02 octobre 2013

Pas de fiscalité (supplémentaire) sur le vin, réaffirme le ministre Le Foll

Compte rendu des débats à l'Assemblée nationale, hier mardi 1er octobre, lors de la séance des questions parlementaires.

M. le président. La parole est à M. Thomas Thévenoud, pour le groupe socialiste, républicain et citoyen.

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Thomas Thévenoud


M. Thomas Thévenoud. Ma question s’adresse à M. le ministre de l’agriculture. C’est une question d’actualité, car elle concerne la viticulture et, comme chacun le sait, nous sommes en pleine période de vendanges un peu partout en France, notamment chez moi, dans les vignobles du mâcon blanc, du pouilly-fuissé, du saint-véran et du moulin-à-vent ! (Rires et exclamations sur tous les bancs.)

La récolte s’annonce faible en rendement, mais comme vous le savez, monsieur le ministre, petite récolte ne signifie pas mauvaise cuvée, au contraire. La qualité sera donc au rendez-vous, et c’est tant mieux, car notre balance commerciale a besoin du vin. Après l’aéronautique, le vin est en effet le deuxième secteur d’exportation pour la France, avec près de huit milliards d’euros vendus chaque année à l’étranger – c’est dire son importance dans le contexte actuel ! Ce sont également 550 000 hommes et femmes qui travaillent en France à la vigne, façonnent nos paysages, innovent, investissent et se battent pour maintenir un savoir-faire et développer la qualité.

Mais aujourd’hui, monsieur le ministre, ces hommes et ces femmes ont besoin d’être rassurés sur deux points. D’abord sur la publicité sur Internet et les réseaux sociaux. Comment imaginer, à l’heure où le commerce électronique se développe partout, que l’on puisse empêcher nos viticulteurs d’utiliser ces nouveaux moyens de communication ? Ce secteur a besoin de communiquer pour vendre. Ensuite, la fiscalité sur le vin. Nous croyons à la prévention et à l’éducation pour lutter contre les excès de la consommation d’alcool mais, à l’inverse, nous ne croyons pas à la fiscalité comportementale, autrement dit punitive, qui viendrait pénaliser nos entreprises viticoles. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SRC et du groupe UMP.)

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous rassurer sur la taxation du vin et nous confirmer, en particulier, que le Gouvernement n’envisage pas d’augmentation ? Il y va de l’avenir de la viticulture française et même de l’avenir de l’économie française, premier producteur mondial de vin. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et RRDP et sur quelques bancs des groupes UDI et UMP.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

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Stéphane Le Foll (Photo Jackolan)



M. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

Monsieur le député, je ne vais pas énumérer toutes les vendanges en cours, ni citer toutes les AOC (« Mais si ! » et rires sur tous les bancs), même si je sais que cette assemblée comprend de nombreux connaisseurs.

Depuis quarante ans, la consommation de vin en France a été divisée par trois. Le vin reste, comme vous l’avez rappelé, un secteur économique qui procure à la France, grâce à ses exportations, un excédent de la balance commerciale de près de sept milliards d’euros.

Chacun le sait aussi : sur les questions de santé publique, nous devons être extrêmement vigilants et responsables. Cela étant, je répondrai très simplement à votre question en vous confirmant qu’il n’y aura pas de fiscalité sur le vin. Nous devons avoir, sur cette question, une approche centrée sur la prévention et la formation. Quant à la publicité, elle doit être encadrée, mais ouverte sur les nouveaux moyens de communication. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et RRDP et sur quelques bancs des groupes UDI et UMP).

Et à nouveau, un grand coup de chapeau à Honneur du Vin pour son inlassable travail de veille!

09:34 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : fiscalité, vin, assemblée nationale, le foll | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Un morceau de catho avec votre anisette?

Pierre Bergé porte un nom d'anisette. C'est bien la seule chose qui m'amuse aujourd'hui dans le personnage.

Tant que le couturier joue les pasionarios de la cause homosexuelle, je n'ai rien à dire. Il sait de quoi il parle. Je n'adhère pas forcément - sa sortie sur les ventres à louer, notamment, me débecte. Et même, avouons-le, je suis opposé à bon nombre de ses combats. Mais il est libre de sa parole; et s'il milite pour ce qu'il considère comme ses droits, qui suis-je pour le censurer?

Mais quand il ramène sa cerise à propos des jours fériés légaux, là, je dis, "Cordonnier, pas au-dessus de la chaussure". Couturier, pas au-dessus du chiffon. Homme d'affaires, pas au-dessus de ton cours de bourse.

Pierre, tu n'es pas mon berger

Pierre Bergé demande la suppression des fêtes chrétiennes en vertu de la laïcité.

Là encore, c'est son droit de le penser. Mais en vertu de quelle autorité exprime-t-il cette pensée à la tribune d'une grande radio, urbi et zarbi. Qui représente-t-il?

L'Amicale des anciens directeurs de l'opéra Bastille et de la Haute Couture réunis serait-elle devenue le cénacle où se décide le rythme de vie des Français et leur pratique religieuse?

L'ex-compagnon de croute de Bernard Buffet et d'Yves Saint Laurent se prendrait-il pour le berger de nos âmes égarées? Ou bien est-ce sa participation dans le capital du Monde qui lui vaut de figurer parmi les polémistes de RTL? Et ne nous faire profiter, à nous qui ne lui avons rien demandé, des avis éclairants de la lampe Bergé?

J'aimerai aussi savoir si M. Bergé compte exiger du gouvernement du Maroc - pays où il possède une maison et des habitudes - le même engagement. En l'espèce, la suppression des jours fériés musulmans.

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Tant va la cruche à l'eau...

Je subodore que M. Bergé n'aime pas trop l'Eglise catholique. Je le suspecte même de bouffer du catho, à l'occasion. D'ailleurs, peu ou prou, tous ceux qui n'adhèrent pas à sa cause sont les victimes de son appétit féroce.

Mais je pense que M. Bergé prend ses désirs pour des réalités, ses engagements pour des obligations, sa spécificité pour une généralité.

En vertu de quoi je demande - non, j'exige - d'être reçu sur RTL pour dire le contraire de ce qu'il a dit, moi qui n'ai aucun avis autorisé sur la question - mais pas moins que lui.

Vous me direz - et vous aurez raison - que ce genre de billet n'a rien à faire sur un blog de vin.

Ben oui, justement, c'est comme quand M. Bergé s'exprime sur la laïcité et les fêtes catholiques.

Alors moi, faute de micro et de participation dans le capital d'un groupe de medias, j'utilise ce tout petit espace de liberté. Catholique de tradition familiale (mais pas trop sectaire, je crois), je n'ai pas envie de me laisser bouffer.

Comme disait le grand Jacques: "Et si mes frères se taisent, et bien tant pis pour elles". Mais combien de temps  encore pourra-t-on mettre ce genre de choses dans une chanson?

08:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : pierre bergé, fêtes catholiques | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |