24 août 2012

Muscadet de Pineau.. et de garde

Peut-on garder ses Muscadet, il y at-il une vie pour eux au delà des deux ans et de l'expression citronnée de la jeunesse? That is the question.

La réponse est oui, et je le prouve avec ce Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie du Domaine de la Roche, millésime 2006. 6 ans déjà!

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Invitation au voyage... (photo H. Lalau)

A la palette florale (citronnelle, menthe, églantier), toujours présente, mais un peu estompée, s'est ajoutée tout un panier de fruits secs, amandes, noisettes, et du chutney de mangue. La bouche, elle, est complexe, les épices surnagent d'une texture assez  grasse. C'est riche, souple, mais pas mou. La finale est longue, elle nous emmène assez loin du Pays Nantais, vers l'Inde et son curry, ou encore la muscade, ses poivres et ses piments...

Logiquement, voila un vin qui devrait s'aparier à merveille au poulet-curry (avec ou sans ananas), au poulet thaï (riz au jasmin, lait de coco); mais aussi, au couscous de poisson ou encore, pourquoi pas, à la piperade basquaise.

Le Domaine de la Roche est aux mains de Vincent Pineau (non, il ne met pas de pineau d'Aunis dans son Muscadet); il l'a repris de son père il y a une dizaine d'année. Il englobe 32 ha autour du lieu-dit La Roche, au Loroux Bottereau.

Le plus étonnant, c'est que ce secteur est généralement connu pour donner des vins qui se révèlent très vite. On peut quand même les attendre.

Comme je me doute bien que vous ne l'avez pas expérimenté avec le 2006, pensez peut-être à le faire avec les prochains millésimes. Gardez une bouteille ou deux par caisse, juste pour voir. Vous m'en direz des nouvelles.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

23 août 2012

Wine coolers, le retour

Il y a 25 ans, on parlait beaucoup des Wine Coolers, aux States. Nous on les regardait avec méfiance: "Sacrés Ricains, aucune éducation, aucun respect du produit noble, et ils vendraient père et mère pour faire du blé"...

Pourtant, aujourd'hui, en France, des produits très semblables font sensation: les vins aromatisés. Désolé, on ne peut pas les appeler vins - ce sont des produits aromatisés à base de vin. Les flyfuckers apprécieront.

Quel que soit leur nom, il est un signe qui ne trompe pas: les magazines féminins en parlent! Entre le dernier régime à la mode et les conseils sexo.

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D'aucuns, des puristes, des esprits forts, s'offusquent qu'on puisse ainsi mettre de l'arôme de pamplemousse dans un vin qui ne vous a rien fait. D'autant que le pamplemousse est un arôme assez fréquent dans certains blancs non aromatisés.

Au risque de vous surprendre, je ne fais pas partie de ces puristes. Je pense que tout le monde ne cherche pas la même chose dans le vin, je pense qu'il en faut pour tous les goûts. On n'oblige personne à boire du vin, du vrai, et si ça permet de faire sortir du marché du vrai vin la production qui n'a rien à y faire, why not.

Par contre, ce qui me défrise un tantinet, c'est que Nicolas promeuve à ce point le cooler au pamplemousse de Castel, le Very Pamp: je l'ai vu dans deux magasins, sur le comptoir, avant-hier et hier à Paris et en banlieue. D'accord, c'est un produit de la maison. Mais pour une firme qui se flatte d'éduquer les gens au vin, je trouve qu'ils en font un peu beaucoup dans le genre "nivellement par le bas". Que ne laissent-ils pas à la GD le soin de vendre ces produits d'appel, ce vin-boisson qui n'est même pas légalement du vin?

Je m'en suis étonné auprès du vendeur. Il m'a dit, vous savez, ça a beaucoup de succès. J'ai pensé en moi-même, "changez d'enseigne, mettez "Fruité" sur la boutique et réduisez votre assortiment"... Mais je suis parti, je ne voulais pas le contredire.

Vous me direz que je suis un peu trop prompt à me défriser, que les commerçants sont là pour faire du commerce, et vous aurez raison. Le positionnement, l'image, c'est bien beau, mais les promesses du marketing n'engagent que ceux qui les gobent.

00:35 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |