13 septembre 2013

Naissance de France Vin Bio

La Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique devient "France Vin Bio"; son objectif: représenter la filière française du vin biologique dans son intégralité, de la production à la commercialisation.

Pour France Vin Bio, "La viticulture bio française connaît une très forte progression de ses surfaces depuis l’année 2008. Prenant conscience des enjeux environnementaux ou / et économiques, dans un contexte de crise de la viticulture conventionnelle, de plus en plus de vignerons se sont convertis à l’agriculture biologique dans toutes les régions viticoles (voir figures 1 et 2). Ce phénomène inédit fait apparaître de nouveaux enjeux, inconnus jusqu’alors.

En premier lieu, l’arrivée sur le marché des caves coopératives génère des volumes à même de répondre à certains marchés (grande distribution, export), sur lesquels les vignerons indépendants ne pouvaient se positionner seuls. Cependant, cette offre doit aussi être structurée de manière intelligente, pour permettre aux vignerons apporteurs de se maintenir en bio à des prix justes et rémunérateurs.

La conversion récente de vignerons vraqueurs présente les mêmes avantages, mais pose aussi les mêmes questions.
Sur le plan de la commercialisation, quelques sociétés de négoce spécialisées dans les vins bio existaient depuis longtemps (Biovidis en Val de Loire, Raymond VFI en Bordelais, Terroirs Vivants ou Vignobles Gilles Louvet en Languedoc, etc.). Elles ont récemment été rejointes par d’autres opérateurs conventionnels face auxquels maintenir un niveau de prix suffisant pour assurer la pérennité des exploitations est un enjeu majeur."

Cette nouvelle fédération est structurée autour des associations interprofessionnelles suivantes :

- AIVAB-C (Association Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique de

Champagne)

-AIVB-VL (Association Interprofessionnelle des Vins Biologiques du Val de Loire)

-Arbio Aquitaine (Association Interprofessionnelle Bio d’Aquitaine, au sein de laquelle les viticulteurs sont représentés par le Syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine)
-Sudvinbio (Association Interprofessionnelle des Vins Biologiques du Languedoc-Roussillon)
 
Elle rassemble caves particulières, coopératives et négociants; et représente environ la moitié des entreprises de la filière. L’adhésion à chacune des structures se fait sur la base du volontariat.
 
Composition du bureau de France Vin Bio:
 
Président : Richard Doughty (vigneron, Château Richard (24), vice-président du S.V.B.A.)
Vice-Président : Jacques Frelin (négociant, Maison des Terroirs Vivants (34), vice-président de Sudvinbio)
Trésorier : Jacques Carroget (vigneron, Domaine de la Paonnerie (44), président de l’A.I.V.B.-V.L.)
Secrétaire : Patrick Guiraud (vigneron, Domaines Guiraud (30), président de Sudvinbio.
 
Plus d'info: cendrine.vimont@sudvinbio.com

12:35 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Chaptaliser, non, enrichir, oui!

Mes amis de Vitisphère précisent ce matin que "Le préfet de région a signé les arrêtés préfectoraux concernant les demandes d’enrichissement déposés par plusieurs IGP du Languedoc-Roussillon. Comme pour les VSIG, seul l’enrichissement par moûts concentrés (MC) et moûts concentrés rectifiés (MCR) est autorisé cette année. Le préfet a tenu compte des avis de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF, qui allaient tous dans le même sens. Les demandes d’autorisation de chaptalisation qui avaient été déposées conjointement par les fédérations IGP du Gard, de l’Hérault et de l’Aude ont donc été rejetées."

Je trouve qu'on joue sur les mots.

C'est un peu comme "Flirter, ce n'est pas tromper".

Ajouter du moût concentré, c'est une autre forme de chaptalisation, d'enrichissement. Et qui devrait être tout à fait inutile au Sud de la Loire. De même que l'osmose inverse et la cryoextraction.

Que cherche-t-on en enrichissant le moût? A obtenir plus d'alcool encore, alors que c'est déjà un problème?

Ou bien, à pouvoir récolter plus tôt, pour produire plus et à moindre coût? Ne produit-on pas trop, déjà, dans le contexte actuel de baisse de la consommation? Demanderez-vous ensuite qu'on distille l'excédent?

Cette dérogation préfectorale devrait appartenir au passé.

1907_Vigne_vs_Sucre.jpg

"Le Vin Naturel du Sud triomphe du Sucre du Nord" (1907)

 

Je parle comme consommateur, évidemment. Quitte à déplaire à mes amis producteurs. Mais qui aime bien châtie bien.

Au fait, n'est-ce pas dans ce beau Languedoc, en 1907, que des viticulteurs se sont révoltés pour qu'on puisse interdire tous les vins "falsifiés", "gonflés", "édulcorés", les vins "chimiques", et qu'on en revienne au vin "naturel"?

Honneur à Marcelin Albert!

Pourquoi, 100 ans plus tard, ne pas faire votre vin avec les raisins que la vigne vous donne?

Vous me trouvez simpliste? Pas plus que le consommateur lambda, qui ne connaît rien de votre tambouille. Lui prend pour argent comptant les jolis slogans du terroir français, et gobe vos communiqués de victoire sur la qualité du millésime.

Mais au fait, si l'on rectifie le millésime, est-ce toujours le millésime?

08:55 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |