05 décembre 2013

Pas de retraite pour M. Abstinence

Nous l'avons connu au poste de Directeur de La Santé, où sa politique en matière d'alcool, d'une simplicité biblique, consistait à prôner l'abstinence.

Chirurgien de formation (spécialiste du foie), le Docteur Didier Houssin était depuis passé à la présidence de l'Agence d'évaluation de la Recherche et de l'enseignement Supérieur.

Nous pensions qu'à 64 ans, il goûterait à une retraite d'autant plus tranquille qu'abstinente. Nous avions tort: incapable de se passer de ses compétences (qu'on aura pu voir à l'épreuve lors de la crise de la grippe aviaire), le Président de la République vient de le nommer à une autre présidence, celle du Conseil d'administration de l'Agence nationale de la Sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Espérons que tout ça tiendra sûr sa carte de visite!

Tiens, il paraît que l'Anses est en pointe dans le domaine de la lutte contre les boissons énergisantes. Un nouveau combat pour le bon Docteur? Va-t-il exiger qu'on se vaccine?

10:09 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 décembre 2013

A lire avec modération

Il est temps que je vous confesse ici une tendance assez curieuse pour un amoureux du vin: je n'aime pas l'ébriété. Ni chez moi, ni chez les autres.

Bien sûr, au cinéma, elle me fait rire - je pense à la fameuse scène de la cuisine, dans les Tontons Flingueurs, ou encore à Belmondo toréant les voitures dans Un Singe en Hiver. J'en profite pour saluer ici Georges Lautner.

modération, ébriété

La gaîté, oui, la saoulerie, non!

Mais dans la vraie vie - et je l'ai encore constaté il y a peu en Italie - les saoulards sont au mieux agaçants, au pire répugnants, et toujours quelque peu pathétiques.
Je ne parle pas des gais - au sens premier de ceux qui ont le vin joyeux, au moins dans les premiers temps, de ceux qui savent doser leur consommation. Ceux-là ont juste l'œil qui brille, un peu de logorrhée et une tendance à refaire le monde qui n'a jamais fait de mal à personne.
Je parle de ceux qui ont vraiment dépassé la dose. Et là, au risque de vous choquer, peu importe la dose de quoi. On peut se mettre schlass au Ricard ou au Label 5 (ça va vite et c'est pas cher), mais aussi à L'Angelus (même que ça vous fait sonner la cloche) ou au Sénéclauze. La biture n'est pas sectaire. Gros rouge, petit jaune ou grand cru, il n'y a que l'effet sur le portefeuille qui change, en définitive.

Torchés façon snob ou façon prolo, j'ai horreur de voir des gens qui ne savent plus ce qu'ils font ni ce qu'ils disent. Qui marchent de travers et parlent de travers; qui éructent et qui postillonnent; qui mélangent les lettres - sans compter leur voix plus pâteuse qu'un arrope de Xedro Pimenez.

Je me rappelle d'un soir, lors d'un grand événement dans le vignoble, où un collègue ne pouvait plus descendre un escalier; et d'un autre, en voyage de presse, où le même vociférait des insultes à l'attention de son entourage - moi compris. J'avais honte pour lui.

Bien sûr, chacun est libre de se torcher à sa guise - je ne suis ni la police ni le Père La Vertu, mais je trouve qu'en public, au moins, il faut toujours savoir garder sa dignité.
Qu'est ce vous voulez, je suis de la vieille école!

Alors la modération, oui, je suis pour, la responsabilité aussi.

 

PS. Et dire que notre M. Le Foll ne sait plus où il a mis le Conseil de Modération et de Prévention...