09 juillet 2013

Deux Chinon de Baudry-Dutour

De Baudry-Dutour, à Chinon, je connaissais seulement le Château de la Grille, déjà évoqué ici à plusieurs reprises (et dont le retour au top se confirme - comme le loup, il sort du bois).

J'ai pu récemment déguster deux autres vins de la même maison, deux propriétés qui complètent la galaxie de leurs Chinon: Domaine du Roncée (Cuvée des Maronniers 2011) et Domaine de la Morandière (Cuvée Vieilles Vignes 2012).

Non, je galèje, il y en a un troisième, le Château de Saint-Louans, mais là, pas de chance, ma bouteille était bouchonnée.

 

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J'ai donc courageusement décidé de me limiter aux deux autres bouteilles, et de laisser l'analyse du liège pour une autre fois (et dire que Baudry-Dutour fait aussi des vins sous capsule!).

Et puisqu'on se dit tout, sur ce blog, je vais vous détailler ma méthode.

J'ai décidé de partir de zéro. Le plus proche de la situation du consommateur qui découvrirait ces deux bouteilles chez son caviste ou à la propriété. Voire chez Laurent, le jour où M. Mauss organisera un spécial Chinon. A l'aveugle, quoi!

J'ai donc fait l'impasse sur la situation des vignes, sur le micro-terroir. Tout cela est très bien décrit sur le site de Baudry-Dutour, mais je ne voulais pas que cela puisse m'influencer.

Mon idée était de rechercher les similitudes et les différences, de faire la part du terroir et celle de la patte du vinificateur au travers de la dégustation, et de la dégustation uniquement. L'exercice était délicat. Peut-être même impossible. Voire idiot.

En tour cas, j'ai échoué.

Evidemment, il y avait l'effet millésime: le 2012 m'a paru plus léger.

Par ailleurs, il y a l'effet bois - mieux fondu actuellement dans le 2011, mais ça pourrait changer.

Mais surtout, je placerai la bouteille du Domaine du Roncée dans une autre catégorie. Pour moi, c'est un peu l'archétype du beau Chinon. A la fois affriolant et sérieux, si vous voyez ce que je veux dire (je vous fais un prix sur les paradoxes).

Séduisant par son nez encore très jeune de fruits noirs et d'épices douces, par sa vivacité en attaque de bouche, et presque austère (de bois) en bouche - tannins présents mais lisses, belle ampleur. Retour du fruit (cassis, mure, reglisse en finale). Une texture veloutée avec ça et là quelques aspérités, quelques courbes girondes. Je n'ai pas dit girondines. Bref, la sensation d'avoir fait un beau voyage (saluez Du Bellay de ma part)! et de rentrer au port, dans cette douceur presque angevine de l'entre Loire et Vienne.

En comparaison, la Domaine de la Morandière 2012, pourtant plus jeune, m'a semblé plus fermé, plus plat, moins structuré aussi. Pas moyen de "rentrer" dans ce vin.

J'aurais aimé pouvoir expliquer ça par l'effet terroir, mais à la lecture des fiches, après coup, je m'aperçois que les deux domaines, contigus, ont été réunis en 1984.

Je laisse aux érudits de village le soin d'expliquer en quoi ils peuvent bien se distinguer l'un de l'autre.

Pour moi, ils se distinguent facilement: l'un me plaît, me parle, me séduit. L'autre pas. Aujourd'hui, en tout cas.

C'est ça sans doute qu'on appelle la magie du vin. Ou bien alors, c'est moi.

J'ai l'impression de n'avoir rien prouvé du tout. Mais je n'ai pas perdu mon temps: j'ai dégusté un beau vin.

Et vous savez quoi? Maintenant, je vais même le boire!

12:33 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : chinon, loire, baudry-dutour | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

08 juillet 2013

Le Saint Véran de Michel Chavet

Sixième génération de Chavet sur le domaine, Christelle et Christophe Chavet exploitent 10 hectares en appellation Saint-Véran, sur la commune de Davayé (non loin du fameux lycée agricole, pépinière de bien des talents dans cette région du Sud-Bourgogne).
Les sols sont argilo-calcaires, émaillés de cailloux orangés de type «pierre à fusil». En règle générale, les vins du cru sont ont à la fois le gras des climats déjà presque solaire, et la fraîcheur issu d’une minéralité de bon aloi.

Vous aimez le fruit? Vous aimez le rapport qualité-plaisir/prix? Le potentiel de garde? Pensez au Mâconnais...

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La Roche de Solutré

Michel Chavet & Fils Saint-Véran 2007
Vert tendre d’une profondeur luminescente, il respire la fraîcheur, la rosée du matin, celle qui accroche ses gouttelettes aux fleurs de sureau et d’aneth. Fougère, aiguilles de pin et mousse complètent le tableau bucolique. Vif en bouche, équilibré d’un gras de bon aloi, il coule sur les papilles, les aguiche de sa tension citronnée, s’assagit un peu pour proposer pâtes de noisette et d’amande. 
Charmeur, il correspond bien à ce qu’on attend des beaux blancs de Bourgogne Sud. Plus élégant que pointu, son gras plaît autant que l’ampleur de sa structure, deux facteurs qui lui donnent du volume, une bouche en rondeur, sans négliger la fraîcheur.

Chardonnay 100% (8000 pieds à l’hectare), vinification en cuve inox, élevage idem 6 mois sur ses lies fines.
Toutes les cuves font la malo. 13° d’alcool.

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Avec l'aimable concours de Marc Vanhellemont

11:07 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : saint véran, mâconnais, bourgogne, vin, chavet | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |