10 août 2012

L'Etat et le vin

Parfois, je dois vous l'avouer, je ne comprends pas grand chose aux lois qui régissent le monde du vin.

Je lisais hier sur Vitisphère un article sur "les retards de retiraisons".

Tiens, d'abord, quel drôle de mot que cette retiraison. On dirait un hybride de "je retire" et de "tu raisonnes".

Pourquoi pas tout simplement "retrait"?

Mais au delà des mots, ce qui m'a mis la puce à l'oreille (ou était-ce le phylloxéra?), c'est le rôle que l'Etat semble devoir jouer dans ce mécanisme un peu abscons.

Je cite Vitisphère, qui relate une réunion entre les syndicalistes viticoles et les gros nécociants au sujet des retards de "retiraisons".

Président de la Commission Vin de la FNSEA, Jérôme Despey rapporte que « cette réunion a été très positive : les parties en présence ne voient aucune raison objective pour que le marché se tende. Le retard constaté est lié à une diminution de la demande en avril et à une vendange importante en 2011 : +25 % de vins produits en Languedoc. Au printemps 2012 les vendanges de l’hémisphère sud ont été réduites, celles européennes suivent la même tendance. La production mondiale de vins sera donc modérée en 2012, tandis que la demande se maintient. » Le retard des retiraisons devrait se résorber rapidement, les représentants du négoce ont d’ailleurs assuré que les contrats signés seront suivis jusqu’à leur terme.

Le 30 août, les représentants de la filière viticole rencontreront pour la première fois le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll. Membre de la délégation, Jérôme Despey compte lui parler de l’aide au relogement. Malgré l’appel à la responsabilité passé lors de la réunion du premier août, il précise qu’ «il ne faudrait pas tomber dans les travers d’une mise en vente hâtée et revue à la baisse à la veille des vendanges. Nous demandons aux pouvoirs publics d’aider les structures viticoles à reloger leurs vins.»

Je ne sais pas ce que veut dire concrètement "l'aide au relogement", dans ce contexte. Il y aurait-il des cuvées sans abri? L'abbé Pierre n'en a jamais parlé.

Mais surtout, je suis

x étonné

x déçu

x exaspéré

que les vignerons, ou plutôt leurs représentants, doivent faire appel aux services de l'Etat dans un domaine qui me semble ne regarder que le secteur privé.

C'est sans doute ce fameux côté néolibéral que me reprochent mes détracteurs depuis que je leur dis que je suis pour l'abolition des droits de plantation (précisons que je réfute l'accusation), mais je suis persuadé que les opérateurs ont tout à gagner à prendre en main eux-mêmes leur destin. Et je ne comprends pas pourquoi l'Etat - c'est à dire nous, contribuables - devrait pallier un défaut de capacité de stockage de la part des metteurs en marché.

Mais si j'ai loupé un épisode, si j'ai mal compris, je ne demande qu'à rattrapper le temps perdu. Messieurs les Responsables, expllquez-moi. Ce n'est pas tant pour moi, mais pour le consommateur moyen, qui boit sans savoir pourquoi les taxes sur le vin sont élevées, à quoi elles servent; et quel rôle joue exactement l'Etat sur le marché d'un produit qui rapporte 40 millards d"exportation à la France, mais dont on ne peut pas dire que les Pouvoirs Publics fassent l'apologie...


01:22 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

09 août 2012

Amazon de non-droit?

Un brave citoyen de Washington avait commandé un écran plat sur www.amazon.com. Il a reçu un fusil d'assaut semi-automatique.

amazone, Latour, vin

Tiens, voila mon écran plat...

La morale de l'histoire? Elle est  triple.

Primo, tout le monde peut se tromper.

Secundo, heureusement qu'il n'était pas Californien, et qu'il n'a pas reçu du foie gras. Il aurait été dans l'illégalité la plus totale. Alors qu'avec le fusil d'assaut, il était tranquille. Ca fait bizarre de se dire qu'on envoie des fusils-mitrailleurs par la poste aux States, mais qui suis-je pour juger des moeurs et des réglementations américaines?

Tertio, vous croyez que ça pourrait marcher avec du vin? Imaginons que je sois Texan, que je commande une bouteille de Turning Leaf 2011 et que je reçoive une bouteille de Latour 1947...

Mais je suis bête. Amazon ne vend plus de vin depuis 2009 aux Etats-Unis, en raison des entraves administratives à l'importation entre les différents Etats...

11:59 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, France | Tags : amazone, latour, vin | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |