11 mars 2013

Lalau lave plus blanc (suite)

En complément du billet précédent, je me permets d'ajouter le "dialogue" suivant, à savoir, un nouveau commentaire sur le même article de Vitisphère, et ma réponse:


Cerise - Le 10 mars 2013 à 12:48:27


Florent Baumard est un excellent vinificateur et reconnu sur la planète comme une personne sympathique. Vous les journalistes , avez vous déjà été dans les vignes pour travailler non pas 2 heures dans l'année mais sur plusieurs années? Quand vous aurez fait ce travail, faites nous signe.

Hervé LALAU - Le 10 mars 2013 à 14:47:30

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Alors ça, c'est l'argument massue, Mme Cerise!

Chaque journaliste doit maintenant avoir fait tous les métiers à fond pour écrire! Me demanderez-vous d'être président de la république avant de pouvoir parler de MM Hollande ou Sarkozy? La personnalité sympathique de M. Baumard n'est pas en cause, ni ses talents de vinificateur (que Jim Budd lui reconnaît, d'ailleurs), mais le respect d'une réglementation, d'un décret, et au-delà, de l'idée que le consommateur se fait d'un grand terroir. Et pour parler de ça, a-t-on besoin de faire les vendanges avec M. Baumard? Le consommateur qui achètera le Quarts de Chaume 2012 les a-t-il faites? Non, lui croit ce qui est sur l'étiquette.

A vous entendre, nous ne serions que des fouille-merde ou des incompétents. Même si c'était vrai, méfiez-vous quand même d'un monde sans journalistes, sans contre-pouvoirs, où seuls les communiqués de presse et les dépêches officielles auraient cours...

Et j'ajoute que les vignerons qui sont censés gérer ensemble le bien commun que constitue leur appellation ne sont pas toujours très regardants sur les méthodes des leurs voisins; j'en veux pour preuve l'affaire du concassage de Gevrey-Chambertin. Voila quelque chose de très visible, tout à fait interdit par la réglementation (à tort ou à raison, là n'est pas la question) et qui a été révélée... par une journaliste, ma consoeur Florence Kennel.

Peut-être devrions-nous donner aux vignerons quelques tuyaux en matière d'investigation?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

10 mars 2013

Lalau lave plus blanc

Je m'en voudrais si, à la lecture de mes billets récents, et notamment celui consacré à l'affaire Tasted, qui semble vous avoir interpellés, vous pensiez que je joue les redresseurs de torts. Que Lalau lave plus blanc.

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Et pire, que Lalau est mu par l'envie.

C'est un fait, en termes de notoriété, je ne joue pas dans la catégorie d'Andreas Larsson, que son titre de Meilleur Sommelier du Monde a propulsé sur le devant de la scène. Ni en termes de revenus, sans doute. C'est aussi pour ça que je n'ai pas d'impresario. Mais l'argent des autres ne me regarde pas, ne change rien à ma vie.

Non, la vérité est tout autre: je me bats pour un principe. Je pratique un métier qui me plaît, mais qui a ses servitudes. Parmi celles-ci, la nécessité de ne pas mélanger les genres, le rédactionnel et la publicité. De garder son indépendance, quitte à déranger. De se baser sur des faits.

J'ai lu hier sur Vitisphère le commentaire exaspéré d'un internaute qui pense que Jim Budd, dans l'affaire qui l'oppose aux Baumard, ne mérite plus le nom de journaliste:

"jfdp - Le 09 mars 2013 à 16:52:37

Le journaliste en question ne merite pas le nom de "journaliste" sauf si on parle de 'tabloids' de Murdoch.Il a commis bien pire d'infractions contre les Baumard qu'une violation de domicile. Malheureusement, il s'agit d'une affaire bien plus complexe qu'on n'imagine et on ne peut pas vraiment comprendre ce qui se passe sans connaitre l'histoire de vin en Anjou."

On aimerait en savoir plus, nonosbtant la "complexité" de l'affaire. "jfdp" ne démontre rien.

Et je me demande quel nom Jim peut bien mériter.

Comme c'est un copain, vous penserez peut-être que je suis subjectif.

Je fais de mon mieux pour ne pas l'être, en l'occurrence. Parce que je pense que le sujet dépasse de loin nos petites personnes, à Jim, aux Baumard, à jfdp ou à moi. Je n'en fais pas une question personnelle, mais de fond.

J'ai d'ailleurs publié ICI la lettre des Baumard qui contestent ce qui leur est reproché, parce que je pense qu'ils ont le droit de s'exprimer. Même si certains de leurs arguments me choquent.

Je note en tout cas que l'intervention de Jim a permis de remettre dans l'actualité la question de la cryoextraction.

Et au-delà, celle du respect des conditions d'un millésime. Puisqu'on nous chante sur tous les tons que l'AOC est le reflet d'un terroir, mot qui englobe les conditions climatiques, je pense que les mauvaises années, celles qui ne permettent pas au terroir de bien s'exprimer, les ODG devraient tout simplement interdire l'usage de l'AOC. C'est une question de cohérence et de respect du consommateur.

Quant à moi, si mon intervention, dans l'affaire Tasted, a permis de rappeler qu'on ne doit pas vendre du rédactionnel, je n'aurai pas tout à fait perdu mon temps.

Au fait, avez-vous réfléchi à quoi ressemblerait un monde où les journalistes prendraient tout pour argent comptant, où tout aurait un prix, même le silence?

08:21 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |