16 mai 2012

Coteaux Bourguignons: qu'est ce qui change?

Demain sera dévoilée officiellement au grand public la nouvelle AOC "Coteaux Bourguignons", qui remplace le Bourgogne Grand Ordinaire.

Les communiqués vantent abondamment le travail accompli par les producteurs et leurs représentants pour mettre en route la nouvelle appellation, et notamment pour se mettre en conformité avec son nouveau cahier des charges.

Tout à la joie de cette nouvelle, mes confrères se semblent guère s'être intéressés à son contenu. Moi si.

J'ai donc demandé au BIVB quels avaient été les changements par rapport au cahier des charges du Bourgogne Grand Ordinaire. Celui-ci, en la personne de Guillaume Willette, m'a aimablement répondu.

1° Changement de dénomination de l’AOC: Bourgogne Grand Ordinaire à Coteaux Bourguignons.

2° Harmonisation des densités minimales à 5000 pieds/ha sur l’ensemble de l’aire de production: avant les densités minimales pouvaient être différentes d’un secteur à l’autre pour produire pourtant la même appellation.

3° Actualisation des rendements de base de l’appellation : 64 hl/ha en rouge et rosé, et 72 hl/ha en blanc.

4° Modification des maturités avec un degré minimum remonté à 10° au lieu des 9° ou 9,5° auparavant suivant la couleur.

5° Modification des cépages: le pinot gris devient cépage principal également en blanc; la liste des cépages accessoires (pouvant rentrer à hauteur de 10% dans l’assemblage) a été complétée avec l’ensemble des cépages bourguignons.

Il y a-t-il dans cette liste la traduction d'un véritable engagement qualitatif? C'est selon. La remontée du degré minimal, notamment, ne représente pas un gros effort en ces temps de réchauffement climatique. Quant aux rendements minimum, ils restent élevés. Le reste, c'est plus de l'harmonisation que la marque d'une exigence supplémentaire.

Surtout, il manque un aspect essentiel, à mon sens: la preuve du lien au terroir. Comme l'aire d'appellation n'a pas changé, et qu'elle couvre 3 départements, on ne peut toujours pas vraiment parler d'un terroir, mais plutôt d'une zone couvrant de multiples terroirs. Les coopératives et le négoce les assembleront, d'ailleurs, c'est leur intérêt commercial.

bourgogne-carte.gif

Un terroir, que dis-je, une mosaïque...

Pour parler image et marketing, puisque cela semble l'essentiel du message, je note aussi qu'à l'heure où bon nombre de régions, pour faire simple, abandonnent le mot Côtes ou Coteaux, comme le Ventoux, le Luberon, et peut-être, demain, Bergerac, la Bourgogne prend le chemin inverse. On verra bien qui a raison.

Je m'en voudrais, cependant, de gâcher la fête. 

D'autant que si j'aime la Bourgogne et ses vins, je n'aime pas toujours leur rapport qualité-prix. Alors, si l'AOC de base (je n'ai pas dit basique) pouvait monter en qualité, si ses blancs pouvaient devenir une vraie alternative aux chardonnays du Nouveau Monde, par exemple, je serais le premier heureux.

Au négoce et aux coopératives de prouver, à présent, que le concept est porteur, en France et à l'exportation.

Et un ban pour les Coteaux Bourguignons!

Et pour en savoir plus, cliquez ici... les Coteaux Bourguignons n'ont pas perdu de temps, avant même d'être en vente, ils sont déjà sur l'encyclopédie "participative"...

Le plus spectaculaire, c'est qu'on y décrit déjà les vins...

00:39 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

15 mai 2012

En parlant d'UBIFRANCE

En lisant une dépêche sur les actions d'UBIFRANCE en Chine, deux questions ont germé dans mon esprit aussi fertile qu'une vigne désherbée chimique: que veut dire UBIFRANCE et d'où vient ce nom?

Je n'ai pas pu répondre à la première ("United Business Information?", "Unchallenged Beautiful Institution?"...).

Mais pour ce qui est de la seconde, j'ai trouvé de la matière.

Voici, résumé dans une page Wikiki qui sent légèrement le réchauffé, la genèse de l'organisation, depuis 1945. Accrochez-vous, elle change plus souvent d'appellation, d'adresse et d'attributions (sans parler du statut et des financements) que les services secrets français - c'est vous dire. Voila deux innocentes manies bien hexagonales que ce goût des sigles abscons et des changements de nom...

  • 1945 - Création du Centre national du commerce extérieur (CNCE).
  • 1959 - Fondation de l'Association pour l'organisation de stages en France (ASTEF).
  • 1962 - Création de l'Association pour l'organisation des missions de coopération technique (ASMIC).
  • 1968 - Création de l'Agence pour la coopération technique, industrielle et économique (ACTIM) qui fusionne l'ASTEF et l'ASMIC.
  • 1973 - Le CNCE devient par décret le Centre français du commerce extérieur (CFCE).
  • 1974 - Le Comité permanent des foires à l'étranger prend la dénomination de Comité français des manifestations économiques à l'étranger (CFME).
  • 1997 - Fusion du CFME et de l'ACTIM. Naissance du CFME-ACTIM.
  • 2001 - Le CFME-ACTIM prend le nom d'UBIFRANCE.
  • Février 2004 - Mise en œuvre de la loi pour l'initiative économique: UBIFRANCE et le CFCE forment la nouvelle Agence française pour le développement international des entreprises, qui prend le nom d’UBIFRANCE.
  • 2006 - L’État, représenté par la DGTPE (Minefi), délègue à UBIFRANCE le pilotage du réseau des missions économiques et des DRCE en matière de prestation d’appui au développement international des entreprises françaises.
  • 2008 - Réforme du dispositif d’appui au commerce extérieur. L'année 2008 est par ailleurs marquée par le développement de synergies entre UBIFRANCE et ses partenaires de l’ensemble des régions françaises qui sont au plus près du tissu industriel local.
  • 2011 - UBIFRANCE est désormais dotée de son propre réseau avec 1.400 collaborateurs et 65 bureaux présents dans 46 pays.

Attention, ce petit persiflage bien innocent ne met pas en doute le travail de l'organisation!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |