18 août 2013

Le Négociant Mystère

J'ai dégusté voici quelques jours un Pouilly-Fuissé "La Combe" assez plaisant. Aromatique (pomme, acacia...), bien gras, assez vif, sans peur ni reproches. J'avais envie de vous en parler. Bien sûr, j'aurais voulu en savoir un peu plus sur son élaborateur, le Négociant-Eleveur Philippe de Bois d'Arnault.

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Photo H. Lalau

Il s'avère qu'il est totalement inconnu au bataillon.

Malgré une bonne demie-heure de recherches, je n'ai trouvé ni son adresse ni son numéro de téléphone.

Il ne figure même pas dans la liste des négociants bourguignons dressée par le Comité Interprofessionnel des Vins de Bourgogne sur son site

Et à part Béjot, je n'en connais aucun d'important à Meursault.

A quoi peut bien rimer une telle discrétion?

Si j'en crois la fée internet, certains de ses vins (Mercurey, Bourgogne...) sont diffusés chez Lidl.

Serait-ce encore une marque de distributeur, un pavillon de complaisance adopté par le producteur pour éviter qu'on sache qu'il se commet avec le hard discount?

Au delà de mon cas, le consommateur n'a-t-il pas le droit de connaître les coordonnées exactes du producteur? Ne serait-ce qu'en cas de problème?

Que dit la réglementation?

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne, France | Tags : bois d'arnaut | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

17 août 2013

Irrigation en AOC: la fausse bonne idée

La Commission nationale "irrigation" a rendu ses conclusions au Comité national des AOC viticoles de l'INAO.

D'après l'INAO, "Ces propositions ont été formulées dans le respect de la réglementation générale sur l’eau et sur l’environnement. Les travaux menés par la commission visent à placer l’irrigation comme un des outils d’adaptation au dérèglement climatique, permettant de limiter l’excès de stress hydrique.
Le recours à l’irrigation entraînera un contrôle renforcé des parcelles irriguées et des techniques d’irrigation.
L’objectif est d’assurer une pratique maîtrisée de l’irrigation, à visée qualitative, respectueuse de l’environnement et des ressources en eau, et réalisée en toute transparence".


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Quelle charge sur ces vignes "qualitativement irriguées"?

J'ai du mal à comprendre ce langage alambiqué.

L'Appellation pérennise un terroir, et dans ce mot de terroir, à ma connaissance, on englobe non seulement les sols et les méthodes de travail, mais aussi le climat. Parler de dérèglement climatique et vouloir le corriger me semble aller tout à fait à l'encontre de ce que l'INAO prétend défendre.

Pour moi, une libéralisation de l'irrigation présente deux grands risques:

-la fin de l'"effet terroir" (j'ai pu le constater au Sud du Portugal, notamment).Parler d'"irrigation à visée qualitative" défie le sens commun. Le stress hydrique est une donnée naturelle.

-une augmentation des rendements. A l'heure où consommation baisse, il s'agit là d'une belle hérésie.

Alors qu'aujourd'hui, les Corbières et le Roussillon peinent à dépasser les 30 hl/hal, certaines zones irriguées du Sud de l'Europe dépassent allègrement les 80 hl/ha - en appellation. Est-ce là le modèle qu'on propose à nos AOC? En admettant même l'on respecte les plafonds des cahiers de charges, en éliminant des raisins ou en les déclassant, ceux acceptés par des AOC irriguées auront tout de même été "shootés" à l'eau.

L'INAO serait mieux inspiré, au contraire, de réguler plus sévèrement la production des AOC, de diminuer leur nombre et le volume de vin qui bénéficie de cette mention. Elle oeuvrerait alors vraiment en faveur de la qualité, de la protection du patrimoine viticole et des consommateurs. Mais sans doute faudrait-il pour cela changer la composition de ses commissions.

00:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |