03 juillet 2013

Vinexpo 2013: du pour et du contre

L'édition 2013 de Vinexpo suscite des réactions mitigées.

Certains, notamment parmi nos amis anglo-saxons, estiment que les installations sont vieillissantes et l'organisation peu efficace; ils tendent à préférer ProWein, semble-t-il. Les ratés de certaines éditions passées (air conditionné défaillant, échantillons bloqués en douane, etc) ne sont toujours pas oubliés, et la France paie encore des décennies d'arrogance en termes d'accueil des étrangers.

Mais avez-vous déjà beaucoup de journalistes anglo-saxons vanter la France? Au moins publiquement - car le jour où mes amis anglais passeront leurs vacances en Rhénanie plutôt qu'en Périgord, je réviserai mon jugement.

D'un autre côté, les organisateurs de Vinexpo font état d'une affluence supérieure à celle de 2011.

Ce qui contraste avec l'impression générale, telle que rapportée par quelques amis qui avaient fait le déplacement. 

Mais plus que les chiffres, ce sont les flux d'affaires qui importent aux exposants. Et sur ce chapitre,  mes interlocuteurs semblent satisfaits.

Quoi qu'il en soit, dans les chiffres communiqués par le salon, et aimablement transmises par Sopexa, on trouve au moins deux éléments intéressants.

D'une part, la fréquentation étrangère est en hausse sensible (+13,9%).

Apparemment, l'absence des pavillons sud-africain et néo-zélandais n'a pas traumatisé les visiteurs étrangers.

D'autre part, les Chinois sont venus en masse: ils sont le premier contingent étranger avec  3.388 visiteurs. Ce qui tend à prouver que les déclinaisons asiatiques du SIAL ne dissuadent pas le Chinois de faire le déplacement de Bordeaux).

Petit cocorico belge pour finir: avec 1.132 visiteurs, la Belgique arrive en 5ème position de la fréquentation internationale, juste derrière le Royaume-Uni (1.418 visiteurs) mais devant l’Allemagne (1.073 visiteurs). Pas mal, pour un petit pays d'onze millions d'habitants!

En résumé: le French-bashing est sans doute une activité réjouissante - il m'arrive de m'y adonner (car qui aime bien châtie bien); mais trop n'en faut!

10:10 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

28 juin 2013

Vous avez dit "vin authentique"?

Vous ne jurez que par les vins "authentiques", par la "typicité", par la "fidélité au terroir".

Ou au contraire, ces notions vous donnent des boutons.

Dans les deux cas, une étude peut vous intéresser. A défaut de donner définitivement raison aux uns ou aux autres, elle pose pas mal de bonnes questions. Son titre est déjà tout un programme; "Faire la preuve de l'authenticité du patrimoine alimentaire - le cas des vins de terroirs".

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Elle met notamment en cause les procédures d'agrément: "Le test de dégustation d’agrément des vins  que demande la Commission Européenne est impossible. C’est une épreuve insupportablement « réductrice » par rapport à la procédure distribuée de jugement de la qualité. L’approche de la Commission Européenne sous-tend que le terroir soit in fine quelque chose, et non pas comme les acteurs que nous avons rencontrés un processus de production ou quelque chose en train de se faire. Elle exige de la représentativité là où elle fait irrémédiablement défaut."

L'étude est signée de Sandrine Barrey (Maître de conférences à l'Université de Toulouse) et de Geneviève Teil (Chargée de Recherche à l'INRA). Cette dernière fait pas mal parler d'elle ces derniers temps en remettant en cause le système actuel des AOC, notamment sous l'angle de l'environnement.

Le contenu de l'étude est disponible ICI

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |