19 février 2014

L'affaire Giboulot

A ce jour, plus de 280.000 personnes ont signé la pétition soutenant Emmanuel Giboulot, le vigneron bourguignon bio qui a refusé de traiter son vignoble contre la cicadelle avec des pesticides dangereux pour les abeilles. C'est ICI

Le problème dépasse de loin le cas de ce vigneron, mais c'est lui qui passera le 24 février au tribunal.

20:30 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

A Boüard et à manger

Piquée chez Jacques Berthomeau, cette jolie phrase qui fera pouffer Saint-Emilion - enfin, ceux qui jugent que pouffer n'est pas au-dessous de leur condition: «Si la Dordogne déborde, Angélus risque fort de devenir une première crue...»

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Le reste, tiré de Vinobusiness (Isabelle Saporta, chez Albin Michel) est à peu près du même tonneau, parfois même avec un peu plus d'acidité, un pH aussi bas que l'empathie de l'auteur pour le petit monde bordelais du vin: "Petit Machiavel du vin, Sarkozy des vignes", "Parvenu", le bon Hubert est habillé pour l'hiver.

L'homme a sûrement des mérites, mais ce n'est pas ce qui ressort le plus de ce florilège. Le livre (à paraître le 6 mars) est une charge contre le "système", l'establishment du vin, et c'est le droit le plus strict d'Isabelle Saporta. Il ne faut cependant pas le prendre pour argent comptant. C'est une vision, un engagement.

Ma consoeur a des opinions; elle est passé par France Inter et Marianne (pas vraiment les premiers choix  de la nomenklatura saint émilionnaise en matière de presse, je suppose), elle ne donne pas dans la langue de bois, même du Tronçais. Et c'est très bien. Il faut parfois des livres de ce genre pour bousculer la fourmilière.

D'un autre côté, elle semble parfois se fier un peu trop à Fréquence-Potins et à Radio Fiel. La présentation de l'éditeur parle de "Dallas hexagonal", de rivalités, de haines et d'intrigues. Elle en fait son miel. C'est un aspect du microcosme, on ne peut pas le nier, mais n'est-ce pas là un angle un peu "trash", pour du journalisme d'investigation, et pour un secteur qui a tellement d'autres choses à montrer?

Si j'en juge par les citations de Jacques, et sous réserve d'inventaire du livre dans sa totalité, je dirai qu'il y a à Boüard et à manger.

C'est à lire ICI

En définitive, ce qui me choque le plus, dans le "système" des grands crus, ce ne sont pas tant les magouilles de leurs propriétaires (même si je les réprouve); c'est quand les vins promettent plus qu'ils ne tiennent. Parce que le client n'achète pas M. Hubert, M. Edmond, M. Nathan ou Mme Aline; il achète du vin. J'ai eu la chance, hier, de pouvoir déguster Pichon-Longueville Baron 2005, Le Clos du Marquis 1995, Lafite Rothschild 1985 et Château L'Evangile 1975 (ma chance est aussi de ne pas avoir eu à les payer).

Avec tout le respect que je dois à ces illustres étiquettes, je n'ai guère été séduit. "Tout ce manque de tendre", comme aurait dit Brel. Toute cette austérité, ce manque de fruit, de chair... Très peu pour moi. Surtout à ce prix.

Ce n'est pas pour passer la brosse à reluire à ce cher Hubert, mais je me demande si, à tout prendre, je ne préfère pas son Angelus. "Parvenu", peut-être, ambitieux, certainement; mais au moins son vin ne sent-il pas la naphtaline.

08:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |