06 mai 2013

Association de la Presse du Vin

Le site de l'Association de la Presse du vin, dont j'ai l'honneur d'être un des administrateurs, a été  piraté à plusieurs reprises; au point que l'adresse presse-vins.com n'est plus opérationnelle.

Pour retrouver le contenu du site (y compris la partie réservée aux membres), il faut donc à présent se rendre sur www.afjev.com.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

05 mai 2013

Classement de Saint Emilion (suite): les arguments de Croque Michotte

Je reprends de Vitisphère ce long commentaire de Pierre Carle (Croque-Michotte), qui fait, en quelque sorte, écho au billet de Michel Bettane dont j'ai publié quelques extraits hier. Mais la réaction de M. Carle est bien plus générale, et bien argumentée, raison pour laquelle je la publie aussi.

Je rappelle au passage mon opposition personnelle aux classements, dont je persiste à croire qu'ils n'apportent pas grand chose de tangible aux consommateurs, mais contribue à une inflation démesurée des tarifs de quelques crus.

Bien entendu, si classement il y a, les procédures doivent être irréprochables, la sélection inattaquable; et c'est là où le bât blesse, car toute oeuvre humaine, tout jugement de valeur est contestable. A moins bien sûr que le classement, comme en 1855, ne se base que sur les prix des vins; mais c'est une autre histoire, une sorte d'héritage, une noblesse d'argent.

Mais je laisse la parole à M. Carle:

"Voyant des commentaires issus d'informations partielles ou fausses virer à l'aigre, je renouvelle ma cordiale invitation aux amateurs et aux journalistes à venir, ainsi que plusieurs l'ont déjà fait, visiter Croque-Michotte et lire nos dossiers.

Il pourront constater sur pièces les fautes de droit (non respect des procédures de l'INAO, choix des paramètres de classement et de leurs coefficients bien après la remise des dossiers par la candidats, non respect des délais légaux, absence de base juridique de l'arrêté de classement, etc.) et les fautes scientifiques et techniques, les plus graves, car elles tentent de remettre en cause notre terroir classé dès 1955, (lecture erronée de la carte géologique que son auteur avait interdit d'utiliser à des fins hiérarchisation des crus, négation des cinq sondages de sol que nous avions joints au dossier, pas de vérification sur le terrain, invention illégale de critères sur le nombre de parcelles, erreurs sur nos équipements, affirmation que Croque-Michotte n'a effectué «aucune démarche de gestion durable» alors que Croque-Michotte est certifié bio par Ecocert depuis 1999, élimination arbitraire de nombre de publications où Croque-Michotte est mentionné, dont Parker, etc.). Il a même été reproché à Croque-Michotte d'avoir des prix insuffisants, prix insuffisants qui conviennent très bien à nos fidèles clients, mais qui sont la conséquence directe d'un classement qui nous avait éliminé et qui a été condamné successivement par le Tribunal Administratif de Bordeaux, puis par la Cour d'Appel Administrative de Bordeaux et enfin, dernier round, par le Conseil d’État !

Comme vous le voyez, les erreurs et les fautes sont si nombreuses qu'on ne voit pas par quel tour de passe-passe le classement pourrait en réchapper. Ceci est d'autant plus regrettable que j'avais produit depuis 2001 plusieurs études relevant les défauts du classement et proposant des solutions, que j'avais demandé que soit établi un règlement intérieur de travail de la Commission de classement, règlement qui n'existe toujours pas à ce jour, que j'avais demandé que les critères de classement et leurs coefficients soient connus avant le lancement du classement.

Et surtout j'avais demandé que le classement soit défini: quel est son but?Classe-t-on des vins ou des terroirs? Ou l'ensemble des deux? Tâches qui peuvent être confiées à l'INAO.

Ou classe-t-on des beaux châteaux, des beaux chais, des prospectus, des publicités coûteuses (qu'on vous fera payer dans les bouteilles), des hôtesses, des normes sans intérêt, du marketing, auquel cas ces tâches ne rentrent pas dans les compétences de l'INAO.

Avec nos amis de La Tour du Pin-Figeac et de Corbin-Michotte, tous situés sur l'un des meilleurs terroirs de Saint-Emilion selon le livre qui accompagne la carte géologique susmentionnée et que la Commission de classement a, pour le moins, oublié de lire, nous avons été conduits à demander aux juges de la République de nous défendre via le Tribunal administratif.

Avant d'en arriver là, Croque-Michotte avait envoyé neuf lettres recommandées à l'INAO (le Maître d’œuvre), cinq lettres recommandées au Conseil des Vins de Saint-Emilion (le Maître de l'Ouvrage) et trois lettres recommandées au Ministère de l'Agriculture, organisme de tutelle de l'INAO. Nous avons reçu... zéro réponse. Le plus bizarre est que la Commission de classement avait commencé à corriger les erreurs, reconnaissant par là qu'elle était loin d'être infaillible, et qu'elle n'est pas allée au bout de son travail. Toutes nos lettres contenaient toutes les preuves nécessaires et indiquaient nos intentions de nous défendre. Silence radio. Pas de conciliation, pas d'appel, pas de débat contradictoire. Rien.

saint emilion, croque michotte, classement

Au temps où Croque-Michotte était classé...

C'est alors que, travaillant à notre défense après toutes ces attaques injustes et illégales, nous avons petit à petit découvert que la situation était bien pire que nous l'imaginions. En effet les grands chapitres, à défaut des critères détaillés, de l'arrêté de lancement du classement n'ont pas été respectés. En effet certains critères ont été «oubliés» ou mentionnés mais annulés dans le grille de classement et d'autres critères imprévus et improbables ont été ajoutés dans cette grille, dont nous avons découvert l'existence huit mois après la remise des dossiers, rappelons-le. Nous avons découvert que ces méthodes ont profité à plusieurs candidats.

Lorsque l'on examine la liste de ces candidats, leurs conseillers, les responsables à tous les niveaux de la procédure de classement depuis le Conseil des Vins de Saint-Emilion, jusqu'au Comité National de l'INAO, en passant par le Comité Régional de l'INAO, certains apparaissent plusieurs fois et certains ont pu tirer profit de procédures et de décisions auxquelles ils ont participé, ce qui est illégal dans le cadre d'organismes de service public. C'est la raison pour laquelle nous avons porté plainte contre X afin que les juges enquêtent et mettent fin aux méthodes féodales de Saint-Emilion.

A bientôt à Croque-Michotte."

00:29 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : saint emilion, croque michotte, classement | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |