26 juillet 2013

Quand Wagner composait au Champagne...

Quel peut bien être le rapport entre Richard Wagner et Moët & Chandon?

L’Hôtel Chandon, bien sûr!

C’est dans cette belle demeure d’Epernay, en effet, que le musicien saxon a composé une bonne partie de son opéra Tristan & Ysolde, en février 1858.

La genèse de Tristan & Isolde

Exilé de Saxe pour raisons politiques (c’est un anarchiste convaincu), et fraîchement séparé de sa femme Minna, Wagner séjourne alors en France. Et plus particulièrement à Epernay, où il a un ami: le peintre Kientz, qui réalisait alors le portrait de la famille Chandon. C’est ainsi qu’il fait la connaissance des grands négociants champenois.

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Paul Chandon, le maître des lieux, est organiste à ses heures et grand admirateur des oeuvres de Wagner. Il prête volontiers son orgue au compositeur, qui, lorsqu’il ne travaille pas, visite les caves de Moët & Chandon.  Son séjour à Epernay est des plus agréables, et même, productif - rappelons aux rappeurs que Tristan & Isolde est un des plus grands opéras du répertoire. C’est en Champagne que Wagner l’achève.

Wagner, reconnaissant, offre à Chandon des places pour la première de Tannhaüser à Paris. Echange de bons procédés, le Champenois fait livrer à la loge de Wagner une caisse de sa cuvée «Fleur de Sillery».


Le Champagne, boisson consolatrice

L’oeuvre déroute le public parisien, cependant. Et loin de fêter le triomphe espéré, les bouteilles de Chandon servent plutôt de consolation à l’auteur. Sa réaction n’est pas sans rappeler celle de Napoléon, qui disait «Je ne peux vivre sans champagne, en cas de victoire, je le mérite; en cas de défaite, j'en ai besoin».

Wagner garde cependant un souvenir ému de cette «consolation effervescente», et continuera de commander régulièrement les grandes cuvées d’un Champagne qu’il qualifie de généreux…

C’est qu’après Tristan & Isolde, il lui reste encore toute la Tétralogie à écrire. Ca donne soif...

Hervé LALAU

(Avec l'aimable autorisation d'In Vino Veritas)

 PS. A l’occasion, réécoutez un peu la Chevauchée des Walkyries (oui, bande de Béotiens, la scène avec les hélicos, dans Apocalypse Now); on distingue très bien l’élégance des bulles de Champagnes qui éclatent...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Champagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

24 juillet 2013

Un beau Côte Rôtie, ça se mérite!

Dans la liste des Côte Rôtie dégustés chez In Vino Veritas au début du mois, il y en a un que j'ai ramené chez moi.

Parce que je l'avais aimé en bouche, certes, mais que son nez, plutôt qu'un cap, que dis-je, une péninsule... m'avait paru plutôt discret.

En la matière, de deux choses l'une, ça passe ou ça casse. Ou bien le vin se révèle après quelques moments d'aération, ou bien il s'applatit.

Si je vous en parle, vous vous doutez bien que c'est parce qu'il fait partie de la première catégorie.

Mais je ne vous l'ai pas encore officiellement présenté, comme disent nos amis british.

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Il s'agit du 2010 de Jean Michel Gerin, Cuvée "La Viallière". Un lieu de dit d'1,75ha replanté en 2003, dont ce 2010 est le deuxième millésime commercialisé.

Côté côte, si va me passez l'expression, Gerin est servi - entre 40 et 60%. C'est bien pour l'ensoleillement et la maturité des syrahs. C'est moins bien pour les travaux à la vigne.

Mais revenons à la dégustation. Une fois chez moi, le vin s'était bien ouvert - cerise mûre, groseille, gariguette, une petite note fumée aussi qui fait la jonction avec la bouche. Celle-ci est ample, épicée. Le bois est présent, mais pas proéminent - il s'agit de bois neuf, mais de demi-muids, dont on sait d'expérience qu'ils marquent un peu moins le vin que les petites barriques. L'ensemble séduit par son fruité, et par un côté aérien.

Pour les pros: vendange égrappée, 4 semaines de macération.

Pour les autres: grand vin de plaisir (une fois bien aéré).

00:42 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : côte rôtie, rhône, gerin | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |