24 septembre 2013

Malbec Eroticus

J'ai longuement tergiversé (si si, au moins deux secondes) avant de me décider à poster ce billet? C'est qu'il fait référence à un événement dont on peut se demander si il ne sera pas l'occasion d'un étalage de sexisme. Vu que le réalisateur d'Emmanuelle sera présent.

Dans le contexte de l'interdiction de la pub de la Smerep, à la demande des Chiennes de Garde (ouarf!), il y avait de quoi hésiter. C'est que le ridicule ne tue plus, en France - il finira même par faire jurisprudence!

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Et puis je me suis lancé. A quoi ça sert de tenir un blog si c'est pour faire du politiquement correct? Vous en êtes déjà assez gavés ailleurs, non?

Adoncques, le 3 octobre prochain, à la Villa Cahors, le Malbec se la jouera érotique.

Grand bien vous fasse, et donnez m'en des nouvelles! Cochon qui s'en dédit.

Plus d'info: Villa Cahors, contact@cahorsmalbeclounge.com

13:37 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Pour rire, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Chez Coume Majou, "Maury c'est fini..."

"Et dire que c'était la vigne de son premier mutage"...(très librement adapté d'Hervé Vilard).

Pendant 5 ans, Luc Charlier (Domaine de Coume Majou) a fait du Maury dans un bout de cave qu'il louait sur place.

Et puis ceux qui l'hébergeaient ont préféré ne pas reconduire cet arrangement.

A partir de ce millésime, son Maury Jolo deviendra donc du Rivesaltes Grenat.

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Photo La Cave de Christine

Ce qui en dit long sur la fameuse typicité des appellations, dans les PO comme ailleurs.

Ce sont les mêmes raisins, les mêmes sols, le même vigneron qu'avant, oui, mais ça ne sera plus la même AOC. La même origine. Cherchez l'erreur!

Soit on a grugé les consommateurs pendant 5 ans, ce vin n'avait pas la bonne origine, soit c'est maintenant qu'on va les gruger.

J'attends le premier qui ose écrire que son Rivesaltes fait "très Rivesaltes". Ou qu'il a "moins de race qu'un Maury".

Rappelons que Rivesaltes, ce sont 3.435 ha de climats et de sols très divers - de Fitou à Céret en passant par Argelès, Ille-sur-Têt et Saint-Paul de Fenouillet. Des arènes granitiques (dans les Albères, tout à Sud, à 60 km de Maury), des calcaires au pied des Corbières, des molasses argileuses dans les Aspres et des cailloux près des fleuves. Et aussi des schistes et des marnes, comme à Maury. Forcément, puisque l'aire de Rivesaltes englobe l'aire de Maury, beaucoup plus compacte (331 ha).

Mais pourquoi diable Luc ne peut-il continuer à produire son Maury de Maury? Parce que depuis quelques années, pour avoir l'appellation Maury, il faut avoir sa cave dans le finage de Maury. Ca c'est finaud!

Celle de Luc est à Corneilla-la-Rivière, à 22 km de Downtown Maury. Et à une dizaine de la limite du fameux finage. Exit, donc, le Belge!

A qui profite ce clochermerle? L'idée était-elle de contrer le négoce, d'empêcher de vilains mercanti de venir piller les trésors de Maury? Primo, le risque était assez faible, vu la difficulté que les VDN ont à s'écouler, ces derniers temps. Secundo, Luc n'est pas négociant!

Et puis, en quoi cette obligation rend-elle les vins de Maury meilleurs, en quoi est-ce qu'elle garantit mieux leur origine et leur typicité? Je vous répond: en rien. Jusqu'à preuve du contraire, c'est le raisin qui fait le vin, pas l'emplacement de la cuve. Alors comment l'INAO peut-elle entériner ce genre de restrictions - qui ne sont rien d'autre que des entraves à la libre circulation des marchandises.

Pire: cette obligation aboutit donc à faire d'un vrai Maury un Rivesaltes.

C'est pathétique. Ne vaudrait-il pas mieux, pour les têtes pensantes de l'AOC Maury, veiller à une meilleure maîtrise de la qualité de la matière première et des prix pratiqués? 

A l'évidence, certaines promotions constatées dans la grande distribution régionale font craindre, soit que certains opérateurs pratiquent la revente à perte, soit qu'ils s'arrangent avec le cahier de charges, ce qui serait autrement plus ennuyeux que le problème du lieu d'encuvage.

Oui mais, vérifier l'emplacement du chai, c'est beaucoup plus facile.

Et puis ce n'est pas un Belge qui va nous faire la leçon!

Qu'on ne s'y trompe pas, j'adore le Roussillon, ses vins et ses autochtones. Mais pas d'un amour aveugle, tout de même!