10 juillet 2013

Pesticides et Perturbateurs Endocriniens: Générations futures ramène sa fraise

Des test réalisés sur les fraises commercialisées en France révelent la présence de Perturbateurs endocriniens et de résidus de pesticides interdits en Europe.

L'associations Générations futures tire la sonnette d'alarme.

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Enquêtes EXPPERT

Au travers des enquêtes EXPPERT (pour EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens, Générations futures tente de mieux cerner les risques.

Parce que les fœtus et les jeunes enfants sont des populations particulièrement vulnérables aux dangers des PE, même à faible dose, l'association a décidé d'analyser un fruit communément consommé par les femmes enceintes ou les jeunes enfants: la fraise. Les résidus de pesticides ont donc été recherchés dans les fraises vendues en France (en provenance de France et d’Espagne). Résultats:  sur 49 échantillons analysés, 91,83% contenaient un ou des résidus de pesticides et au total, 71,42% des échantillons contenaient des pesticides PE ! (35/49)

65,38% des échantillons de provenance française ont au moins un résidu de pesticide PE (17 /26)
78,26% des échantillons de provenance espagnole ont au moins un résidu de pesticide PE (18 /23)

De même, les tests ont mis en évidence 37 molécules différentes dont 8 Perturbateurs endocriniens différents (chlorpyriphos-ethyl, endosulfan, flutriafol, iprodione, myclobutanil, penconazole, pirimicarb, triadimenol).
A noter que le taux de présence de résidus de la quasi totalité des molécules trouvées était conforme à la norme.

Un seul dépassement de Limite Maximale en Résidu a été repéré (pour l’acrinathrine), soit un taux de non conformité de 2,04%.

Des produits interdits

Ces analyses ont également révélé la présence de résidus de pesticides interdits ou interdits d’usage sur la fraise dans les pays de production (France ou Espagne).

- 2 échantillons français sur 26 (soit 7,69%) contenaient de l’endosulfan, un insecticide organochloré interdit en Europe depuis 2005 et inscrit sur la liste des Polluants Organiques Persistants devant être éliminés au niveau mondial dans le cadre de la convention de Stockholm, convention mise en œuvre sous l’égide de l’ONU.
- 2 échantillons espagnols sur 23 (soit 8,69%) contenaient du carbosulfan, un insecticide interdit en Europe depuis 2007.

Pesticides d’usage interdit sur la fraise

- 3 autres échantillons français sur 26 (11,53%) contenaient des substances actives (SA) autorisées en France mais pas sur la fraise: 2 contenant de la flonicamide et un l’acétamipride.
- 2 autres échantillons espagnols sur 23 (8.69%) contenaient des SA autorisées en Espagne mais non autorisées sur la fraise: un contenant du spirotetramat et l’autre du dimetomorphe.

«Nous alertons nos dirigeants sur la nécessité de prendre des mesures immédiates et fortes pour réduire l’exposition des populations aux pesticides PE et d’adopter une stratégie nationale sur les PE ambitieuse» déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

«De plus, la présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la fraise dans plus de 18% des échantillons testés est proprement inacceptable. Là encore, nous attendons une action forte du Gouvernement qui doit faire rapidement cesser cette situation, sur cette culture et sur toutes les autres.» ajoute t’il.

Au titre de citoyen, je m'étonne que des associations comme Générations futures doivent se substituer aux agences de sécurité sanitaires pour effectuer de genre d'analyses et pour en diffuser les résultats; mais si ces analyses sont bel et bien pratiquées par ces agences publiques (quitte à ce qu'elles restent condidentielles), je m'étonne qu'elles ne permettent pas d'éliminer des circuits de commercialisation les produits contenant des résidus de pesticides interdits.

Je pense aussi aux producteurs exposés aux pesticides interdits - de tristes affaires du même genre dans la viticulture m'incitent à penser que non, décidement, il n'y a pas que le résultat qui compte, la belle fraise bien grosse, le beau raisin bien mûr. Qui voudrait boire un vin dont la production aurait rendu malade son producteur?

