19 décembre 2013

Soupçon de fraudes aux appellations de vins suisses

Vous pensiez que les pays du Sud de l'Europe avaient le monopole de la fraude aux AOC? Vous pensiez la très sage Suisse à l'abri de ces errements. Vous aviez tort!

C'est ce que met en lumière la presse suisse, avec l'affaire Giroud.

Giroud, négociant valaisan, est en effet sous le coup d'une enquête pénale dans le canton de Vaud, pour "falsification de marchandises, escroquerie et faux dans les titres ". Giroud aurait notamment vendu du Saint Saphorin... qui n'en serait pas, ou pas seulement.

A sa décharge, le système des AOC vaudoise est assez complexe (il permet en effet, dans certains cas, des assemblages avec d'autres vins).

Dominique Giroud se défend d'ailleurs de toute fraude: "j'ai demandé la validation des vins concernés par la Commission fédérale des vins et c'est en ordre".

Cette commission (dont les contrôles sont aléatoires, sauf demande expresse) dit cependant ne pas avoir la trace d'une telle demande.

Faut-il renforcer les contrôles? Faut-il renforcer la réglementation à la production (en obligeant les producteurs déclarant un vin sous une appellation à n'employer que du vin de cette appellation)? Au delà de l'affaire Giroud (car les inspecteurs du Contrôle fédéral ont relevé 7 cas d'assemblages illicites en 2012), ce seront sans doute les principaux enjeux de cette instruction - si elle aboutit.

Ce qui est rassurant (?), à notre niveau, c'est que si peu de vins suisses trouvent le chemin de l''exportation que le risque encouru par le consommateur étranger est finalement assez minime...

00:24 Écrit par Hervé Lalau dans France, Suisse | Tags : vin suisse, fraude, aoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

18 décembre 2013

Un peu d'autopromo (lost in translation)

Ce blog n'a jamais été conçu pour faire de l'autopromo. S'il est libre de toute publicité pour les autres, il n'y a pas de raison que je ne m'applique pas la règle à moi-même.

Mais aujourd'hui, j'ai bien envie de faire une petite entorse.

C'est au sujet des traductions.

Oui, je fais des traductions, toujours dans le domaine du vin ou de la gastronomie. Depuis l'anglais (j'ai un vieux diplôme pour ça), depuis l'espagnol et le néerlandais (là, disons que je me suis formé sur le tas et sur le tard).

Parfois, je traduis aussi dans l'autre sens, mais seulement vers l'anglais.

Je n'en fais pas mystère, mais je ne le crie pas non plus sur les toits, car c'est une activité annexe, très marginale, par rapport à ma profession de journaliste.

Si j'en parle aujourd'hui, c'est que j'en ai assez de lire des incongruités.

Récemment, je suis tombé sur un texte ou le mot pigeage était traduit en anglais par "trapping". Je ne sais pas si c'était de la traduction automatique, ou bien si le traducteur humain a eu un bug,  mais "trapping", c'est piégeage. Un petit "é" fait toute la différence.

Et puis, il y a toutes les erreurs que je constate, tout au long de l'année, à propos des noms de sols  (non, le limon, dans ce contexte, n'est pas un fruit), des régions (la Galicie pour la Galice...), bref, je pourrais faire un livre avec toutes ces approximations, ces faux-sens, ces contre-sens. Deux classiques: traduire "défendre" par "to support" quand dans le contexte, il veut dire interdire. Ou "disposer de" pour "to dispose of", dans le sens de se débarrasser.

Quelque chose a mourue

Et je ne vous parle pas de la grammaire ni de l'orthographe. Là, bien sûr, l'approximation n'est pas réservée au secteur du vin.

J'ai dans ma collection de films le DVD de Jurassic Park 2, édition belge, avec sur la couverture, en grosses lettres: "Quelque chose a survie". A se demander si ce sont les dinosaures qui ont traduit. Et si la syntaxe française va pourvoir survivre. Si elle n'a pas déjà mourue.

Jurassic Park.jpg

Et la langue, elle, a-t-elle "survie"?

Alors oui, ce sera ma minute d'autopromo. Confiez-moi vos traductions, je ferai mon possible pour que ça n'arrive pas, ou moins. Je ne dis pas que je suis le seul, ni que je suis le meilleur. Mais comme utilisateur quotidien de brochures, de notes de dégustations, de fiches techniques, disons que je ne me laisse plus trop facilement piger. Pardon, piéger.

Avantage induit, non négligeable: si c'est moi qui traduis, je n'aurai plus à me demander ce que le traducteur a voulu dire... ;-)