08 juin 2016

De Boüard vs Saporta

Le procès en diffamation intenté par Hubert de Boüard à Isabelle Saporta pour certains passages de son livre Vinobusiness commence demain à Paris.

La journaliste citera plusieurs professionnels ou ex-professionnels pour sa défense, dont deux propriétaires de domaines écartés lors du dernier classement de Saint Emilion.

Interrogée par nos confrères de Sud-Ouest, Mme Saporta s'est dite "sereine", tout en ayant "de la peine à comprendre la stratégie du viticulteur, avec cette plainte". Pour elle, ce procès est "une forme d'intimidation à l'encontre des journalistes pour leur dire ne pas recommencer. Je ne veux pas faire du misérabilisme mais nous ne jouons pas dans la même cour. M. de Boüard s'offre un des meilleurs cabinets d'avocats parisiens et pour lui, c'est peanuts. En face, cela cela coûte de l'argent, prend beaucoup de temps, ce n'est vraiment pas très agréable."

Craindrait-elle une justice de classe qu'elle ne s'exprimerait pas autrement. Il est vrai que son livre lui-même semblait s'inspirer de la lutte des classes.

Mais pour ce qui est des autres journalistes, qu'elle se rassure: nous ne céderons à aucune forme d'intimidation; même pas la sienne.

Mme Saporta n'a jamais caché le peu d'estime qu'elle a pour les journalistes spécialisés en vins, tous coupables d'après elle de copinage, de pusillanimité ou d'intéressement. J'ai déjà eu l'occasion de réfuter cette thèse; je suis d'autant plus à l'aise pour le faire que je ne me rends jamais aux Primeurs de Bordeaux, et n'ai donc pas à craindre la  mort professionnelle à laquelle devrait me réduire, selon, elle, mon peu d'intérêt pour l'establishment de Bordeaux.

Face aux riches, aux puissants du vin et à leurs suppôts, je ne doute pas que Mme Saporta trouvera tout le soutien qu'elle mérite. Mais pas le mien, vous l'avez compris.

 

18:40 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

03 juin 2016

Anne de Joyeuse

La cave Anne de Joyeuse est née en 1929 avec l’ambition, déjà, de produire de grands rouges à Limoux – ceux-là même que le bon Docteur Guyot vantait déjà dans les années 1860.
Mission accomplie… Et pas seulement en rouge, d’ailleurs.

Anne de Joyeuse , c’est «l’autre» coopérative de Limoux – ses locaux ne se trouvent d’ailleurs pas très loin de ceux de Sieur d’Arques. Mais si cette dernière s’est fait une spécialité – et une notoriété – dans la bulle, Anne de Joyeuse et ses 300 membres ont misé sur les vins tranquilles, qu’ils soient d’AOP Limoux ou d’IGP.

Chez IVV, avons dégusté une quinzaine de ses produits. En commençant par la gamme de base, Camas, dont nous avons apprécié le Chardonnay.

Camas Chardonnay 2015

2014_04_20_MDV2_00021Un bon coup à boire, camomille, pomme, zan au nez; la bouche fluide mais assez grasse finit sur le laurier, avec une pointe de sucrosité (au moins apparente). La preuve liquide que le Chardonnay a toute sa place à Limoux, et que le variétal n’est pas un gros mot.

Mais c’est avec les deux vins du «Terroir des Dinosaures» que nous avons eu nos premiers grands frissons. Le nom de cette gamme ne doit rien au hasard: ces vins sont issu de la Haute Vallée de l’Aude; et plus précisément, des argiles rouges du Crétacé, sur base d’éboulis calcaires, où il n’est pas rare de trouve des œufs de dinosaures vieux de 70 millions d’années…

Ampelosaurus Chardonnay 2015

garguantavisVoilà un vin qu’il convient d’aérer ; un peu de patience, et déboule des fourrés, non pas une sorte de diplodocus à plaques osseuses, mais de jolies notes d’acacia, un bois bien dosé, en bouche rafraîchie par du jus de réglisse. Le genre de vin qui appelle le deuxième verre.
Sélection de parcelles d’altitude. Tri sur tapis. Eraflage.

 

Les commentaires des autres vins sélectionnés sont visibles sur le site d'In Vino Veritas

 

12:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |