06 avril 2013

Mort de Catherine Péré-Vergé

Je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois, à Bruxelles, lors d'une présentation de presse, il y a 5 ou 6 ans.

C'était une femme dynamique - la bonne preuve, c'étaient ses investissements en Argentine, au Clos de los Siete.

Ses vins m'avaient plutôt plu, surtout ceux d'Argentine, justement. Je ne suis pas un grand fan de Le Gay.

J'apprends sa mort aujourd'hui, qui surprend un peu tout le monde, à la veille des Primeurs.

Je ne la connaissais pas assez pour en faire des tonnes. Mes condoléances, à des inconnus, ne signifieraient pas grand chose.

Rodolphe Wartel, sur Terre de Vins, vous en apprendra plus ICI.

12:29 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, France | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

Où l'on reparle du Mont Tauch

Juste quelques questions relatives à la Cave du Mont Tauch, dont je vous parlais hier, et plus globalement à la coopération.

-Comment les banques ont-elles pu financer sans sourciller les projets de développement quelque peu mégalo de cette cave, dont il s'est rapidement avéré qu'ils ne reposaient pas sur un véritable potentiel. Comment le Crédit Agricole, notamment, qu'on dit tellement en phase avec la base vigneronne, a-t-il pu consentir de telles sommes? Dans le système agricole français, banques, syndicats et coopératives agricoles ne pratiquerainet-ils pas une forme d'inceste financier?

-Que sont devenus les gestionnaires de l'époque - je parle des gestionnaires de la cave, mais aussi ceux de la banque? Quel dommage qu'ils ne soient plus là pour assumer leurs décisions! Même si c'est toujours un peu facile de critiquer après coup, ceux qui paient la casse aujourd'hui ont le droit de se le demander. Les dirigeants et les banquiers de l'époque avient-ils les compétences requises?

-Le fait, pour une coopérative, de se lancer dans le négoce, c'est à dire, de vendre des vins que ses adhérents n'ont pas produits, n'outrepasse-t-il pas sa mission, ses statuts? Même si cela se fait via une société à part. Ne faudrait-il pas, d'ailleurs, empêcher les coopérativces de se doter ainsi de bras commerciaux séparés?

-La masse salariale est-elle une variable d'ajustement  pour les coopératives aussi? Le coopérateur-patron est-il aussi "voyou" que le capitaliste, pour reprendre une rhétorique chère à MM Mélanchon et consorts?

-Il semble que la cave, accablée de dettes, a dû recourir à la vente à perte. N'est-ce pas une distorsion de concurrence?

-Dettes financières, dettes sociales? Qui va payer tout ça? Ou va-t-on simplement effacer l'ardoise?

Ne vous méprennez pas, je suis solidaire de la "base vigneronne", qui n'en peut mais, et je souhaite bonne chance aux salariés de la coopérative, en place ou licenciés, ainsi qu'aux coopérateurs.

vignerons-box.jpg

La "vigneron box" de la cave du Mont Tauch

Pour moi, c'est le vin qui compte, pas la structure juridique du producteur.

La mauvaise gestion n'est d'ailleurs pas l'apanage des seules coopératives, en France. La ccopération peut être viable, et produire bon, comme le prouvent par exemple La Chablisienne ou la Cave de Tain.

Mais l'affaire du Mont Tauch me semble illustrer un système vicié, où plus personne ne semble responsable de rien - jusqu'à ce que d'autres viennent payer l'addition, que ce soit les producteurs ou la collectivité.

 

00:59 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |