24 janvier 2013

Les vins d'Aboukir

Un lecteur, sans doute titillé par de récentes chroniques consacrées ici même ou sur le site des 5 du Vin à la viticulture du Maghreb (Tunisie et Algérie, plus précisément), me demande si je peux lui donner une adresse d'importateur de blanc d'Aboukir. Hélas non.

Une petite précision liminaire: l'Aboukir en question n'est pas l'Aboukir égyptienne, mais celle d'Algérie. La ville d'Aboukir, aujourd'hui Mesra, près de Mostaganem. Sans doute nommée ainsi en mémoire de la victoire française de 1799, plutôt que de la défaille navale de 1798...

Qoui qu'il en soit, y produisait beaucoup de vin sous le régime français. On continue à en faire - beaucoup moins. Et notamment une des rares entreprises viticoles privées, la Compagnie des Grands Crus de l'Ouest, à Oran, qui produit bon an mal an quelque 80.000 hl de vin (sur un total national d'environ 400.000 hl, données 2009).

Elle diffuse même un vin qui fait directement référence à la ville d'Aboukir: Fleur d'Aboukir, un rosé. Je ne sais pas qui l'importe.

A noter que temps des Français, c'était surtout le blanc et le gris qui avaient les suffrages de la clientèle européenne.

Et pour la petite histoire, notons qu'en arabe, Mesra veut dire : "l'eau coule". C'est moins vendeur, évidemment, pour un vin, même blanc...

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 Photo: Mahbenyelles

Plus d'info/Contact: Rachid Hanamouche, Grands Crus de l'Ouest, +213 982 40 05 26

00:34 Écrit par Hervé Lalau dans Algérie, France, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

23 janvier 2013

Liberté, identité, efficacité...

L'annonce du retrait de Montlouis d'interloire, après celui de Bourgueil, mais aussi le va-et-vient de Fitou au sein de l'interpro des vins du Languedoc (sans oublier les hésitations de Chablis par rapport au BIVB) suscitent chez moi une grande perplexité.

J'ai des copains dans les deux camps - dans ceux qui veulent fédérer et ceux qui veulent le grand large.

Je suis très partagé sur cette thématique; a priori, se regrouper avec d'autres AOC en structures plus fortes est une bonne idée. Mais ces structures ont du mal à contenter tout le monde, il y a presque inévitablement du déchet.

interloire,montlouis,bourgueil

Le chenin de Montlouis n'a sans doute jamais été la grande priorité d'Interloire, qui, en blanc, avait plutôt le muscadet et le sauvignon en ligne de mire, compte tenu des enjeux commerciaux.

Je comprends l'irritation des AOC un peu particulières - elles existent parce qu'elles ont une identité, sinon, à quoi bon l'AOC? Et cette identité ne souffre pas la dilution, le flou, les compromissions

Mais d'un autre côté,les interpros régionales ont besoin de fil rouge, de projets communs.

Bien sûr que l'union fait la force, mais pour vivre sous un même toit, il faut le vouloir, pas le subir. Ne pas avoir l'impression qu'on serait mieux tout seul, que la liberté à laquelle on a librement renoncé, les attaches qu'on a acceptées ne sont pas compensées par de vrais avantages.

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Fédérez, qu'ils disaient...

Toute allusion à votre situation de couple (ou à un quelconque royaume fédéral du nord de l'Europe) serait totalement fortuite. Et déplacée.

Entre mariage et solitude, il y a bien une troisième voie, cependant: l'union libre. Créer des associations plus petites, plus lâches, plus "à la carte", des projets ad hoc - Montlouis et Bourgueil, qui ne sont pas concurrents, mais complémentaires, pourraient l'expérimenter, par exemple...

A quelques jours du Salon des Vins de Loire, où je ne vais pas cette année, pour la première fois depuis 3 éditions, j'aurai une pensée émue pour cette région que j'aime et pour ses vins si variés, qu'ils soient sous la bannière interprofessionnelle ou pas.

 

00:38 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : interloire, montlouis, bourgueil | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |