27 janvier 2014

Confidentiel défense

Petit paragraphe assassin de mon confrère des 5 du Vin David Cobbold à propos de la tentation qu'exercent certaines cuvées confidentielles sur le microcosme vineux. Il parle du Crozes-Hermitage de Guigal:

"Je trouve ce vin exemplaire, car produit à 500.000 exemplaires et d'une qualité très régulière. On parle sans arrêt, dans des revues pour snobs faussement "rebelles" qui cherchent la mode éphémère, de cuvées microscopiques et introuvables, mais si l'on déguste à l'aveugle et sans biais, on ne peut que rendre hommage à des producteurs comme Guigal qui allient, depuis longtemps, volume et qualité. Le nez est fin, suave et parfaitement équilibré. C'est un joli vin direct dans son expression, souple mais assez complet et d'une bonne longueur.

Prix (excellent rapport plaisir/prix): 13 euros"

Comment expliquer la propension qu'ont pas mal de critiques à dédaigner le négoce et les gros producteurs en général, au profit du "small and beautiful"?

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Je vous ai déniché un petit sudaf de propriétaire dont vous me direz des nouvelles - attention, la cuvée spéciale, pas celle qu'on trouve dans le grand commerce. Je ne crois pas qu'ils l'exportent, pas contre. Essayez peut-être à Buffalo...

Primo, nous autres Français avons toujours eu une attitude ambigüe vis-à-vis du succès, des gros, des riches, des gens en vue. Mélange d'admiration et de détestation. D'envie, aussi.

Secondo, il est souvent plus valorisant, en France (mais pas seulement) de passer pour un fouineur, un défricheur, un découvreur de talents (même rares) que de confirmer le choix du plus grand nombre. N'est-ce pas la même chose dans l'art, où l'hermétisme peut passer pour une vertu?

Tertio, en mettant en avant des vins que personne ou presque ne peut se procurer, on a moins de risque d'être contredit!

Quarto, c'est vrai que nous avons parfois la tentation de vouloir rétablir une sorte d'équilibre (rêvé?) en termes de notoriété entre les petits qui en sont dépourvus, et les gros qui n'ont pas besoin de nous pour l'entretenir. C'est un combat perdu, et dont on peut se demander parfois s'il est légitime. Dans le sens où, comme le dit David, c'est la dégustation qui compte: le vin, dégusté à l'aveugle, est-il meilleur ou moins bon, est-il différent, vaut-il son prix?

Ce sont là, sans doute, les vraies questions.

Ce qui ne m'empêchera pas, moi aussi, de temps à autres, de succomber encore à la tentation de la défense du "confidentiel"...

07:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

26 janvier 2014

Closer avait raison

La presse de vin souffre. "Et on a mal a la tête", comme dit mon ami Philippe. Le nombre de titres spécialisés a chuté, le nombre de pages vin dans les journaux et les magazines aussi.
Parallèlement, un autre type de presse s'est beaucoup développé: la presse people.

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Business model

D'où une réflexion toute simple.

Vu que Closer avait raison.

Attendu que ce magazine fait et défait les premières dames de France.

Attendu que la presse dite sérieuse, elle, n'a pas fait le boulot.

Attendu que la vie privée a bon dos: quand la concubine a un bureau à l'Elysée, aux frais du contribuable, celui-ci a le droit de savoir pour quoi il paie.

Attendu que le lecteur a toujours raison même quand il est vulgaire.

Je me propose donc de démarrer un magazine trash de la viticulture.


On cherchant bien, je devrais bien pouvoir trouver une Gayet* aux Abymes, reclasser Trierweiler comme 52ème Grand Cru d'Alsace, repérer la nouvelle Nabila dans les bulles de Champagne (Non mais allo, Krug!), un Bieber dans la bibine, un Ribéry dans la Ribera, une Zahia dans ce que vous voulez. Une Gouinette Pastrop chez les Donne del Vino. Une Kardashian à la DRC. Ou au moins, un Kurniawian. 

Pour vous, cher public, j'écumerais les boîtes de nuit branchées. En commençant par Castel (Frères). Et je jouerais les oursins dans caviar.

J'ai déjà un titre: "Wine Closet".
J'ouvre donc une souscription.
Envoyez vos dons. Il me faut un scooter.

* Les noms propres ont tous un sens, souvent perdu. L'étymologie du nom Gayet est assez claire: elle vient du lorrain Gaillet, qui veut dire chevreau (néerlandais Geit, la chèvre). Le mot a pris le sens péjoratif de "mauvais cheval". Espérons que ce ne sera pas le cas pour notre président. La gaillette peut aussi désigner une brique de houille. Un caractère de feu!

09:38 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |