26 août 2012

Retour au Château de Gevrey...

J'ai lu avec intérêt (et un peu de tristesse) cette intervention du maire de Gevrey-Chambertin à l'annonce du rachat du château du même nom: «Comme tout le monde, j'aurais peut-être préféré que ce soit un rachat franco-français. Mais l'exploitation des deux hectares de vignes du château de Gevrey-Chambertin a été confiée au Domaine Rousseau, et n'échappera donc pas à un viticulteur de la commune".

J'ai beau être Français, et fier de l'être, je ne partage pas le point de vue de M. le Maire.

L'argent des Chinois qui rachètent le château a peut-être l'odeur du jeu (le nouveau propriétaire a fait fortune dans les casinos), mais si l'on avait dû s'arrêter à la nationalité des acquéreurs, il faudrait en exproprier des grands propriétaires... Pensez aux Rothschild, aux Neippberg, aux Thienpont, aux Dillon, aux Deutz, au Krug, aux Mentzelopoulos, aux Hennessy, aux Kirwan...

Et je n'oublie pas que c'est le marché londonien qui a fait le succès des vins du Médoc, avec comme conséquence la mise en valeur des grands terroirs actuels, qui n'étaient, jusqu'en 1730, que des marais. Que ce sont les Allemands qui ont fait la notoriété du Champagne (Deutz, Krug, Heidsieck...) et les Hollandais celle du Cognac...

Alors, M. le Maire, rien ne dit q'un vigneron de la commune fera forcément mieux qu'un sale estranger pour mettre en valeur les terres du château de Gevrey-Chambertin. S'il suffisait d'avoir la nationalité française pour faire du bon vin, on n'aurait pas à subir autant de daubes au pays de M. Evin.

Je savais l'escargot de Bourgogne enclin à se recroqueviller dans sa coquille, mais quand on prétend vouloir vendre son vin dans le monde entier, bordel, on a au moins la reconnaissance du ventre pour ceux qui en achètent et on ne traite pas l'étranger comme un envahisseur...

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

24 août 2012

Muscadet de Pineau.. et de garde

Peut-on garder ses Muscadet, il y at-il une vie pour eux au delà des deux ans et de l'expression citronnée de la jeunesse? That is the question.

La réponse est oui, et je le prouve avec ce Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie du Domaine de la Roche, millésime 2006. 6 ans déjà!

IMG_1483.JPG

Invitation au voyage... (photo H. Lalau)

A la palette florale (citronnelle, menthe, églantier), toujours présente, mais un peu estompée, s'est ajoutée tout un panier de fruits secs, amandes, noisettes, et du chutney de mangue. La bouche, elle, est complexe, les épices surnagent d'une texture assez  grasse. C'est riche, souple, mais pas mou. La finale est longue, elle nous emmène assez loin du Pays Nantais, vers l'Inde et son curry, ou encore la muscade, ses poivres et ses piments...

Logiquement, voila un vin qui devrait s'aparier à merveille au poulet-curry (avec ou sans ananas), au poulet thaï (riz au jasmin, lait de coco); mais aussi, au couscous de poisson ou encore, pourquoi pas, à la piperade basquaise.

Le Domaine de la Roche est aux mains de Vincent Pineau (non, il ne met pas de pineau d'Aunis dans son Muscadet); il l'a repris de son père il y a une dizaine d'année. Il englobe 32 ha autour du lieu-dit La Roche, au Loroux Bottereau.

Le plus étonnant, c'est que ce secteur est généralement connu pour donner des vins qui se révèlent très vite. On peut quand même les attendre.

Comme je me doute bien que vous ne l'avez pas expérimenté avec le 2006, pensez peut-être à le faire avec les prochains millésimes. Gardez une bouteille ou deux par caisse, juste pour voir. Vous m'en direz des nouvelles.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |