02 octobre 2013

Un morceau de catho avec votre anisette?

Pierre Bergé porte un nom d'anisette. C'est bien la seule chose qui m'amuse aujourd'hui dans le personnage.

Tant que le couturier joue les pasionarios de la cause homosexuelle, je n'ai rien à dire. Il sait de quoi il parle. Je n'adhère pas forcément - sa sortie sur les ventres à louer, notamment, me débecte. Et même, avouons-le, je suis opposé à bon nombre de ses combats. Mais il est libre de sa parole; et s'il milite pour ce qu'il considère comme ses droits, qui suis-je pour le censurer?

Mais quand il ramène sa cerise à propos des jours fériés légaux, là, je dis, "Cordonnier, pas au-dessus de la chaussure". Couturier, pas au-dessus du chiffon. Homme d'affaires, pas au-dessus de ton cours de bourse.

Pierre, tu n'es pas mon berger

Pierre Bergé demande la suppression des fêtes chrétiennes en vertu de la laïcité.

Là encore, c'est son droit de le penser. Mais en vertu de quelle autorité exprime-t-il cette pensée à la tribune d'une grande radio, urbi et zarbi. Qui représente-t-il?

L'Amicale des anciens directeurs de l'opéra Bastille et de la Haute Couture réunis serait-elle devenue le cénacle où se décide le rythme de vie des Français et leur pratique religieuse?

L'ex-compagnon de croute de Bernard Buffet et d'Yves Saint Laurent se prendrait-il pour le berger de nos âmes égarées? Ou bien est-ce sa participation dans le capital du Monde qui lui vaut de figurer parmi les polémistes de RTL? Et ne nous faire profiter, à nous qui ne lui avons rien demandé, des avis éclairants de la lampe Bergé?

J'aimerai aussi savoir si M. Bergé compte exiger du gouvernement du Maroc - pays où il possède une maison et des habitudes - le même engagement. En l'espèce, la suppression des jours fériés musulmans.

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Tant va la cruche à l'eau...

Je subodore que M. Bergé n'aime pas trop l'Eglise catholique. Je le suspecte même de bouffer du catho, à l'occasion. D'ailleurs, peu ou prou, tous ceux qui n'adhèrent pas à sa cause sont les victimes de son appétit féroce.

Mais je pense que M. Bergé prend ses désirs pour des réalités, ses engagements pour des obligations, sa spécificité pour une généralité.

En vertu de quoi je demande - non, j'exige - d'être reçu sur RTL pour dire le contraire de ce qu'il a dit, moi qui n'ai aucun avis autorisé sur la question - mais pas moins que lui.

Vous me direz - et vous aurez raison - que ce genre de billet n'a rien à faire sur un blog de vin.

Ben oui, justement, c'est comme quand M. Bergé s'exprime sur la laïcité et les fêtes catholiques.

Alors moi, faute de micro et de participation dans le capital d'un groupe de medias, j'utilise ce tout petit espace de liberté. Catholique de tradition familiale (mais pas trop sectaire, je crois), je n'ai pas envie de me laisser bouffer.

Comme disait le grand Jacques: "Et si mes frères se taisent, et bien tant pis pour elles". Mais combien de temps  encore pourra-t-on mettre ce genre de choses dans une chanson?

08:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : pierre bergé, fêtes catholiques | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Étienne Daulny Sancerre rouge 1999

Comme d'habitude, avant d'ouvrir un rouge de cet âge, j'ai un peu d'appréhension. Mais mon bras ne tremble pas. Ce qui n'empêche pas le bouchon de faire des siennes.
Après trois essais infructueux, il finit en charpie. Même pas grave, je verse le vin dans une carafe, au travers d'une petite passoire. Cette petite intro juste pour dire que ça partait mal.
Mais c'est la suite qui importe.

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Encore une bonne raison d'aimer les capsules à vis...


Certes, ce pinot noir n'a pas une couleur d'encre, mais il n'est pas tuilé non plus. Ce qui se confirme au nez: il y a de la vie dans ce vin, il y a de la cerise à l'alcool; et puis un peu de moka - sans doute la marque d'un élevage en fut. Mais bien ménagé. La bouche n'est pas énorme, mais bien agencée entre une acidité correcte, pas mordante du tout, et la rondeur des tannins; on termine le périple sur de la truffe et sur des épices douces.
Etienne Daulny, qui gère le domaine familial de Verdigny depuis 1972, était déjà aux manettes pour ce 1999 qui, à Sancerre, n'a pas laissé un souvenir impérissable, notamment en rouge. Une couleur, qui, à l'époque encore, était souvent considérée comme un complément de gamme.
Quatorze ans plus tard, force est de réexaminer la chose à la lumière de ce vin qui a plus que de beaux restes...

Que faut-il penser des classements de millésimes? J'y reviendrai.

 

 

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |