28 décembre 2013

Faut-il avoir peur du "commercialement correct"?

Me voici à nouveau amené à vous parler de Dieudonné, un humoriste (?) pour lequel je n'ai pourtant guère d'affinités. Même si sa prestation dans Astérix et Cléopatre m'a ravi. Tiens, c'était au temps où le show biz le trouvait fréquentable. Avec Mouss Diouf, il avait même l'avantage d'améliorer le quota des minorités à l'écran...

Le rapport avec le vin? Attendez un peu.

Que les choses soient bien claires: la rhétorique de Dieudonné, telle que développée récemment vis-à-vis de Patrick Cohen, me déplaît souverainement.

Cependant, la politique de la Fnac, qui continue à vendre des billets pour ses spectacles tout en se refusant à les promouvoir en invoquant des risques à l'ordre public, me déplaît encore plus. Je n'aime ni l'hypocrisie, ni les gens qui savent à ma place ce que je dois penser, ce que je dois aller voir ou pas.

Dans sa tentative de justification, la Fnac met dans le même sac Dieudonné et les corridas.

Si je comprends bien, tout événement susceptible de déplaire à tout ou partie du public ne peut pas être l'objet d'une promotion à la Fnac.

Pourtant, il y a des contre-exemples: ainsi, la Fnac fait la promotion du film La Vie d'Adèle, dont on ne peut pas dire qu'il ne déplaise pas à une partie du public. Ou encore, la série Weed, qui faisait même partie des "idées de Noël" de l'enseigne. La Fnac ne craint-elle pas de faire l'apologie du cannabis ni de troubler l'ordre public - ou même de contrevenir aux lois - avec cette (longue) histoire de dealers?

Je ne peux pas m'empêcher de rapprocher cette politique avec celle d'Apple, dont la plateforme iTunes range systématiquement les livres ou applications sur le vin dans la catégorie des publications à réserver aux plus de 17 ans, pour "contenu non approprié" (mais pas des jeux comme Dark Ages, par exemple).

Je vous rappelle aussi qu'Amazon UK refuse depuis quelques mois de vendre du foie gras au prétexte du bien-être animal.

Dans un autre ordre d'idées, je n'ai toujours pas digéré que le "brave" Disney transforme le personnage de Dom Frodo, l'ignoble prêtre de Notre Dame de Paris, en juge - sans doute pour ne pas blesser les jeunes consciences religieuses. Et Victor Hugo, dans l'histoire, qu'en penserait-il?

Tout ça me paraît correspondre à du "commercialement correct".

Des sociétés commerciales s'arrogent le droit de décider pour nous ce qui peut être promu ou pas. Une déclaration qui déplaît ou qui risque de déplaire à tout ou partie du public, et plus important, à quelques activistes minoritaires mais véhéments et déterminés? Vous disparaissez de la surface publicitaire.

Je pense que ce n'est pas leur rôle.

Et puis, j'en suis resté à Voltaire écrivant à Rousseau "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire" (ou quelque chose du genre, je n'ai pas la citation sous les yeux). 

Si demain la loi interdit à Dieudonné de faire des spectacles, la Fnac n'aura plus de billets à vendre, et aucune question à se poser.

Mais jusque là, il n'y a aucune raison que la Fnac promeuve les one-man-shows de Régis Mailhot, de Stéphane Guillon ou de Didier Porte et pas ceux de Dieudonné.

Aucune raison que des distributeurs fassent la fine bouche sur les ventes de vin, de foie gras ou de connerie, alors que tout ce qu'on leur demande, c'est de mettre à disposition du public ce qui est légalement autorisé à la vente.

Le politiquement correct me gonfle parce qu'il suppose que les citoyens ne sont pas à même de tout entendre, de tout comprendre, de faire le tri. La version "commerciale" me gonfle encore plus car elle est plus sournoise.

15:12 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : politiquement correct, la fnac, dieudonné | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Mort d'un fils de viticulteurs

Journaliste et écrivain devenu secrétaire d'Etat puis PDG de l'ORTF, Arthur Conte, qui vient de disparaître à l'âge de 93 ans,  était fils de petits viticulteurs de Salses-Le-Château.

Exemple de réussite par l'éducation et le travail (à une époque où on ne parlait pas encore d'ascenseur social), il laisse une foule de livres, dont le moindre n'est pas "Les Paysans de France: de l'An 1000 à aujourd'hui".

Journaliste à l'Indépendant, au Figaro et aux Nouvelles Littéraires, il fut aussi le producteur de la série Histoires de France, sur FR3.

Son bel accent rocailleux ne laissait de doute à personne sur ses attaches roussillonnaises.

Arthur Conte a été maire de Salses de 1947 à 1972.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Roussillon | Tags : arthur conte, roussillon, salses | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |