15 décembre 2012

Vente record de Cheval Blanc à Londres

Vente record chez Christies, à Londres: un lot de 12 bouteilles de Cheval Blanc 1947 a été adjugé pour 126.500 livres, soit 155.468 euros.

Soit 12.995 euros la bouteille. Ou encore, 172,7 euros le centilitre.

Ce qui fait cher la gorgée.

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Cheval Blanc, c'est du lourd (Photo Ejnot)

Les collectionneurs, les investisseurs, les spéculateurs et les revendeurs de tout acabit m'excuseront de ne pas partager leur enthousiasme, mais on me dit que dans le même temps, des malheureux grelottent sous les ponts de Paris, malgré tout le mauvais picrate qu'ils s'enfilent.

Alors un bon mouvement: améliorons leur ordinaire; que l'acheteur de ce lot en fasse cadeau aux Restos du Coeur. De toute façon, il n'avait certainement pas l'intention de le boire.

Je sais, c'est populiste, c'est vulgaire, et surtout, c'est hors de propos. Mais je n'ai pas demandé à recevoir cet indécent communiqué de victoire de Christie's, alors j'en fais ce que je veux.

Comme disait feu l'Abbé Pierre, "Y a des jours..." Oui, y a des jours où l'on a envie de piquer le Cheval Blanc.

PS. En parlant de chevaux: pour 155.000 euros, à Deauviell, on peut se payer un beau yearling. Et l'avantage, c'est que tout le monde peut l'admirer quand il court. Beauty is in the eye of the beholder.

09:46 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : idécent, bordeaux, vin, vigne, spéculation, chevaux | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Jus vert ou verjus

Connaissez-vous le verjus?

La plupart des dictionnaires évoquent une sorte de vinaigre, utilisé pour les sauces, mais les amphélographes, eux, désignent sous ce nom un cépage.

Voila qu'il revient dans l'actualité avec la découverte des scientifiques chargés d'examiner les "plus vieilles vignes de France" (sauf erreur); à savoir, celles de l'ancien collège des Jésuites de Reims.

La tradition voulait que ces vignes, qui dateraient de 1610, aient été rapportées de Palestine par des Jésuites qui y possédaient une terre. On évoquait même un cépage oriental plus ou moins disparu.

Mais la science en a décidé autrement: ces vignes sont du cépage verjus. Tout rapport avec la Palestine semble écarté.

Information prise, cette variété, à gros grains, longs et à peau épaisse, et qui donne un jus vert et acide, n'est pas utilisée pour faire du vin, mais plutôt pour des assaisonnements. Par extension, on a donné ce nom à des préparations issues de toutes sortes de raisins récoltés en sous-maturité.

Quelques proverbes et expressions un peu vieillies évoquent cette spécificité: "Aigre comme verjus".

Ou encore:  "C'est jus vert ou verjus", qui se dit de deux choses très semblables (cf. bonnet blanc ou blanc bonnet).

00:14 Écrit par Hervé Lalau dans France, Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |