03 octobre 2013

La critique viticole en liberté surveillée

Vous avez aimé la campagne de Vin & Société. Mais pendant ce temps-là, les affaires continuent; les activistes de l'Anpaa procèdent et les juges condamnent, en application de la loi Évin, dont on s'aperçoit qu'elle n'épargne plus les articles rédactionnels. Comme le relève l'excellent Jacques Berthomeau, ICI.

1909541358-1.2.jpg

Non, la campagne de Vin & Société ne repose pas sur de procès d'intentions. Des journaux sont effectivement condamnés pour des rédactionnels perçus comme trop favorables au vin.


Car pour la justice française, le simple fait de parler de vin dans un article ou une œuvre littéraire peut être considéré comme une publicité; une jurisprudence de plus en plus constante émerge dans ce sens. A ce titre, nos articles devraient non seulement comporter un message sanitaire (boire tue?) mais aussi éviter toute incitation.
Cela ne sert à rien de s'abriter à derrière la liberté de la presse ou le droit de création artistique.
Cette liberté est aujourd'hui surveillée, parler de vin devient un acte antisocial, tout comme tenir des propos racistes ou homophobes, par exemple. Ou montrer des vieux qui se disputent un dentier...
Quelle dérive, au pays de Voltaire, de Diderot, de Beaumarchais!

Bon, cessons de geindre et agissons! Quand est-ce qu'on met fin à ce cauchemar? Quand est-ce qu'on abroge cette loi? Combien de députés faut-il? Que faut-il faire pour les motiver? Une grève des blogs?

Certains ne voient dans la campagne de Vin & Société que du lobbying sectoriel. D'autres, un procès d'intention. Dans la "presse qui fait l'opinion" (si elle la fait encore), ceux-là mêmes qui défendent les salles de shoot et la libéralisation du cannabis ne l'ont même pas relayée. La liberté de boire du vin - et d'en parler - serait-elle trop ringarde?

Ces chers confrères se réveilleront sans doute trop tard quand les tribunaux leur enjoindront, demain, de ne plus parler des voitures qui vont trop vite, des avions qui consomment trop, des téléphones qui envoient trop d'ondes, des vaches qui pètent et de tous comportements à risques en général. Et qui sait, un jour, leur interdiront-ils de reproduire les propos des gens qui pensent mal, comme moi. M. Orwell, bonjour!

Le plus curieux, c'est que les journaux condamnés vont rarement en appel. Seraient-ils satisfaits? N'en auraient-ils rien à cirer? Est-ce parce que le vin n'est plus un grand marché... publicitaire?!

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

02 octobre 2013

The two most respected wine critics in France invite me

Peut-être parce que je suis membre du Circle of Wine Writers, je reçois une invitation pour la première édition de la Bettane & Desseauve Wine Experience qui se tiendra à Londres à la fin octobre.

Je n'ai rien de particulier à en dire - B&D sont de grands garçons, et je suis plutôt admiratif de leur dynamisme  Et puis, aller ainsi se jeter dans la gueule du loup, dans la perfide Albion, dont les habitudes vineuses sont si différentes de l'Hexagone, chapeau!

Le seul petit hic - parce que vous vous doutez bien qu'il y a un hic, c'est le petit encadré qui présente les deux auteurs à nos amis d'Outre Manche; car ceux-ci ont la fâcheuse tendance de ne pas connaître nos héros, voire de les snober. Ils ne savent même pas qui est Nabila, c'est vous dire!

Bref, cette présentation dit ceci: "Michel Bettane and Thierry Desseauve are the most respected wine critics in France".

programmeLND.1.jpg

 

Pas besoin d'être très versé dans la langue de Conan Doyle ou de George Orwell pour comprendre.

Vous allez dire que je cherche la petite bête, mais en creux, cela a l'air de vouloir dire que les autres critiques de vins sont moins respectés.

C'est dommage, parce qu'il aurait suffit de dire que B&D comptaient PARMI les critiques les plus respectés pour qu'on n'ait pas à se poser la question.

En ce qui me concerne, je ne suis pas jaloux. Et en plus, je n'habite pas en France, donc je ne me sens pas concerné.

Tout de même, je tiens à rassurer mes proches: je suis tout à fait respecté. Au moins dans mon quartier. Et même par certains confrères. D'ailleurs, ils m'invitent à Londres!

15:54 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |