17 janvier 2014

Le programme européen Vintage en Bourgogne

Reçu ce matin du BIVB:

'Le programme européen VINTAGE, lancé en 2012, vise à limiter les traitements à la vigne et à maximiser le potentiel qualitatif des vignobles. Les outils créés donneront des indications en temps réel sur les données climatiques, les propriétés du sol ou le risque d’atteinte par une maladie, grâce à divers modèles appliqués à la viticulture. Dans certains cas, ils permettront aussi un choix de cépage le plus en adéquation avec chaque parcelle.
Au terme des études et expérimentations sur le terrain, un portail internet de gestion intégrée du vignoble sera mis en place. Chaque producteur de vin pourra se l’approprier facilement.
 
Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) et l’Université de Bourgogne participent à ce vaste projet, soutenu par l’Europe.
 
Après un an et demi de développement dans les divers laboratoires européens des universités et entreprises impliquées (1), VINTAGE entre dans la phase d’application.
 
Les 29 et 30 janvier 2014, 6 stations météorologiques seront implantées à Saint‑Romain (2). Elles permettront d’obtenir des données climatologiques à une échelle fine. Ces données serviront à valider le bon fonctionnement du modèle développé par les chercheurs, particulièrement pour le mode de prévision des maladies (mildiou, oïdium, vers de la grappe).

Elles permettront également de valider la pertinence des modèles indiquant la climatologie d’un site donné et son évolution régulière, en se basant sur des informations constantes, comme la topographie ou l’exposition.
Si ces modèles se révèlent efficaces, les données pourront être obtenues… sans implanter de nouvelle station météo!
Le projet VINTAGE, à mi-parcours, devrait prendre fin en 2015. Cet outil d’aide à la décision très innovant pourra alors être mis à disposition de la filière viticole'.

Merci l'Europe!

12:02 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Jean Perrier Apremont 2012: "Vive la Jacquère libre!"

Que n'a-t-on dit sur la Jacquère, ce cépage savoyard capable du meilleur comme du pire...

Le pire, bien sûr, ce sont les vins de gros rendement, aussi neutres que la Confédération Helvétique toute proche, et qu'on descent comme une piste de ski. Vite bus, vite oubliés.

Le meilleur, ce sont les vins soignés. Mais il faut aussi que le dégustateur y mette un peu du sien.

La Jacquère n'est pas le Sauvignon, ni le Muscat. Un peu comme le Chasselas suisse, la Jacquère est une grande timide, qui ne donne pas tout tout de suite. Elle est aromatique à ses heures, mais dans l'élégance, pas dans l'exubérance. C'est tout sauf une fille facile. Surtout quand elle est de bonne famille. Car c'est aussi un révélateur de terroir.

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Fleur de Jacquère, de Jean Perrier & Fils (photo (c) H. Lalau)

J'en veux pour preuve l'Apremont de Jean Perrier 2012, que j'ai dégusté ce midi. Négociant et producteur, gros producteur, même (à l'échelle savoyarde), Perrier n'a pas honte de son cépage régional, il le revendique même, mentionnant même "Fleur de Jacquère" sur sa grande étiquette. Il a bien raison. Si tous les gros opérateurs avaient la même fierté de leur région, le goût du travail bien fait, à tous les niveaux de prix et pour tous les volumes, la France du vin ne s'en porterait que mieux.

Pour mémoire, l'Apremont - qui représente à lui seul 20% de la production savoyarde - est majoritairement issu de Jacquère, justement.

Au nez, cela démarre doucement, "c'est tout bon", par quelques notes de citronnelle - on ne se connaît pas encore; il faut s'apprivoiser. Alors on fait danser la donzelle dans le verre; et là, arrive un train d'arômes insoupçonnés - de l'abricot, du miel, une pointe de pamplemousse. En bouche, ce qui frappe d'emblée, c'est la vivacité; le vin a gardé un peu de gaz, il est légèrement perlant - d'aucuns parleraient de minéralité, je parlerai plus prudemment de "sympathique acidité". La finale, elle aussi, est vive. J'y trouve un peu de fumée. Serait-ce celle de la pierre à fusil?

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Apremont (Photo H. Lalau)

Ce qui me plaît, dans ce vin, c'est son côté espiègle. Il n'a rien d'explosif, mais une fois la conversation démarrée, il a plus à dire qu'on ne pouvait le soupçonner. Bref, la Jacquère ne sera peut-être jamais plantée dans le monde entier, mais ici, en Savoie, pourvu qu'on la traite bien, elle "fait le boulot".

Alors vive la Jacquère quand même! Les vins de Savoie ont trop longtemps vécu dans l'ombre des stations, de la vente locale à la clientèle captive. En fouinant un peu, pourtant, on trouve des produits qui méritent mieux, et même d'excellents. Faut-il juger Bordeaux d'après ses entrées de gamme? Alors, pourquoi le ferait-on pour la Savoie?

00:07 Écrit par Hervé Lalau dans France, Savoie | Tags : jean perrier, savoie, jacquère | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |