08 décembre 2012

Le vin, vache à lait des restaurateurs?

Restaurateur parisien de renom, Jean-François Piège semble authentiquement passionné de vin; interrogé ce mois-ci par mes confrères de la RVF, il se défend de faire du vin sa vache à lait. Il marge à 3, souligne-t-il. Pour lui, ce n'est pas grand chose, alors que pour moi, c'est déjà beaucoup.

Et si je regarde dans le détail, il avoue quand même vendre 12 euros le verre d'un champagne qu'il achète à 22 la bouteille. À 6 flûtes par bouteille, cela donne 72 euros, donc 50 euros de bénéfice.

Je trouve dommage qu'un restaurateur, qui est pour moi d'abord un cuisinier, pense devoir gagner sa vie principalement sur les boissons. Un bon chef ajoute de la valeur à ses plats, il les transforme, il les habille, il est donc logique qu'il en reçoive le bénéfice. Mais en matière de vin, il n'y a ni transformation, ni présentation, juste une sélection, un stockage et le travail du sommelier quand il y en a.

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Après la traite des blanches, la traite des amateurs de vins..

On m'objectera que le service coûte cher, qu'on ne trouve plus de personnel, que la restauration est accablée de taxes et de contrôles. D'accord, mais pourquoi les clients amoureux du vin devraient-ils payer pour les autres? C'est la crise pour tout le monde! On s'étonne après ça que la consommation de vin chûte au restaurant! Et pourtant, quoi de mieux pour assortir un beau vin qu'une belle cuisine!

J'ai le goût des choses et des idées simples, c'est là le moindre de mes défauts; comme je trouve normal de gagner ma vie en écrivant des articles, qu'un musicien gagne la sienne en jouant; un médecin en soignant, un chercheur en cherchant (voire en trouvant), un vigneron en vinifiant; alors j'aimerais qu'un cuisinier fasse son beurre en cuisinant.

Mais le monde d'aujourd'hui est tout sauf simple - pas mal de journalistes vivent de petits extras, animant des ouvertures de magasins ou des lancements de pâtées pour chien; des premiers prix de conservatoire vont pousser l'archet dans des noces et banquets pour un public de béotiens parvenus et complètement schlass; pas mal de vignerons touchent des aides pour ne pas produire; pas mal de médecins refusent des patients pour ne pas tomber dans une tranche d'imposition supérieure - ou se font payer au noir; et les chefs de renom ouvrent des brasseries au bout du monde - curieusement, cette prostitution s'appelle franchise. Dieu sait pourtant qu'il n'y a rien de franc à faire croire à un client que vous êtes aux cuisines quand vous n'y êtes jamais.

Est-ce ainsi que les hommes vivent? Oui, et si certains survivent, d'autres prospèrent dans le faux semblant.

Je dédie cette chronique à mon Parrain, Michel Guilgué. Celui qui, avec mon père, m'a initié aux bons vins, et qui vient de disparaître hier dans sa 76ème année.

Chaque année ou presque, lui et son épouse se payaient un petit gueuleton dans un grand étoilé. C'était l'extravagance qu'ils se permettaient sur leur petite retraite de fonctionnaires. Michel, qui était de la génération du travail bien fait, des compagnons du devoir, du respect de la parole donnée, n'aurait jamais osé contester le prix demandé par le chef pour ses oeuvres; mais il pestait contre le prix du vin dans ces établissements.

Moi aussi. Au point que j'y mets encore plus rarement les pieds.

00:54 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie, Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

07 décembre 2012

Tout savoir sur Jean-Pierre Meyers... et 1855

Lisons la fiche Wikipedia de Jean-Pierre Meyers:

Jean-Pierre Meyers est un homme d'affaires français, né en 1948.

Il est membre du conseil d'administration[1] de L'Oréal et de Nestlé. En décembre 2010, il est nommé directeur général de Thétys[2],[3], holding familiale des Bettencourt qui contrôle 31 % de L'Oréal et 6 % de Nestlé.

Jean-Pierre Meyers a par ailleurs été l'actionnaire historique[4] du site «1855» via la société Aphrodite, participation qu'il a annoncé avoir retirée en décembre 2012[5].

 Vie privée

Jean-Pierre Meyers est petit-fils de l'ancien rabbin de Neuilly-sur-Seine, Robert Meyers, déporté avec son épouse à Auschwitz. Jean-Pierre Meyers est marié à Françoise Bettencourt Meyers. Ils se marient civilement le 6 avril 1984 à Fiesole, en Toscane[6]. Ils ont deux fils, Jean-Victor (né en 1986) et Nicolas (né en 1988), élevés dans le judaïsme.

Voila qui est fouillé, presque intime. Ce que Wikipedia ne dit pas, par contre, c'est le montant des pertes de M. Meyers dans 1855 depuis 2004 (date de son entrée au capital) et pourquoi il n'a jamais pu peser assez sur la direction exécutive du groupe pour qu'elle revienne dans le droit chemin.

Mais celle-ci semble n'en avoir cure: Aimery de Sauty déclare même être satisfait du départ de M. Meyers, "qui lui permet de constituer un nouveau tour de table".

17:42 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : meyers, 1855, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |