02 avril 2013

Maître Journaliste

Les British et assimilés adorent mettre des sigles derrière leur nom, un peu comme les Hollandais mettent des caravanes derrière leurs grosses berlines. MA, MD, MW, OBE, et maintenant MS, pour Master Sommelier.

C'est discret, ça ne prend pas trop de place, mais ça a un petit côté "initié"; on peut jouer à déchiffrer, ça occupe pendant les voyages en train. Surtout les étrangers, qui n'ont pas été élevés dans ce sérail. Eux doivent soit chercher sur internet, soit téléphoner à la cousine bretonne qui vend des oignons à Winsor.

En tout cas, ça fait officiel. Pas d'erreur, nous avons affaire à des Maîtres.

Juste un petit point de typo: les sigles pour les bateaux, c'est devant qu'on les met: HMS Undrinkable.

Les titres de gloire, c'est derrière: Robert Boozey, MP (pour Master of Plonk).

Moi qui suis journaliste et un peu con, je me propose d'en accoler trois à mon patronyme, des lettres.

Cela donnerait quelque chose du genre:

Hervé Lalau, MJC.

(MJ, pour Maître Journaliste, bien sûr).

Ca le fait, non?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Grande-Bretagne, Pour rire | Tags : mjc, lalau, ms, mw, mbe | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

31 mars 2013

Que notre joie demeure!

Ce samedi, Catherine Verkinderen, professeur de flûte à l'Académie de Waterloo, a donné son dernier cours - j'y étais.

Elle prend sa retraite, bien méritée, après 40 ans de carrière.

Mon fils Olivier est son élève depuis 7 ans.

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Mme Catherine est une personne charmante. Elle aime son métier, elle n'a jamais compté ses heures, elle vit la musique comme une passion et elle veut la transmettre. Elle y réussit.

Mon fils n'est qu'un exemple parmi bien d'autres - elle a formé plusieurs générations de flûtistes, et si tous ne feront pas carrière dans la musique, elle leur a donné le plus beau des cadeaux: la faculté de s'émouvoir et d'émouvoir, de ressentir une musique parfois vieille de plusieurs siècles, avec comme seule "arme" une partition et un morceau de bois.

Sans oublier, au travers des ensembles musicaux, la joie de jouer ensemble, la possibilité de comprendre que le groupe vaut plus que la somme des musiciens, qu'il faut écouter l'autre.

A travers elle, j'aimerai rendre un hommage à tous ces gens qui, discrètement, rendent la vie plus belle.

Ils ne font pas souvent les gros titres; pourtant, ils sont bien plus utilies que les  bimbos siliconées, les chanteurs sans voix, les acteurs mégalo, les présentateurs vedettes, les charlatans de la politique, les requins du business, que tous ces gens qu'on nous sert en pâture dans les medias, et qui sonnent creux, ou faux, ou mal.

Et le vin, dans tout ça? Comme la musique, il réjouit le coeur de l'homme. Un joli vin, joliment partagé, peut lui aussi rendre la vie plus belle. Avec ou sans classement, avec ou sans prestige.

Le prix? Le prix ne veut rien dire.

Combien vaut un grain de raisin sain dans les Corbières?

Combien vaut une douelle de tonneau au Château Latour?

Combien vaut un an de cours de flûte?

Combien vaut une heure de télé-réalité?

J'arrêterai là. Merci à Mme Catherine et à tous ses semblables.

Et que notre joie demeure.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |