07 février 2013

Hutin dans le texte

Dominique Hutin, de France Inter, est un copain. Mais surtout, c'est un bon journaliste, qui n'a pas son pareil pour vous ciseler les mots qui font mouche.

Il vient de se faire remonter les bretelles par Pierre Guigui sur le blog de Jacques Berthomeau ICI, à propos d'une de ses chroniques dans l'émission "On va Déguster".

Il faut dire qu'elle traitait des vins bio. Dans le contexte actuel, quiconque aborde le sujet s'expose à des réactions, d'où qu'elles viennent. De la chèvre et du chou bio.

J'ai donc flairé l'embrouille. Mais qu'avait-il donc dit? Aurait-on mal entendu? N'aurait-on pas tout entendu?

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Dominique Hutin

Pour se faire une idée, rien de mieux que de publier in extenso le texte de Dominique.

Voila, c'est fait... (c'est François-Régis Gaudry qui tient le micro):

François-Régis Gaudry : Vous conseillez à nos auditeurs d’éviter de parler de vins bios pendant quelques semaines...

Oui, car à l’heure où je vous parle il n’est plus possible de risquer un clic sur la toile sans devoir redouter l’invective et l’uppercut dès lors qu’il est question de vin bio.
C’est d’abord Michel Bettane, du guide des vins «Bettane et Desseauve», et chenu totem de la critique viticole française, qui met le feu aux vignes via une diatribe dans laquelle ce fin lettré dézingue le bio à grands renforts d’alexandrins qui font rimer «vin bio» avec «vin taré» et «vignerons bio» avec «bio cons».

Le plus dur à encaisser pour ceux qui, comme moi, vénéraient le poster de Michel Bettane dans la chambre de leurs 20 ans, n’est pas de regretter le calibre du bazooka utilisé, Bien trop gros pour lui éviter les amalgames et les approximations, mais de relever que nombre des fantastiques vignerons appréciés de Bettane présentent la double coquetterie d’être présents dans son guide ET d’être engagés en viticulture bio.

Aussi s’il devait mettre ses actes en conformité avec son discours, et donc épurer son guide de tous ces bios cons, le guide Bettane Dessauve subirait une cure d’amaigrissement telle qu’il deviendrait à coup sûr aussi épais que les pages philosophie de Télé7Jours.
A moins, à moins, évidemment, qu’à force de vouloir être omniprésent, le Monsieur ne travaille trop et que ce qui s’écrit dans le guide qui porte son nom ne le soit à l’insu de son plein gré.

François-Régis Gaudry: Et il ne se trouve personne pour allumer le contrefeu ?

Oui, un convaincu de longue date des vertus des vins bio, Pierre Guigui qui, avec sa jolie casaque du guide Gault et Millau, entre dans la danse et s’insurge qu’il est un peu fort d’entarter une poignée de vignerons bio alors que dans le même temps, 60 % des vins français, parmi ceux qui ne sont pas en bio, sont, je cite : «la honte» du vignoble.
60% ! D’où sort ce chiffre? Pierre Guigui semble bien être le seul au monde à posséder la méthode pour vérifier l’invérifiable.

Devant l’énormité du truc, le garçon s’excuse, retire le mot honteux mais remet le couvert en estimant cette fois les vins indigents à 20 %, soit 3 fois moins que précédemment. Là encore, pourquoi, comment, selon quelle méthode?
Devant une telle minutie clinique, on ne saurait qu’engager Pierre Guigui à avancer ses prochains chiffres avec une précision de 2 chiffres derrière la virgule.

Enfin, c’est Perico Légasse, attiré par l’odeur du sang, et profitant de ce que Jean-Pierre Coffe est parti sucrer les fraises chez Drucker et Leader Price, se lèche les babines en se disant qu’il y a une place à prendre dans le registre de l’aboyeur populiste.

François-Régis Gaudry: Il est venu récemment nous présenter son dictionnaire impertinent de la gastronomie...

Voici sa position sur la question. Je cite: "La destinée naturelle d’une grappe de raisin étant de donner du vinaigre, considérons que le vin est l’interruption volontaire de ce processus. Il est vrai que certains producteurs acquis à la viticulture biologique et soucieux de ne pas contrarier les lois de la nature n’interrompent pas ce processus".

Et voilà, la démonstration est faite: Vin bio = vinaigre. Cette assertion gratuite de Périco Légasse n’est pas qu’une provocation dénuée de sens, c’est surtout pour quelqu’un qui se pose en impertinent, s’exposer bêtement à une rime avec incompétent.

François-Régis Gaudry: Alors, sont-ils devenus fous ?

On pourrait effectivement se poser des questions à propos de la fièvre, qui pousse ces gens à se rouler dans la boue, fut-elle bio, mais on économisera quelques pistes fumeuses en se rappelant que, d’une part, tous trois ont des positions médiatiques à cultiver, mais surtout des guides du vin à vendre.

Bref, tout laisse à penser de cette débauche d’énergie pourrait être mieux utilisée; car opposer la viticulture conventionnelle à la viticulture bio, c’est s’interroger sur des modèles de société, de santé publique.
On pourra aussi se rappeler que parmi certains des conventionnels d’aujourd’hui 
se nichent les bios de demain et qu’en la matière, il n’y a pas de révolution, mais des évolutions.
Des évolutions calquées sur le temps agricole, forcément lent et prudent, puisqu’on ne peut faire plus d’une récolte par an. Bref, n’insultons donc pas l’avenir et encore moins ceux du camp d’en face.

Dominique Hutin

13:07 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : france, bio, vin, dominique hutin | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

05 février 2013

Henry Tang Burgundy Collection at Christie's Hong Kong

Ce midi, j'ai reçu ce communiqué de Christie's Hong Kong, que je m'empresse de partager avec vous.

Pour son intérêt propre, un train sec, et aussi parce qu'il montre à quel point Christie's Hong-Kong s'intéresse à moi.

Et oui, c'est ça, la gloire! Il y en a qui pensent que la gloire, c'est d'être acclamé à Bamako, de passer Premier Grand Cru  Classé A, de vendre des maillots de foot à son nom ou d'organiser des soirées bunga-Bunga! Mais moi, je vous le dis, la vraie gloire, c'est quand Christie's Hong Kong vous met dans sa liste de contacts email.

Mais voyons le communiqué...

"This spring, embark on a vinous journey with Christie's two-day auction of wines from The Henry Tang Collection. Taking place on March 15 and 16 with an exclusive focus on Burgundy, the sale offers 810 lots and is estimated to realize in excess of HK$29 million.
 
A fine wine enthusiast and experienced collector, Henry Tang's love for wine began over 30 years ago. Besides his long career in business and politics, Tang has spent half of his life visiting vineyards all over the world and searching for ideal bottles. One of Tang's earliest and greatest loves is Burgundy, and he has traveled back to the revered region many times in the past decades. Despite the limited supply and the lasting high demand for Burgundy wines, Tang still managed to assemble a diverse Burgundy collection through his passion and persistent pursuit..."

Voila, amis collectionneurs, vous savez à peu près tout. Pour le reste, contactez Luyang Liang chez Christie's, ou mieux, passez la voir en rentrant du bureau. Je vous donne son email: ljiang@christies.com

Dites bien que vous venez de ma part.

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Un Tang peut en cacher un autre

PS. Je ne pense pas qu'il y ait de rapport entre ce Tang et le jus d'orange déshydraté de Kraft. Et j'espère bien que ses Bourgognes ne le sont pas, déshydratés...

15:52 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Chine, France, Pour rire | Tags : tang, bourgogne, collectionneurs, christie's | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |