12 novembre 2012

Dans la "comm", tous les trains arrivent à l'heure ou en avance

"Harmonie et équilibre, maîtres-mots d’un millésime 2012 expressif"

Les mots ne sont pas de moi, mais d'Interrhône. Ils qualifient le millésime 2012.

Bien sûr, on peut faire la fine bouche, remarquer que chaque année, qu'il pleuve, qu'il vente, qui'l grêle ou qu'il fasse soleil, les communiqués des syndicats viticoles ressemblent toujours à des communiqués de victoire. Même les années de merde (qui semblent de plus en plus rares), on parle de millésime de vignerons, ventant les efforts de ceux qui ont réussi à tirer de raisins verts ou pourris la quintessence de leur terroir.

Soyons justes, c'est humain. Moi non plus, les jours où je suis moins inspiré, je ne vous sors pas un communiqué du genre: "Rubrique de merde, ce matin, allez plutôt voir chez Berthomeau si j'y suis".

Imaginons ce que ça donnerait pour le communiqué d'Interrhône, dans une année médiocre: "Verdeur et manque de structure, maîtres-mots d'un millésime peu expressif."

Le rédacteur de ce genre de prose ne ferait pas long feu au sein de l'interprofession. Et puis, c'est bien connu: dans la presse, les trains qui arrivent à l'heure n'intéressent personne, mais dans la communication institutionnelle, tous les trains arrivent en avance.

00:26 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : communication | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 novembre 2012

Encore un beau texte de Vincent Pousson, au-delà des modes

Vincent Pousson a su trouver les mots pour développer une idée qui me travaille depuis longtemps: la dictature des modes dans le vin.

Comme je ne ferais pas mieux, je préfère carrément le citer plutôt que de (mal) le plagier:

"Ce que je ne supporte pas, c'est qu'on me dise ce qui est in ou ce qui est out. Qu'un abruti avec un QI d'huître, une coiffure branchée et une culture vinicole proche du néant m'explique que c'est ringard de commander un frontignan** de bordeaux*** et complètement tendance de se faire photographier à côté d'une bouteille de côtes-du-jura. Ou l'inverse. Dieu qu'il faut être benêt pour avoir besoin de quelqu'un, de la mode, d'un pseudo-assentiment collectif pour savoir ce qu'on a personnellement envie de boire. En fait, dans ce cas-là, ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a "envie" de boire mais ce qu'on "doit" boire. Pour être à la page, comme une midinette, comme un marchand de fringues. Comme un zombie."

Ce texte est extrait d'un billet de son excellent blog, ICI

Et pour rassurer Vincent (quoi que je ne pense pas qu'il en ait besoin), il n'est pas le seul à se demander s'il est un vieux con. J'ai aussi la faiblesse de penser qu'il vaut mieux se tromper honnêtement que d'avoir raison avec toute la meute, qu'il vaut mieux avoir ses idées, ses coups de coeur personnels, plutôt que de se plier aux modes. Sinon, à quoi servons-nous? Pourquoi inviter dix journalistes à une dégustation si tous doivent penser et écrire la même chose - un seul suffirait...

15:45 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Espagne, Europe, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |