasser 0,8lt/m2 pour les chasselas et 0,64lt/m2 pour les pinots et gamay.

Assemblage et coupage sont interdits (cela paraît évident, mais en AOC simple, on peut couper blanc et rouge).

Les teneurs en sucre minimums sont les suivantes :

  • Chasselas : 75 °Oe
  • Gamay : 80°Oe
  • Pinot noir : 85°Oe

La vinification et la mise en bouteille doivent se faire dans le canton de Vaud.
La mention du millésime est obligatoire (apparemment, nos amis vaudois en font un argument qualitatif).

Comparaison n'est pas raison, bien sûr, les Suisses ont bien le droit se s'organiser à leur façon; mais avouez qu'il serait bon, au sein du monde francophone, au moins, qu'on s'accorde sur une bonne définition de termes aussi importants que celui de Grand Cru.


00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |