30 septembre 2012

1855 bonnes raisons de ne pas acheter en ligne?

Drôle de défense que celle de l'avocate du site 1855, à nouveau assigné en référé au tribunal de Bordeaux, la semaine dernière, pour non livraison d'une commande: "C'est la faute au négoce".

Ben oui, quoi, à cause du négoce, "qui ne livre pas les vins attendus", 1855 ne  peut plus servir ses clients. Pas au prix proposé initialement, en tout cas.

Pincez-moi où je rêve? 1855 ne pratique quand même pas la vente à découvert?

Et les prix qu'il propose en primeurs, sont-ils purement indicatifs?

Le modèle économique de 1855 est tellement intéressant qu'on devrait l'enseigner dans les écoles de marketing. Ou dans les casinos.

18:23 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 septembre 2012

Prix plancher du vin: je ne comprends plus

Lu hier sur Vitisphère:

"Face à la petite récolte 2012, la production prend les devants. Dans le cadre de l’organisation de l’offre régionale, elle plaide pour la mise en place de contrats pluri-annuels et réclame des seuils de prix minimum pour les IGP. Dans un communiqué co-signé par les présidents de la coopération viticole, des vignerons indépendants et des ODG des IGP de la région, les représentants de la production estiment «nécessaire d’établir des contrats pluriannuels pour assurer une consolidation raisonnée des cours du vrac et assurer par la même occasion un approvisionnement quantitatif et qualitatif durable au négoce sur l’ensemble des segments». «Au regard des prix moyens constatés sur la campagne 2011/2012 (contrats d’achat vrac)», précise le communiqué, «les seuils minimum de prix en phase avec la réalité pour cette nouvelle campagne sont les suivants» :

Pour les IGP Cépages Pays d’Oc et autres :
- 75 €/hl pour les rouges
- 70 €/hl pour les rosés
- 90 €/hl pour les Chardonnay
- 85 €/hl pour les Sauvignon
Pour les IGP sans mention de cépage : 65 €/hl
Les co-signataires de ce communiqué demandent aux instances interprofessionnelles de prendre acte de ces orientations et d’assurer une gestion cohérente des prochaines négociations."

Deux choses que je ne comprends pas:

Primo, si la récolte est déficitaire, on ne devrait pas craindre une baisse des prix, au contraire - ou alors, ma conception de la régulation naturelle des marchés par l'offre et la demande est erronée.

Secundo, en parlant de régulation naturelle, ces prix planchers ne sont-ils pas une entorse à la libre-concurrence? C'est un dogme de l'Union Européenne, pourtant - au point que la Bulgarie vient de dénoncer les prix planchers du vin fixés par l'Ecosse, dans le cadre de sa politique de santé, devant la Commission Européenne.

Tertio, à quoi riment ces contrats pluriannuels - on se croirait revenu au temps des plans quinquennaux. Comment fixer un prix sans connaître les volumes ni la qualité - alors que  justement, si j'en crois le communiqué, c'est la qualité qu'on entend défendre...

Quarto, qu'est-ce que les instances interprofessionnelles peuvent faire? La fixation des prix demeure au libre choix de chaque entreprise, non?

Quelqu'un veut bien m'expliquer?

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Midi | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |