23 septembre 2013

Châteauneuf-du-Prix

Comment font-ils? Le Châteauneuf-du-Pape, généralement, ce n'est pas donné. Mais chez Match France, pour la Foire aux Vins 2013, le Domaine de la Caumonne 2012 est à 9,99 euros; en couverture du catalogue, en plus.

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Cette propriété est une habituée des promos de l'enseigne: la filiale belge, Smatch, avait récemment proposé ce même vin à 10,79 euros (au lieu de 17,99).

De quoi donner le tournis au client lambda, tout de même. Pourquoi achèterait-il encore hors des promos? Pour le plaisir de se faire entuber?

Et sera-t-il encore disposé à mettre plus de 25 euros dans d'autres Châteauneuf-du-Pape?

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14:19 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

22 septembre 2013

Le Sgt Lalau vous parle

Les Suisses viennent de repousser le projet du Groupe pour une Suisse sans Armée, soutenu par les Verts et certains membres du Parti Socialiste, visant à supprimer la conscription au pays du Toblérone.

Ce qui me fait regretter un peu plus, quant à moi, que la France ait abandonné ce système il y a plus de 10 ans.

Comme j'ai fait mon "Service National" (classe 1984/2), je peux témoigner,

-Primo, que c'est là que j'ai appris à jouer au tarot et à la belote.

-Secundo, que c'est là que j'ai été dégoûté pour toujours de la cigarette Caporal et du mauvais pinard.

-Tertio, et là, je redeviens un tantinet sérieux, que c'est là que j'ai pu mesurer la diversité des couches sociales de mon pays (j'habitais jusque là un quartier tranquille et assez bourgeois) et toute l'importance de l'insertion des jeunes dans la société.

La belle histoire d'un vieux Tringlot

Mon peloton de Tringlots, à Fontainebleau, comportait deux sursitaires, titulaires de licence ou de maîtrise (chimie et anglais), un apprenti-boucher, quelques bacheliers, et trois analphabètes. Dont un Laotien, qui préférait faire un an dans le Gâtinais que trois au bord du Mékong. Lui avait au moins l'excuse de n'avoir quasiment jamais été à l'école; les deux autres, eux, y avaient été, mais sans résultat aucun.

Nous avions des Catholiques, des Protestants (mais pas de réformés au sens militaire); des Musulmans, des Juifs, des Athées, que sais-je encore? Le clairon sonnait pour tout le monde à la même heure et de la même façon. On ne parlait pas de communautarisation, mais au contraire, d'amalgame. Je ne dis pas que ça marchait toujours, je dis qu'au moins, on essayait.

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L'insigne de béret de l'arme du Train

Douze mois plus tard (et quelques épopées insignifiantes dont je vous ferais grâce), nous avions appris non seulement à (mal) défendre la Patrie, mais aussi à manger n'importe quoi n'importe quand, et à maudire tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un petit chef; et surtout, pour les trois analphabètes, à lire et à écrire, car la Grande Muette prenait parfois le relais de l'Education Nationale; deux d'entre eux avaient même passé leur permis camion - un sacré coup de pousse pour entrer dans la vie active.

Je ne voudrais pas dresser de ces 12 mois un tableau idyllique. Je m'y suis ennuyé comme jamais, j'ai dû y faire des choses qui n'avaient aucun sens. Planter la tente sans piquets de tente ou en terrain gelé. Marches. Contre-marcher. Avec sac. Sans sac. Avec fusil, mais sans cartouches. Avec mitraillettes, mais pas les bonnes cartouches. Faire des gardes de jour, des gardes de nuit. Des gardes de rien. Un jour, près du Valdahon, bravant le péril rouge et blanc, j'ai même gardé la frontière suisse. Ce qui nous ramène à la nouvelle du jour.

Quoi que j'aie fait, je l'ai fait en groupe; avec des types que je n'avais pas choisis, avec lesquels je n'avais souvent rien en commun si ce n'est un uniforme verdâtre, mais qui étaient devenus des camarades. J'ai aussi compris que si je voulais faire quelque chose qui avait plus de sens, un jour, j'avais intérêt à me bouger.

C'était même la devise de mon régiment, le 120 RT, aujourd'hui dissous: Vires acquirit eundo.

Finalement, pour moi non plus, ces douze mois n'ont pas été une perte de temps. J'ai été versé dans un service de traductions, et avec l'accord de ma hiérarchie (dont un Colonel de paras qui croyait dans les vertus de l'enseignement supérieur!), j'ai pu continuer mes études en cours du soir. Ce qui ne m'empêchait pas d'être régulièrement de corvée de chiottes, fidèle en cela à la métaphysique de mon Brigadier-chef de carrière, ancien palefrenier indochinois: "Lalau, ici, chacun lamasse sa melde".

Ironie de l'histoire, je suis devenu interprète de réserve, avec grade de Sergent, moi qui n'avait pas pu faire le peloton d'officiers ni de sous-offs, car il fallait choisir entre ça et le service des traductions. Je n'en suis ni plus bête, je crois, ni moins. Mais depuis, je me fie moins aux étiquettes, aux grades, aux apparences...

Alors au risque de passer pour un ancien combattant, un dinosaure, un passéiste, voire un réac, quand je vois ce que deviennent aujourd'hui les nouveaux bacheliers (de plus en plus nombreux), sans parler des analphabètes, je me dis qu'on devrait peut-être penser à rétablir la conscription. Je ne suis pas du genre à saluer le drapeau tous les matins, je serais même plutôt du genre individualiste; mais la cohésion nationale, le service à la collectivité - quelles que soient ses formes - je suis pour.

Tous les antimilitaristes du monde peuvent bien beugler, le concubin de Mademoiselle Duflot en tête, qui laisse fièrement sa chaise vide le 14 juillet, je m'en tamponne le coquillard, bande de p'tits salopards!

Et même, ils m'amusent. Ils en reviendront.

15:55 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |