05 décembre 2012

Redécouvrir le Languedoc...

Pour fêter les 30 ans des AOC du Languedoc, l'Association des sommeliers du Languedoc Roussillon et le CIVL ont proposé à la presse et aux vignerons une sélection de cuvées (récentes ou plus anciennes). De cette sélection, j'ai tiré la mienne, que voici. Elle ne prétend ni à l'objectivité, ni à l'exhaustivité, elle a seulement pour but d'attirer l'attention sur une région qui, à mon sens, mérite beaucoup mieux que sa vieille réputation.
Et merci à mes amis Lincoln et Marc pour avoir joué pour moi les "rabatteurs"...
 
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Chapeau, Lincoln Siliakus!

Pech Redon La Clape L'Epervier 2010
Suave, fruit rouge mur, réglisse, franc, péchu, équilibré.
 
Domaine de Montclamès 2009 Terrasses du Larzac
Bien, équilibre, frais,  cuir, épicé mais bien intègre, civilisé
 
Clos Marie Pic Saint Loup 2006
Syrah, jolie trame, fin, bois fin 
 
Le Conte des Floris 2009 Villafranchien
Magnifique de soyeux, de fruit noir, de réglisse, puissance contenue. J'adore!
 

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Mas de la Séranne cuvée Antonin et Louis 2009 Larzac
Beaucoup de cuir, d'épices, poivre, menthe... et encore beaucoup de fruit noir derrière tout ça.
 
Domaine de l'Homme cuvée Habilis 2009
Très beau nez de fruit noir et rouge; rondeur et puissance en bouche, et pour finir, une certaine élégance, une vivacité insoupçonnée.
 
Domaine d'Aupilhac Montpeyroux La Boda 2010
Génial! Un nez très direct, réglisse, clou de girofle, cassis; bouche précise, avec beaucoup de punch, finale harmonieuse sur les épices.
 
Château Rouquette sur Mer Cuvée Henry Lapierre La Clape 2010
Les herbes de la garrigue le disputent aux myrtilles et aux mûres; en bouche, beaucoup de fraîcheur - menthe, zan. Très beau vin, complexe et complet.
 
Château de la Négly La Porte du Ciel La Clape 2009
Au nez, cuir, épices, cerise (syrah?); en bouche, c'est à la fois suave et fin, le bois est bien fondu. On est bien près de franchir la porte...
 
Pas de l'Escalette Le Grand Pas 2009 Terrasses du Larzac
Enorme! Du fruit noir et rouge en veux-tu en voila, de la mûre, de l'airelle; puis déboulent les herbes de la garrigue, qui vous emmnèenent tout en gaut du Pas. la bouche est ample, charnue, mais pleine de vivacité. Puissance et délicatesse se donnent la main, jusqu'à la finale. Magnifique.
 
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Mas Haut Buis 1999 Terrasses du Larzac
Poivre, camphre, moka. Évolué, mais long d'être usé; Bouche fluide, élégance; finale poivrée, assez délicate.
 
Domaine d'Aupilhac Montpeyroux Le Clos 2000
(Mourvèdre, carignan, syrah). Un vin complexe, sur le cuir, les épices, le cacao, le moka. Belle longueur en bouche. Parfait aujourd'hui.
 
Domaine des Aurelles Pézenas Aurel 2008
Nez très fin de petits fruits noirs, de cuir, de sous bois; en bouche, notes de résine de pin, épices douces, pas mal d'ampleur, finale toute en tension, sapide, presque saline. Joli vin.
 
Mas Cal de Moura Terrasses du Larzac Les Combariolles 2007
Encore très jeune; fringant; fruit noir et réglisse au nez, vif en bouche, tannins bien soyeux, fluides, aériens. Boisé bien intégré. C'est équilibré, mais pas mièvre, cependant; entre charnu et charnel...

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Autres belles cuvées: Les Vignes Oubliées 2010 (Olivier Jullien & Jean-Pierre Granier), Mas Jullien 2001, Stella Nova 2006
 
En résumé: bien sûr que le Languedoc n'est plus un océan de bibine! Ce n'est sans doute pas non plus la future Californie française, et c'est mieux ainsi. Mais elle fourmille des bons vignerons qui réinterprètent leurs terroirs comme de grands musiciens réinterprètent une belle partition. Vous croyiez connaître le Languedoc? Retournez-y d'urgence, et changez d'avis!
 

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

04 décembre 2012

Irancy vous voulez bien...

Ces jours-ci, après une semaine passée à fêter le Beaujolais sous diverses déclinaisons (le Beaujolais Nouveau a l'immense mérite de m'inciter à redécouvrir les plaisirs du Fleurie et du Brouilly), je me suis mis à taquiner le pinot noir. Après celui de Brancott - un néozélandais a l'accent Ricard - j'ai redécouvert avec plaisir celui d'Irancy.
C'est une bouteille qui me vient de chez Jean Marc Brocard. L'année dernière, j'étais allé réviser mes gammes de Chablis Grand Cru et Premier Cru - et j'étais reparti avec deux bouteilles d'Irancy.

"Attendez-le un peu", m'avait-on dit chez Brocard, et comme je ne suis pas du genre contrariant, comme garçon, j'ai attendu. Attendu que l'occasion se présente, et elle s'est présentée sous la forme de ma curiosité, d'un certain gout de l'exotisme. Pour les vignerons de la Côte d'or, un pinot de l'Yonne, c'est presque aussi exotique que celui de Marlborough.

On ne va pas refaire leur monde, il est assez borné, c'est sans doute une question de génération. Toutefois, à mesure que le marché français décline, l'exportation prend de plus en plus d'importance. Et quand on veut vendre outre-Manche, outre-Atlantique ou simplement outre-Serein, il peut être utile se savoir de quoi la concurrence est capable.

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Irancy-la-sol

Pour en revenir à mon Irancy, et bien, il était surprenant. C'était un 2010, cuvée Les Mazelots.

Pas de doute, au nez, c'est bien un pinot - charmeur, cerise noire, fraise écrasée, flatteur mais pas vil. Une petite musique de nuit sur le piano de la gourmandise, Irancy-la-sol...

En bouche, c'est plutôt vif, légèrement acidulé - la rondeur du fruit le dispute à la vivacité; les tannins sont là, mais n'assèchent pas le vin. C'est le produit idéal pour un plat légèrement gras, voire en sauce.

Moi, je l'ai assorti à un magret, le premier jour. Puis à un bon poulet basquaise. Je n'en ai pas eu de regret.

Alors, c'est sans doute le moment de redecouvrir Irancy, ce Tonnerrois jadis si prisé des Parisiens- et puis Saint Bris, pendant que vous y êtes.

Ne serait-ce que pour le rapport qualité-originalité-prix...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |