03 avril 2017

Connaissez-vous les Côtes du Tarn?

En marge du concours national des vins IGP, qui se tenait ce vendredi au château de Mons, dans le Gers, j'ai pu faire mieux connaissance avec une dénomination méconnue (au moins de moi): les Côtes du Tarn.

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L'aire de cette dénomination compte 2700 hectares, réparties entre 116 communes du Tarn, dont celles retenues pour la production de Gaillac.

J'ai particulièrement apprécié Le Terrane Prunelard 2016 de la Cave de Labastide, pour son superbe nez de violette et de quetsch, et sa bouche réglissée, franche et fraîche - belle puissance maîtrisée.

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Cépage apparenté au Malbec, mais aussi au Pinot Noir et au Petit Verdot, le Prunelard a été jadis très important dans la viticulture tarnaise, mais il avait quasiment disparu suite au phylloxéra: comme il était sujet à la coulure, il n'a pas été replanté à l'époque; dans les années 1990, cependant, quelques passionnés ont relevé le défi de le faire revivre  - ce vin est la preuve liquide que cette variété présente un grand potentiel.

J’ai aussi beaucoup aimé la cuvée Les Granitiers, de Vinovalie, un assemblage Duras-Fer-Gamay plein de peps (qui a dit que les IGP ne produisanient que des monocépages?), et jusque ce qu’il faut de rusticité.

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12:47 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 mars 2017

Croire aux crus?

Je suis loin d'être un obsédé des classements et des crus, premiers ou grands - nous avons tous dégusté des vins qui ne rentrent pas dans cette catégorie, et qui nous semblaient au moins aussi bons que des premiers ou des grands crus, sans parler des classés.
Mais sur les marchés, cela n'est pas sans importance: il n'y a qu'à voir le saut de tarif de Pavie et d'Angelus depuis qu'ils ont rejoint le club des Premiers Grands Crus Classés A (traduisez: super méga pinards blindés ).

Pour les vins IGP, c'est plus simple, ils n'ont droit à rien, aucune hiérarchisation, ni même le nom de château ou de clos vu qu'ils n'ont pas le fameux "lien au terroir". Dont acte. Cela n'empêche qu'il y a en leur sein des gens qui travaillent vraiment avec le sens du lieu, du terroir, qu'ils puissent le revendiquer ou pas.

Pour eux, il faudrait un jour réfléchir à la piste des vinos de pago espagnols, peut-être - des crus qui ne dépendent pas d'une appellation. Je crois me souvenir que le regretté René Renou y était favorable. Mais évidemment, ce serait un gros coup de pied dans la pyramide actuelle. L'ouverture d'une grosse boîte de Pandore.

Et quand on voit déjà l'opposition (surréaliste, à mon sens), des Crémants face aux bulles IGP, on se dit que ça n'est pas pour demain.

Alors je suppose que c'est à nous, petits scribouillards, de rappeler au consommateur qu'il y a une vérité au delà des mentions, que c'est dans le verre que ça se passe, que des réputations, des appellations peuvent être usurpées.

08:01 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |