17 août 2013

Irrigation en AOC: la fausse bonne idée

La Commission nationale "irrigation" a rendu ses conclusions au Comité national des AOC viticoles de l'INAO.

D'après l'INAO, "Ces propositions ont été formulées dans le respect de la réglementation générale sur l’eau et sur l’environnement. Les travaux menés par la commission visent à placer l’irrigation comme un des outils d’adaptation au dérèglement climatique, permettant de limiter l’excès de stress hydrique.
Le recours à l’irrigation entraînera un contrôle renforcé des parcelles irriguées et des techniques d’irrigation.
L’objectif est d’assurer une pratique maîtrisée de l’irrigation, à visée qualitative, respectueuse de l’environnement et des ressources en eau, et réalisée en toute transparence".


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Quelle charge sur ces vignes "qualitativement irriguées"?

J'ai du mal à comprendre ce langage alambiqué.

L'Appellation pérennise un terroir, et dans ce mot de terroir, à ma connaissance, on englobe non seulement les sols et les méthodes de travail, mais aussi le climat. Parler de dérèglement climatique et vouloir le corriger me semble aller tout à fait à l'encontre de ce que l'INAO prétend défendre.

Pour moi, une libéralisation de l'irrigation présente deux grands risques:

-la fin de l'"effet terroir" (j'ai pu le constater au Sud du Portugal, notamment).Parler d'"irrigation à visée qualitative" défie le sens commun. Le stress hydrique est une donnée naturelle.

-une augmentation des rendements. A l'heure où consommation baisse, il s'agit là d'une belle hérésie.

Alors qu'aujourd'hui, les Corbières et le Roussillon peinent à dépasser les 30 hl/hal, certaines zones irriguées du Sud de l'Europe dépassent allègrement les 80 hl/ha - en appellation. Est-ce là le modèle qu'on propose à nos AOC? En admettant même l'on respecte les plafonds des cahiers de charges, en éliminant des raisins ou en les déclassant, ceux acceptés par des AOC irriguées auront tout de même été "shootés" à l'eau.

L'INAO serait mieux inspiré, au contraire, de réguler plus sévèrement la production des AOC, de diminuer leur nombre et le volume de vin qui bénéficie de cette mention. Elle oeuvrerait alors vraiment en faveur de la qualité, de la protection du patrimoine viticole et des consommateurs. Mais sans doute faudrait-il pour cela changer la composition de ses commissions.

00:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 août 2013

L'Aix-cellent rosé du Domaine Saint Hilaire

Saint Hilaire donne son nom à plus d'un vin en France: il a notamment son château en Médoc, son abbaye dans les Coteaux Varois... et son domaine en Coteaux d'Aix.

C'est ce dernier, propriété de la famille Lapierre depuis plus de 2 siècles, qui nous intéresse aujourd'hui.

Enfin, je m'avance peut-être. Il m'intéresse moi.

Notamment parce que je suis dans la région, parce qu'il est midi, parce qu'il fait chaud. Je suis donc le client captif par excellence. Sauf que j'aurais pu me contenter d'un rosé pamplemousse en promo chez Leclerc. Mais ça, c'est contre mes principes.

Cette bouteille-là, je l'ai achetée... chez le boucher. Ben oui, il y a encore des bouchers de campagne, en France. Et certains proposent des vins de leur région. Je soutiens l'effort.
 
Versons donc le vin, dont la belle robe saumonée aux reflets de framboise habille si joliment le verre. Humons le.
Tiens, aucun pamplemousse. Pas de bonbon anglais non plus, c'est du fruit naturel, ma bonne dame, de la framboise, de la groseille, de la grenade et même une pointe de melon (on est en Provence, tout de même).

La bouche est plus vive que le nez riche ne le laissait présager. Vive, mais assez ample.

En finale, de l'abricot et des fruits secs le disputent à l'amer et au salin - une note toujours bienvenue pour relancer les papilles. Je le vois bien sur un loup en croûte de sel, tiens.

 

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00:08 Écrit par Hervé Lalau dans France, Provence | Tags : rosé, vin, provence, aix | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |