14 février 2013

Et meilleure carte des vins de compagnie aérienne est...

Attention, le texte qui suit est totalement dépssé: par une erreur que je ne m'explique pas, j'ai commenté le classement... 2010! Je m'en excuse platement auprès des vainqueurs de 2013.

J'ai cependant souhaiter ne pas supprimer ce texte, car c'eut été supprimer avec lui les commentaires de ceux qui m'avaient fait remarquer mon erreur et ainsi, je trouve, faire disparaître un peu facilement toute trace de mon "forfait"...

 

Ce ne sont peut-être pas les Oscars, ni même Cannes ou la Mostra, mais pour ceux qui pensent qu'on a encore droit à du service et du vin sur les compagnies d'aviation, et qui en fournissent, le prix Business Traveller Cellars in the Sky est un des événements de l'année. Le jury est composé de dégustateurs professionnels, sous la présidence du journaliste Charles Metcalfe.

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Le grand vainqueur, cette année, est l'Australien Qantas, qui remporte le trophée dans six catégories (Best First Class White, First Class Red and First Class Sparkling, Best Business Class Cellar, Best First Class Cellar et "Consistency of Wines Across Business and First Class"). Dommage que cette compagnie n'opère pas la ligne Bruxelles-Carcassonne!

La compagnie Air New Zealand gagne également deux trophées (Business Class Red et Best-presented Wine List), All Nippon Airways deux (Most Improved First Class Cellar et Business Class Fortified/Sweet). Le plus surprenant est sans doute le beau résultat de Qatar Airways, qui rafle trois prix (Best Business Class Sparkling, Business Class Fortified/Sweet et First Class Fortified).

On notera aussi la piètre performance des compagnie européennes: un seul trophée, pour Lufthansa, celui de "Most Improved Business Class Cellar". A se demander si l'Europe a toujours la culture du vin.

Et Air France? La compagnie n'a pas participé.


16:03 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, France, Vins de tous pays | Tags : vin, avion, compagnie d'aviation, carte des vins | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

12 février 2013

Irriguer ou pas

L'irrigation, naguère impossible en France (sauf sur les toutes jeunes vignes), est à présent permise sauf là où les AOC/AOP l'interdisent. Est-ce un mal? Est-ce un bien?

Je n'ai pas un avis très tranché sur la question.

On peut évidemment se demander pourquoi les Français s'interdiraient plus longtemps une technique couramment employée ailleurs - sauf à invoquer la fameuse exception française.

Quoique... Et si c'était une question de modèle économique?

N'est-il pas étonnant de vouloir continuer à limiter les plantations au motif qu'on veut lutter contre la standardisation des vins, et de militer pour l'irrigation, qui gomme les différences climatiques, et contribue donc à cette standardisation?

Par ailleurs, j'aimerais vous raconter une petite histoire portugaise.

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Dans une région aussi sèche que l'Alentejo, l'irrigation est devenue incontournable au titre... de la rentabilité (photo H. Lalau)

Le développement de la viticulture en Alentejo, région très sèche au sud du Portugal, sur des zones qui ne produisaient jusqu'alors que du blé, s'est fait uniquement grâce à l'irrigation. Jusqu'alors, seules de petites zones propices produisaient du vin (Portalegre, Moura, Cartuxa...); aujourd'hui, grâce à l'eau, la vigne s'est disséminée dans toute la région, de Beja à Evora, et même en Algarve - simplement parce que c'est la seule forme de viticulture rentable. On peut produire du raisin sans eau dans la région. Mais peu, et pas forcément tous les ans. L'irrigation, elle, permet de garantir un rendement correct et régulier d'année en année; et toujours supérieur, en tout cas à ceux enregistrés par les petits domaines qui, jusque là, vivaient sans, une année bien, une année mal, et pratiquaient généralement la polyculture - le blé, le bétail ou le chêne liège pouvant compenser les difficultés passagères de la vigne.

De toute façon, rares étaient les domaines alentejanos qui concevaient le vin comme un article d'exportation massive avant les années 1980. En vendre à Lisbonne était déjà un bel exploit.

Aujourd'hui, la donne a changé. L'Alentejo est devenu la première région de vin au Portugal, si l'on excepte le vignoble du Porto. Une marque comme Porta da Ravessa (Coopérative de Redondo) est plus vendue au Portugal que Mateus ou Lancer's. Parallèlement, une foule de caves particulières se sont installées dans la région, qui proposent chaque année de nouvelles cuvées: Herdade dos Grous, Maladinha Nova, Cortes de Cima, etc...

Tous ces nouveaux vins ne sont pas inintéressants, tous ne sont pas indispensables non plus. On ne peut pas non plus parler - au moins pour bon nombre d'entre eux - de viticulture  de terroir - l'irrigation modifie dramatiquement les conditions naturelles, et donc le terroir, au sens propre; au point qu'elle leur permet d'acclimater des cépages du Nord du Portugal, comme la Touriga Nacional. Il y a donc deux Alentejos, un avant et un après l'irrigation.

Cette irrigation a été payée par l'Europe, un quelconque fond de développement rural. Nous, en définitive. Nous avons donc payé de nos deniers publics pour développer une viticulture à un endroit où il n'y en avait pas, pour favoriser la concurrence à des vignerons existants. Alors que l'Europe distille déjà pas mal de vins invendus. Et bien sûr, se pose le problème de l'alimentation en eau dans une région sèche.

Face à tout ça, je ne peux m'empêcher de penser que quand l'Etat (national ou européen) intervient dans une activité commerciale privée, il fait parfois de gros dégâts. J'aimerais avoir le sentiment de Jacques Berthomeau là dessus.

Par ailleurs, l'avis d'oenologues m'aiderait à pousser plus avant la réflexion. Je me rappele avoir visionné il y a quelques années un film suisse, "L'homme qui changeait l'eau en vin", consacré à un millionnaire suisse ayant décidé d'acclimater la vigne dans le désert argentin. Les vins qui sortent de ce genre de wineries en valent-ils la peine?

00:28 Écrit par Hervé Lalau dans France, Portugal | Tags : irrigation, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |