15 janvier 2013

Lu sur le nouveau blog des 5 du vin: all these "offs" do turn us off

Jim Budd, mon excellent confrère des 5 du Vin dresse la liste ce matin des différentes manifestations qui se tiendront à Angers ou dans les environs au moment du Salon des Vins de Loire, début février. Tous ces "off" finissent par donner le tournis!

Dive Bouteille, Vins Anonymes, Renaissance des Appellations, etc... Bien sûr, chacune a ses motivations, son histoire, son originalité, sa justification; j'ai pu moi même en apprécier certaines au fil des années; mais sérieusement, si le but est de profiter d'un public qu'on imagine captif parce qu'attiré par le salon officiel, je pense que c'est pour le moins compromis, cette année.

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D'abord, on ne peut pas être au four et au moulin. Et puis, mais je ne parle là qu'au nom des journalistes spécialisés, ceux qui viennent pour le Salon des Vins de Loire auront déjà bien du mal à terminer le programme des visites qu'ils se sont concoctés sur ce salon, je les vois mal se disperser, quel que soit l'intérêt de "l'offre des offs" . Prolonger le séjour? Trouver un hébergement, pour un pauvre journaleux, à Angers, à ce moment-là, relève souvent de l'exploit, ou dépasse les moyens de sa bourse.

Il y a bien sûr le cas de quelques belles plumes encore plus spécialisées - celles qui sont d'abord intéressées par les vins biodynamiques, par exemple - mais ceux-là seraient venus à Renaissance des Appellations où qu'elle se fasse, et quelle que soit la date, je suppose...

Et en ce qui concerne les acheteurs, je pense que c'est pire...

Alors un petit conseil à tout ce Joly monde: "réfractaires de toutes obédiences, unissez-vous!"

Et trouvez une date et un lieu qui ne soit qu'à vous, pour qu'on ne vienne que pour vous...

PS. Les 5 du Vin viennent de changer d'adresse, je vous donne la nouvelle, ICI

Le vin et la justice

Aujourd'hui, j'aimerai aborder devant vous une tendance qui ne laisse pas de m'effrayer: la judiciarisation de la société. Ou pour parler plus simplement; le fait qu'on a de plus en plus recours aux juges pour trancher toutes sortes de différents, même les plus improbables.

 

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Je vous ai parlé hier de l'affaire Esterlin. Quand je vois la faiblesse des condamnations, quand je les mets en balance avec le temps d'instruction (7 ans) et avec le préjudice subi, je me dis qu'on devrait certainement trouver une autre solution pour régler ce genre de problèmes.

Toujours dans le vin, les exemples récents de la contestation devant les tribunaux du classement des crus de Saint Emilion, ou des Crus Bourgeois, sont édifiants. D'une part, les juges n'y conniassaient pas grand chose, ils ont dû s'en remettre à des experts; de l'autre, les instructions ont été l'occasion de mettre sur la place publique des querelles assez mesquines, un linge sale quon aurait mieux fait de laver en famille - il eut été sans doute plus avisé, de la part des producteurs, de se mettre d'accord entre eux.

Enfin, les procès n'ont pas réglé grand chose: le nouveau classement de Saint Emilion, qui était censé éviter toute contestation, en suivant de nouvelles règles... est pourtant contesté. Une action en justice n'est pas à exclure.

Surtout, une nouvelle tendance se superpose à la tendance de fond, qui me fait craindre le pire. On voit aujourd'hui fleurir dans les tribunaux des actions que je qualifierai d'historiques, voire de mémorielles.

On se rappelle peut-être que des Congolais ont tenté, devant plusieurs juridictions belges ou françaises, de faire interdire la publication de Tintin au Congo, pour faits de colonialisme (ou au moins, de paternalisme). Sans juger du fond, constatons toute de même que le livre est sorti dans les années 30, et que toute famille française ou belge à peu près normalement constituée en possède déjà un exemplaire...

Plus récemment, une descendante d'esclaves vient de réclamer une indemnisation au titre d'une loi qui considère l'esclavage comme un crime contre l'humanité - et ne prévoit donc plus de prescription pour ce crime. L'esclavage a beau avoir été aboli en France depuis 1848, on peut donc toujours en théorie réclamer réparation.

Quid des descendants de Spartacus ou de ceux des constructeurs des pyramides (auquel il faudrait appliquer le code du travail, je suppose)?

Et imaginez un peu qu'on puisse poursuivre aujourd'hui les fabricants de vin frelatés de 1905, ou Noé pour ivresse sur la voie publique. Heureusement qu'il ne s'agit pas encore de crimes contre l'humanité!

Déjà que la justice est bien engorgée...

00:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : justice, judiciarisation, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |