04 mai 2013

Michel Bettane défend le classement de Saint Emilion

Petits morceaux choisis de l'article publié sur son site à ce sujet:

"Un recours contre le non-respect du règlement lié à la révision du classement est possible dans un état de droit et c’est à la justice de vérifier si ce règlement a été respecté à la lettre, conformément aux engagements pris par la commission de révision à la suite des déboires nés de la précédente révision et pour les mêmes raisons.
Une procédure contre X, c’est bien différent et bien plus grave".

"La première raison invoquée par les trois propriétés, à savoir la défense de leur patrimoine, ne tient absolument pas...".

"La meilleure manière de défendre la valeur d’un patrimoine viticole est de faire de la qualité et de la faire connaître. Des trois propriétés en question, l’une (Croque-Michotte) a soigneusement évité de présenter à la presse ses vingt derniers millésimes, ne les mettant pas en confrontation avec ses pairs du classement...".

"Enfin, la seconde cause qui porte sur le soupçon de prise illégale d’intérêt de quelques voisins plus connus (je devrais dire plus «reconnus») me semble indigne d’une communauté de vignerons civilisée. Deux des personnalités soupçonnables et, en tout cas, assez vite identifiées par les avocats et les journalistes, ne sont coupables que d’avoir donné de leur temps et de leur énergie au service de la réputation des crus de l’appellation. Cette procédure vraiment excessive va certainement décourager tous les bons viticulteurs de s’intéresser à leurs appellations et de prendre part à la gestion et à la défense de celles-ci.

Si j’étais le large sous-ensemble des crus ayant conservé leur classement ou conscients de l’avoir obtenu par leur travail, je porterai(s) plainte nominalement contre les crus cherchant à faire croire au public que ce classement est l’œuvre d’un grand complot destiné à enrichir quelques notables du secteur".

Saint Emilion1.jpg

Tout ceci, Michel Bettane a le droit de le penser et de l'écrire. On peut entendre son argumentation. Le tribunal tranchera.

J'ai moins apprécié ce petit passage vachard sur notre corporation.

"Bien entendu, des journalistes sont allés de leurs commentaires mêlant, hélas, l’allusion, la délation et l’idéologie aux faits".

Je me permets de rappeller ici que certains des critères de sélection du classement sont vraiment discutables - ce qui justifie que des journalistes en discutent.

Et il est est fait que les prix en primeurs des deux châteaux promus (dont celui de M. de Boüard) ont considérablement augmenté, dans un marché pourtant en baisse, qualité du millésime oblige.

Je ne sais pas si l'on peut parler de prise illégale d'intérêt, mais force est de constater que L'Angélus n'a pas à se plaindre. Pas même de l'investissement en temps qu'il a consenti pour la collectivité, pour reprendre les termes de Michel Bettane.

Quant au niveau qualitatif de Croque-Michotte et des deux autres plaignants, tout est affaire de goût, j'ai lu sur le site de Decanter un avis assez différent de celui de Michel Bettane: "I'd like to have relevant sources coming with a really good explanation, why Corbin Michotte was relegated from GCC, as this property is miles above in quality of all newcomers to GCC and the majority of current GCCs' (Izak Litwar).

A titre personnel, je regrette qu'on en arrive devant la justice, pour une affaire aussi futile (gros sous mis à part), et qu'on aurait dû pouvoir régler "en famille". Sauf que les nouvelles prodédures appliquées à ce classement, censé être inattaquable, ne le permettent plus guère.

Peut-être les trois contestataires n'auraient-ils pas eu déposé une plainte au pénal si leurs arguments (émis il ya déjà plusieurs mois), avaient été mieux écoutés.

Quant à la théorie du complot... ce n'est ni la faute de Bettane ni la mienne si les classements sont si mystérieux aux yeux des simples consommateurs.

Je suis contre les classements; mais s'ils doivent vraiment exister (uniquement pour des raisons commerciales, car il n'en est pas d'autre qui se justifie à mes yeux), je me demande s'il ne serait pas mieux de les établir uniquement sur des critères de prix, comme au bon vieux temps de 1855.

L'article complet de Michel Bettane peut-être consulté ICI

Suite du feuilleton demain avec les arguments de Pierre Carle (Croque-Michotte).

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |

03 mai 2013

Où sont passés les Etats Généraux de la Viticulture?

Dans son édito, Michel Rémondat (Vitisphere), se rappelle d'une promesse...

"Cette semaine, les Médias (avec un grand M) ont ressassé le bilan de la première année du quinquennat Hollande. On a rarement entendu parler d’agriculture et encore moins de viticulture. On parlait beaucoup de désillusions et de promesses non tenues…

Au début de son mandat de Ministre de l’Agriculture, Stéphane LE FOLL avait promis l’organisation d’ETATS GENERAUX pour la viticulture. Il est encore temps Monsieur le Ministre, mais il faut faire vite.

La viticulture, fleuron de notre économie (bien plus que Dailymotion !), perd de son influence économique chaque jour qui passe. La baisse des cours affecte désormais les Champagnes, les grands crus de Bordeaux, nos exportations plafonnent en volume depuis 10 ans, tandis que nos concurrents (en particulier les producteurs de l’hémisphère Sud) augmentent leur part de marché, la position des vins français faiblit encore sur les rayons des distributeurs américains (premier marché de consommation) et la Chine se prépare à jouer le premier rôle mondial.

Les symptômes annonciateurs d’une défaillance grave sont nombreux mais pas irréversibles. Ces Etats Généraux, s’ils sont sans tabou, lucides, créatifs, visionnaires, auraient pour seul objectif de remettre la France au premier rang."

17:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (17) | | | |