Plus d'info ICI

11:24 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France | Tags : pesticides, fraise | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

09 juillet 2013

Deux Chinon de Baudry-Dutour

De Baudry-Dutour, à Chinon, je connaissais seulement le Château de la Grille, déjà évoqué ici à plusieurs reprises (et dont le retour au top se confirme - comme le loup, il sort du bois).

J'ai pu récemment déguster deux autres vins de la même maison, deux propriétés qui complètent la galaxie de leurs Chinon: Domaine du Roncée (Cuvée des Maronniers 2011) et Domaine de la Morandière (Cuvée Vieilles Vignes 2012).

Non, je galèje, il y en a un troisième, le Château de Saint-Louans, mais là, pas de chance, ma bouteille était bouchonnée.

 

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J'ai donc courageusement décidé de me limiter aux deux autres bouteilles, et de laisser l'analyse du liège pour une autre fois (et dire que Baudry-Dutour fait aussi des vins sous capsule!).

Et puisqu'on se dit tout, sur ce blog, je vais vous détailler ma méthode.

J'ai décidé de partir de zéro. Le plus proche de la situation du consommateur qui découvrirait ces deux bouteilles chez son caviste ou à la propriété. Voire chez Laurent, le jour où M. Mauss organisera un spécial Chinon. A l'aveugle, quoi!

J'ai donc fait l'impasse sur la situation des vignes, sur le micro-terroir. Tout cela est très bien décrit sur le site de Baudry-Dutour, mais je ne voulais pas que cela puisse m'influencer.

Mon idée était de rechercher les similitudes et les différences, de faire la part du terroir et celle de la patte du vinificateur au travers de la dégustation, et de la dégustation uniquement. L'exercice était délicat. Peut-être même impossible. Voire idiot.

En tour cas, j'ai échoué.

Evidemment, il y avait l'effet millésime: le 2012 m'a paru plus léger.

Par ailleurs, il y a l'effet bois - mieux fondu actuellement dans le 2011, mais ça pourrait changer.

Mais surtout, je placerai la bouteille du Domaine du Roncée dans une autre catégorie. Pour moi, c'est un peu l'archétype du beau Chinon. A la fois affriolant et sérieux, si vous voyez ce que je veux dire (je vous fais un prix sur les paradoxes).

Séduisant par son nez encore très jeune de fruits noirs et d'épices douces, par sa vivacité en attaque de bouche, et presque austère (de bois) en bouche - tannins présents mais lisses, belle ampleur. Retour du fruit (cassis, mure, reglisse en finale). Une texture veloutée avec ça et là quelques aspérités, quelques courbes girondes. Je n'ai pas dit girondines. Bref, la sensation d'avoir fait un beau voyage (saluez Du Bellay de ma part)! et de rentrer au port, dans cette douceur presque angevine de l'entre Loire et Vienne.

En comparaison, la Domaine de la Morandière 2012, pourtant plus jeune, m'a semblé plus fermé, plus plat, moins structuré aussi. Pas moyen de "rentrer" dans ce vin.

J'aurais aimé pouvoir expliquer ça par l'effet terroir, mais à la lecture des fiches, après coup, je m'aperçois que les deux domaines, contigus, ont été réunis en 1984.

Je laisse aux érudits de village le soin d'expliquer en quoi ils peuvent bien se distinguer l'un de l'autre.

Pour moi, ils se distinguent facilement: l'un me plaît, me parle, me séduit. L'autre pas. Aujourd'hui, en tout cas.

C'est ça sans doute qu'on appelle la magie du vin. Ou bien alors, c'est moi.

J'ai l'impression de n'avoir rien prouvé du tout. Mais je n'ai pas perdu mon temps: j'ai dégusté un beau vin.

Et vous savez quoi? Maintenant, je vais même le boire!

12:33 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : chinon, loire, baudry-dutour | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |