20 décembre 2012

Sopexa, avec ou sans article

"Sopexa est le groupe référent du marketing international alimentaire, vin et art de vivre" ai-je pu lire récemment sur le site d'un salon de vins.

Traduisons: la Société pour l'Expansion des ventes de Produits Agriocoles et Alimentaires Français, agence d'Etat fondée par le ministre Edgar Pisani en 1961, est aujourdhui Sopexa tout court - à savoir une société privée qui travaille pour le compte de tous producteurs, français, ou non, désirant profiter de son expertise et de son réseau.

Avec, reconnaissons-le, indépendemment de son statut, quelques réussites éclatantes (rappellez-vous, les  campagnes vins de pays, par exemple).

La perte de l'article défini me rappelle celle des noms de voiture. On ne dit plus "la Mégane" mais "Mégane; on ne dit plus la C3, mais C3. Enfin, dans les publicités. Car dans la vraie vie, les gens continuent à faire ce que bon leur semble, heureusement. A accorder les noms. A ne pas dire: "On prend Mégane, ce matin"; comme s'il s'agissait d'un membre de la famille. A résister à la "novlangue", à la marketomanie, aux jargons de tous acabits.

Et pour renevenir à (la) Sopexa, même si son logo n'est plus tricolore, et ce depuis quelques années déjà, la plupart des "initiés" (ceux qui connaissent son nom) continuent à l'associer à l'agro-alimentaire français...

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00:37 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : sopexa, état, agence, promotion, vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

19 décembre 2012

Bravo Yquem!

Pas d'Yquem en 2012! La raison invoquée par Pierre Lurton, "Excellence insuffisante", a de quoi faire sourire. C'est le plus bel oxymoron de l'année.

Mais au-delà de la formule (on ne demande pas à Lurton de faire de la littérature, juste du vin), la décision est excellente. Au prix où est l'Yquem, on peut exiger l'excellence.

Et si, malgré sa taille (90 ha), malgré la variété de ses micro-terroirs, malgré les tris, malgré la compétence des vendangeurs (qui font quasiment partie de la famille), le château n'a pas réussi à produire un vin "à la hauteur", on peut se demander qui, à Sauternes, peut se targuer d'avoir fait un vrai grand sauternes. Mais tous n'ont sans doute pas la trésorerie pour sauter un millésime, même dans les grands crus

Le vin, même dans les Grands Crus, c'est aussi, c'est d'abord du commerce, non? Et puis, qui fera la différence, à Hong Kong ou à San Francisco?

La question qui me brûle la langue: qu'est-ce qu'Yquem fera du raisin? Un second vin? Ou bien le vendra-t-il à Cordier ou à Dourthe?

Histoire à suivre, donc...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |