16 octobre 2012

Europe, as-tu du coeur?

Ce matin, Jacques Berthomeau se fend d'un billet rageur mais salutaire à propos de l'arrêt des subventions européennes aux associations d'aide alimentaire, du genre des Restaurants du Coeur.

J'avoue qu'autant je comprends que l'Union n'ait pas à se substituer à un pays dans ce qu'il peut gérer lui-même (on appelle ça le principe de subsidiarité), autant je trouve indécent qu'on ne se soit pas mis d'accord pour trouver un programme de remplacement ("on" représentant la France autant que l'Europe).

Les affamés se moquent bien des points de droit; et les électeurs avalent tellement de couleuvres politiques qu'un arrangement un tant soit peu créatif serait compris de tous, pour autant que l'objectif soit juste, et il l'est.

L'Europe y gagnerait, même, elle qui souffre tellement de son image technocratique, de son éloignement du peuple.

Je ne sais pas si mon blog peut avoir un quelconque impact sur les décisionnaires - soyons réalistes, je sais que non. Mais il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, la cause est importante, la cause est juste, alors je relaye.

Si je ne le faisais pas, j'aurais l'impression d'avoir failli. Il y a une vie au delà du vin, au delà du plaisir, au delà des concepts, au delà du nombril, il y a une réalité dans nos rues, les vôtres, les miennes, qui me fait honte.

L'Europe vient de recevoir le Nobel de la Paix. C'est bien.

Veut-elle demain le Nobel de la Famine?

 

11:53 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

34 centimes le litre!

Certes, les données sont vieilles d'un an, mais à la lumière du dernier rapport Rabobank, on constate que la France est à présent le deuxième importateur mondial de vin en vrac, avec 5,2 millions d'hectos (contre 9,3 millions à l'Allemagne, et 3,8 millions à la Grande-Bretagne).

Surprenant, non, pour un pays qui n'arrive pas à écouler toute sa production, et dont la consommation par tête d"habitant n'arrête pas de baisser?

C'est une question de prix, bien sûr: le prix moyen au litre de vin importé en France est de 34 centimes d'euro. Ces importations, en 2011, provenaient principalement d'Espagne, et on ne parle évidemment pas de Mas La Plana, de Pesquera ou de Vega Sicilia, mais de vin de table (de la Mancha ou de Valence, essentiellement). Tous ces vins ne se retrouvent d'ailleurs pas tels quels dans la bouteille, on les assemble à l'occasion à d'autres pour les vendre sous la mention de "Mélange de Vins de différents Pays de l'Union Européenne", dans un certain anonymat.

Ce ne sont pas vraiment les vins qui passionnent les oenophiles, mais il existent, et gardent un public de buveur de volume surtout focalisés sur le prix.

Ce qui m'étonne le plus, c'est la faiblesse du prix à la production que suppose ce prix à l'importation.

Cela nourrit-il encore son homme, en l'occurrence, son Espagnol?

 

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |