18 mars 2013

Quand Nicolas "explique" le bouchage à ses clients

Un lecteur, Denis Boireau, m'a fait parvenir le dernier prospectus en date de la chaîne Nicolas. On y trouve, en bas de la page 6, un encadré, L'astuce du Caviste.

Cette fois-ci, il s'agit d'un explicatif sur les différents types de bouchage, liège, synthétique et capsule à vis. "Explicatif" est un bien grand mot tant les explications sont simplistes, voire ridicules... Jugez en par vous-mêmes - il suffit de cliquer sur l'image pour l'agrandir.

bouchage,capsule à vis,nicolas

Le bouchage selon Nicolas... (et Pimprenelle?)

Faire croire à ses clients que le principal avantage de la capsule est de pouvoir déboucher facilement la bouteille quand on part en pique-nique, c'est un peu comme si votre opticien vous disait que Dieu a créé l'homme avec un nez pour soutenir des lunettes (l'analogie n'est pas de moi, mais de Voltaire, dans Candide).

Je me demande aussi pourquoi diable Paul Pontallier, au Château Margaux, fait des tests de bouchage capsule sur son Grand Vin depuis bientôt 10 millésimes; à quoi bon en effet, si le procédé est à réserver aux rosés de soif et aux déjeuners sur l'herbe...

Tout au contraire de l'"Astucieux Caviste" (qui vante ce qu'il a en stock), je pense que c'est pour les grands vins de garde que la capsule présente le plus d'intérêt; ne serait-ce que parce que lorsqu'on dépense beaucoup pour une bouteille, la déception d'un vin bouchonné est encore plus grande. Mais aussi, parce que de nombreux exemples montrent que la capsule garde ses atouts sur la durée. En Suisse, en Australie, en Nouvelle-Zélande... Ou pour rester en France, dans les VDN et les Pineau des Charentes...

Mais mon ami Luc Charlier, qui milite par l'exemple (il embouteille tous ses vins sous capsule sauf une cuvée sous bouchon de verre), vous en parlera mieux que moi:

http://coumemajou.jimdo.com/2013/03/18/l-astuce-du-cavist...

Quant à moi, je trouve dommage que Nicolas - sans doute l'opérateur français le mieux placé pour faire de la vulgarisation intelligente, en matière de vins, ne s'engage pas plus franchement dans la direction d'un bouchage moderne, même pour les grands vins. Il lui suffirait de le demander à ses fournisseurs. Cela fait des années qu'il vend ses Petites Réserves à la fois sous capsule et sous bouchon, et je serais curieux de connaître le taux de retour pour vin bouchonné des deux types de bouchage...

PS. J'ai ouvert avant-hier une bouteille de vin argentin bouchée synthétique: bouchonnée, et pas qu'un peu! Et qu'on ne me dise pas que ce n'est pas possible...

19:13 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : bouchage, capsule à vis, nicolas | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Château de France 2011

Je me fais un point d'honneur de déguster tout ce qu'on m'envoie, même si je ne publie pas tout. C'est ma manière à moi de remercier celui qui me présente son produit, de reconnaître le travail du vigneron.

Mon raisonnement est le suivant: si c'est très bon, ça mérite un coup de pouce. Si c'est très mauvais, ça mérite un coup de griffe. Si c'est ni l'un ni l'autre, je n'en parle pas.

Parfois, je traine un peu - j'ai plus de vins à déguster dans ma cave que je ne pourrais jamais en boire. Vous êtes envieux? Vous ne devriez pas. C'est pour moi une source de frustration - je finis rarement mes bouteilles, car je sais que d'autres m'attendent. Je ne me plains pas - ce serait indécent quand j'ai la chance de découvrir tellement de belles choses - c'est juste pour vous expliquer que je ne sais pas toujours où donner du tire-bouchon.

En plus, j'aime prendre mon temps pour déguster un vin, éventuellement lui donner une deuxième chance le lendemain de l'ouverture; et puis surtout, le tester sur un plat.

Parfois, cependant, la curiosité l'emporte, le dernier arrivé passe devant les autres...

photo.JPG

Ce fut le cas de ce Pessac-Léognan, le Château de France 2011, reçu lundi dernier. Mon empressement est totalement du au hasard: dans la même semaine, j'avais participé à une dégustation d'une trentaine de Sancerre blancs 2011, chez IVV. Une très belle dégustation. Alors j'ai voulu réviser mes gammes du sauvignon, avec un vin de Graves - l'autre région d'élection du sauvignon, en France. Bien sûr, on est dans une autre tradition. Un style plus travaillé, plus élevé. Bordelais, quoi! Mais cela peut avoir son charme aussi.

Ici, la dimension boisée est très perceptible, mais elle se fond bien dans la chair du vin, ou plutôt, elle fond la chair du vin.

Reste tout de même assez de fruit (agrumes, poire, très mûrs...) et de vivacité pour qu'on ne tombe pas dans la tisane. C'est vraiment du beau travail, l'occasion de découvrir une autre facette du sauvignon.
Très agréable à l'apéritif, il conviendra aussi très bien à une viande blanche, même en sauce.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : château de france, pessac-léognan | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |