11 novembre 2012

Encore un beau texte de Vincent Pousson, au-delà des modes

Vincent Pousson a su trouver les mots pour développer une idée qui me travaille depuis longtemps: la dictature des modes dans le vin.

Comme je ne ferais pas mieux, je préfère carrément le citer plutôt que de (mal) le plagier:

"Ce que je ne supporte pas, c'est qu'on me dise ce qui est in ou ce qui est out. Qu'un abruti avec un QI d'huître, une coiffure branchée et une culture vinicole proche du néant m'explique que c'est ringard de commander un frontignan** de bordeaux*** et complètement tendance de se faire photographier à côté d'une bouteille de côtes-du-jura. Ou l'inverse. Dieu qu'il faut être benêt pour avoir besoin de quelqu'un, de la mode, d'un pseudo-assentiment collectif pour savoir ce qu'on a personnellement envie de boire. En fait, dans ce cas-là, ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a "envie" de boire mais ce qu'on "doit" boire. Pour être à la page, comme une midinette, comme un marchand de fringues. Comme un zombie."

Ce texte est extrait d'un billet de son excellent blog, ICI

Et pour rassurer Vincent (quoi que je ne pense pas qu'il en ait besoin), il n'est pas le seul à se demander s'il est un vieux con. J'ai aussi la faiblesse de penser qu'il vaut mieux se tromper honnêtement que d'avoir raison avec toute la meute, qu'il vaut mieux avoir ses idées, ses coups de coeur personnels, plutôt que de se plier aux modes. Sinon, à quoi servons-nous? Pourquoi inviter dix journalistes à une dégustation si tous doivent penser et écrire la même chose - un seul suffirait...

15:45 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Espagne, Europe, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

11/11/11

Le 11 novembre 1918, à Rethondes, est signé l'armistice entre l'Allemagne et les Alliés. Il doit être d'application sur le front  à 11 heures et ce pour une durée de 36 jours régulièrement renouvelée.

J'ai visité à plusieurs reprises la clairière de Rethondes - c'est en forêt de Compiègne, et ma famille est de l'Oise. Quand j'étais enfant, quelques anciens me parlaient de la liesse populaire de ce jour-là. Une joie qui se donnait libre cours après tant de jours de peur - c'est qu'en juin de la même année, les Allemands avaient avancé jusqu'à Compiègne. Mon grand oncle me racontait que quelques Uhlans étaient parvenus aux portes de Beauvais...

À la suite de cet armistice sera signé, le 28 juin 1919, le traité de Versailles. C'est peu de dire qu'il ne parviendra pas à apaiser les conflits...

IM000034.JPGDans champ de bataille, il y a champ et fleurs des champs- ici dans la Somme (Photo H. Lalau)


Dans les pays anglo-saxons, les citoyens portent des coquelicots sur le revers de leurs vestes. Le coquelicot symbolise les soldats morts au combat, car, après un combat, les champs, nus, se recouvrent de ces fleurs rouges sous l’effet de la poussière de chaux laissée par les bombardements. En France, on utilisait le bleuet car il rappelait la couleur des uniformes des soldats pendant la guerre, mais cette tradition s’est perdue.

 

IM000032.JPG

Thiepval, monument 1914-1918

Ce 11 novembre, on fête donc la victoire, la naissance de nouveaux pays d'Europe (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie...), le retour à la France de l'Alsace et de la Moselle... et la fin d'une boucherie sans précédent.

On peut dire ce qu'on veut de l'Europe politique, de son côté technocratique, mais si le traité de Rome avait pu être signé en 1927 plutôt qu'en 1957, on aurait peut-être évité la boucherie suivante.

Ce midi, je déboucherai une bonne bouteille à la mémoire de tous ces morts tombés des deux côtés.

11:57 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |