04 août 2012

Irouleguy Mendia 2009

Vous cherchez un vin original, un rosé qui décoiffe, et pas forcément un perdreau de l'année? Ne cherchez plus, cet Irouléguy est fait pour vos papilles de défricheurs.

Sa robe est saumonnée à reflets orangés. Au nez se dégage d'emblée le fruité suret de la groseille à maquereau, c'est simple mais de bon aloi; en bouche, les épices le disputent aux notes fumées, déjà un tantinet évoluées.

irouléguy,basque,rosé

Avec ou sans piscine (photo H. Lalau)


C'est un 2009, il a de la structure, mais n'en attendez pas le fruit exubérant de la jeunesse.

Ce Basque ne craint pas l'aventure. Il fera sensation sur un tajine ou un curry d'agneau.
Buveurs de chemins battus s'abstenir.

Voila en tout cas qui me donne furieusement l'envie d'aller traîner mes guêtres (et mes basques) du côté de ce coin de France que je ne connais pas...

00:07 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Tags : irouléguy, basque, rosé | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

03 août 2012

Droits de plantation: si les Français savaient...

Voici quelques jours, à l'Assemblée Nationale, le député de l'Aude Jean-Paul Dupré a dit "non à la libéralisation des droits de plantation, afin que notre viticulture ne subisse pas le triste sort de notre secteur industriel, soumis à la seule loi du marché."

C'est son droit le plus strict. Comme c'est le mien de ne pas être d'accord, au nom des consommateurs. Et de la logique: on ne délocalise pas une appellation d'origine comme une usine d'automobiles. Et puis, permettre à de nouvelles vignes de se planter en France, est-ce pire que de les voir se planter au Chili ou en Australie, et de voir les vins qui en sont issus nous concurrencer demain sur les marchés tiers?

Mais surtout, pourquoi M. André limiterait-il sa dénonciation des dérives de la loi du marché à la seule viticuture? Pourquoi ne préconise-t-il pas aussi le retour au monopole national pour les producteurs d'électricité et de gaz, pour les transports, les postes, les banques, les universités, etc?

Et pour rester dans l'agricole, où il est peut-être plus à l'aise, pourquoi ne propose-t-il pas d'instaurer des droits de plantation pour d'autres cultures (pommes, fruits, betteraves, pomme de terre...), assortis, bien sûr, de l'interdiction d'importation en France de ces mêmes denrées.

Quand on milite pour la régulation, pour l'encadrement, la planification, il faut aller jusqu'au bout. L'Europe n'a qu'à aller se faire voir. "Que les Européens boivent nos vins, c'est tout ce qu'on le demande!"

Je ne suis pas sûr que les Français, s'ils étaient vraiment informés des conséquences ultimes et pratiques de ce que proposent M. Dupré, M. Le Foll et leurs amis, approuvent ce repli sur soi. Et seraient-ils d'accord si on leur disait que pour acheter une maison ou une auto, par exemple, il faut posséder un "droit"?

Mais qui leur expliquera les vrais enjeux? Et à qui profite le système actuel. D'ailleurs, les Français, buveurs, ou non, savent-ils tout ce qu'ils paient déjà, par tête de contribuable, pour subventionner la viticulture et notamment la distillation des invendus...?

Il est un peu facile de mettre en avant nos glorieuses appellations d'origine, de monter sur nos grands chevaux, qualitatifs, d'arguer de notre spécificité viticole, quand les véritables problèmes sont la surproduction, la mévente, les cours trop bas, les vins non adaptés à la demande des marchés - et je ne parle pas du seul marché français, qui, lui s'effondre.

A l'extrême, il est indécent de maintenir les droits de ceux qui les détiennent aujourd'hui, alors que de toute évidence, une bonne partie d'entre eux n'ont pas su quoi en faire, quels vins produire avec, ou bien les ont produits sans savoir à qui ni comment les vendre!

Pour en revenir à la question de départ, et à la réalité, cette matière est communautaire; il faudra donc plus qu'un baroud électoraliste français pour modifier une réglementation adoptée en 2008 par l'Union européeenne dans son ensemble, et signée par la France.

Delenda sunt jura plantationi (ou quelque chose du genre, M'sieur Caton)

12:29 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |